Jour J : And the winner is…

… DNLT.

Déception, rage, tristesse, ras-le-bol…

Adieu Utrogestan, pertes dégueus, seins de star porno.

Bonjour la mooncup, le fromage au lait cru, le sang, la gueule-de-bois, les mouchoirs en papier.

Merci pour vos doigts. Merci pour votre soutient. Merci pour tout.

J-1 : La fille a la trouille

Demain, la fille doit faire sa prise de sang mais elle flippe. Et si c’était encore un putain de négatif? Hier soir, il y avait des taches vaguement maronnasses dans sa culotte. Et si c’était les prémices des règles? Depuis 15 jours, la fille se rêve enceinte. Elle ne veut pas que ça s’arrête, elle veut encore avoir mal aux nibards, prendre son Utrogestan et rêver que tout est possible. Elle ne veut pas voir son sang couler et ses espoirs avec. Elle ne veut pas être la bonne élève de la PMA, avec les bons taux d’hormones, avec les bons ovocytes, avec un endomètre magnifique, avec le sperme top de M. X et se planter quand même. Elle ne veut pas de IAD 4 avec son lot de stress, de galères, de doutes, de peur.

J-2 : Le container à foutre

Parce que vous en rêviez, parce que c’est trop chanmé, voici le thermos de la mort-qui-tue :

Celui date de l’époque soviétique mais le  pharmacien a dit : “Quand on a une vieille Cadillac qui fonctionne, on ne l’échange pas contre une Twingo.” Je vous laisse méditer là-dessus.

J-3 : le point symptômes

Dans trois jours, la fille fait sa prise de sang. Ca cogite sévère.

Pour l’instant, la fille:

- a les seins comme des obus et qui lui font mal,

- a parfois mal dans le bas ventre (tantôt comme des douleurs de règles, tantôt comme des tiraillements),

- pisse de l’utrogestan et trouve ça super glam,

- est fatiguée (mais bon, elle est nait fatiguée)

Et c’est tout. Rien de plus, rien de moins que pour les tentatives précédentes. A ceci prêt qu’elle y croit d’avantage…

La fille qui n’aimait les fleuves tranquilles

Lecteur de ce blog, si tu aimes les rebondissements, si tu sur-kiffes le suspens, si tu déteste quand tout roule comme sur des roulettes, va en PMA. Et commence par essayer d’appeler le CECOS de l’hôpital Tenon.

A chaque début de cycle- iad, la fille (ou l’homme, c’est au choix) doit appeler la banque de sperme pour les prévenir que 1) ils vont avoir besoin de paillettes bientôt, 2) leur donner la date des dernières règles (généralement le jour même ou la veille) et la date possible de l’iad, 3) leur dire bonjour. Pour ça, il faut être armé de patiente. parce que le CECOS ne répond JAMAIS au téléphone du premier coup. Pourquoi? Je ne sais pas. Un truc entre eux pour faire du tri dans les patients (seule les plus acharnés ont le droit à leurs paillettes)… Ils sont censés être ouverts du 8h30 à 16h30 mais globalement faut pas trop compté sur eux le matin (c’est l’heure du café, on déconne pas).

C’est pour ça que l’autre jour, la fille a été surprise quand le téléphone a décroché au premier appel. Mais bon, elle s’est dit qu’ils avaient du changé de secrétaires, que la machine à café était en panne, qu’ols avaient décidé d’être plus coole avec les patients. La fille s’est donc lancé.

La fille : Oui, bonjour. Je vous appelle parce que j’ai eu mes règles ce matin et qu’une insémination artificielle avec sperme de donneur est programmé pour ce cycle. je voudrais savoir si on a bien des paillettes disponibles? (c’est une rituel, à chaque fois il faut leur demander si ils auront bien leur foutre à bébé)

Voix d’homme : Vous demandez quel service?

La fille :  Ben, le CECOS (il est con lui!)

Voix d’homme : Mais vous êtes à l’accueil de l’hopital là.

La fille : Ah? J’ai pourtant fait le numéro du CECOS.

Voix d’homme : … Ah… Heu… Oui. Leur téléphone est coupé. Rappelez dans une demi-heure.

La fille a donc rappelé plus tard, est tombé sur un autre service mais pas le CECOS où on lui a dit qu’il n’ya avait personne au secrétariat et que c’est pour ça que l’appel avait atterrit chez, a encore rappelé, s’est mangé le répondeur… Et ça pendant 2 jours durant. Finalement, elle réussi à les avoir, leur explique son cas et se fait dire qu’on va la rappeler. Soit. Quelques heures plus tard, elle a un massage sur son répondeur lui demandant de rappeler instamment. La fille se dit qu’ils ont encore du paumer le papier du juge (the paper indispensable pour avoir un don de gamète), il lui font le coup à chaque fois (et à chaque fois ils le retrouvent dans leur dossier). N’empêche, elle ne peut pas s’empêcher d’avoir peur d’une couille. Elle rappelle, ça décroche et ô miracle, elle est au bon endroit! Tout ça pour s’entendre dire “c’est bon, vous avez des paillettes.” Et ça, Poufiasse, tu pouvais pas me le dire dans ton message? Non mais, c’est vrai quoi! Ils la gave au CECOS.

Notez, ça vous met dans le bain tout de suite. On se souvient tout de suite pourquoi faire un enfant dans un lit, c’est mieux.

Sur ces entre-faits, la fille commence sa stim. 5 jours de Gonal-f par injection, 5 mélanges résussis, 0 bleu, 0 effet secondaire (à part quelques légers tiraillements dans le bas ventre), 1 fille assez contente d’elle-même. Dr B est aux anges, la fille a fait deux beaux follicules (un de chaque côté). Son endomètre a temporairement été déclasser puisqu’il est passé de “magnifique” à “très correct” avant de revenir à “superbe”. l’oestradiol était au top, la fille a cru que Dr B allait avoir un orgasme. Bref, tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes. Jeudi, Dr B dit, ce soir on déclenche à 20h et samedi, c’est le grand jour. Hourra!

La fille par donc à l’assaut d’une infirmière. Elle en trouve une juste à côté de son taff dont le cabinet ouvre jusqu’à 19h30. Le pied, ça roule comme sur des roulettes. Que tu crois. 19h, la fille sors du travail, regarde son portable et s’aperçoit qu’elle a un message sur son répondeur. Sans doute l’homme… Ben non, c’était l’infirmière qui l’appelait pour lui dire qu’elle avait une urgence familiale et qu’elle ne pourrait pas lui faire son injection d’HCG. Alors là, grosse méga galère. La fille n’a pas prévu de plan B, elle ne connait pas bien le quartier où elle bosse, elle n’a aucune idée d’où trouver une infirmière en urgence. l’injection doit se faire en intra-musculaire et 1) elle ne se sent pas du tout de se la faire, 2) elle n’a de toute façon pas l’aiguille adéquat.

La fille appelle donc SOS médecins. On lui répond qu’on ne peut prendre son appel en compte car il faut qu’elle soit déjà chez elle (hors, là, tout de suite la fille est à l’autre bout de Paris). Ok, la fille rentre. 19h50, elle rappelle. On lui envoie quelqu’un dés que possible. C’est-à-dire à 22h. Le doc est sympa, il fait la préparation (l’HCG aussi doit être mélangé) avec une grosse aiguille et le fille se dit qu’il va la piquer ensuite avec un aiguille plus fine. Et ben non. C’est des brutes à SOS médecins. Alors, oui ça va, la fille a survécu, c’est pas la mort, tout ça, tout ça. N’empêche, qu’est-ce qu’elle a eu mal au cul le lendemain!

Le lendemain, l’homme devait aller au CECOS récupérer les paillettes pour les emmener au labo afin qu’elles soient préparées. Il faut donc louer un thermos à foutre. Il appelle donc leur pharmacie habituelle à deux pas de l’hôpital. Sauf que ce jour là, ils en avaient plus. A croire que tout le monde veut faire des gosses en même temps. Résultat, l’homme a du aller en chercher un dans une autre pharmacie située super loin. Pour finir, il arrive au CECOS.

C’est toujours un moment important, quand on vient chercher les paillettes. C’est une des rares moments où on peut parler à un de leur médecin et faire le point sur son cas. Ce coup-ci, la doc a remis à l’homme 3 paillettes (habituellement, c’est deux) parce qu’elle trouve qu’ils n’ont pas eu assez de spermatozoïdes les fois précédentes (c’est-y pas qu’est-ce que disait la fille depuis le début, ça?). Puis elle lui dit que leur dossier est un peu problématique. Tiens donc. L’homme et la fille sont négatifs à un virus, le CMV, auquel la moitié de la population française est positive. En soit, c’est tant mieux mais ça limite donc le nombre de donneurs compatibles. Et la loi interdit qu’on leur donne un donneur positif à ce putain de virus dont personne ne sait ce que sait (soit dit en passant). Et ce qui complique encore plus la donne, c’est que l’homme et la fille ont tous les deux les yeux clairs.Et les donneurs aux yeux clairs, ça courent pas les rues. L’homme leur a dit qu’ils s’en foutaient, que si ça pouvait leur simplifier la vie, on pouvait leur filer un donneur aux yeux marrons.

S’ils ont un enfant aux yeux marrons, ils l’aimeront quand même. Moins que si il avait eu les yeux clairs, c’est évident mais ils sont prêts à faire ce sacrifice. Enfin, IAD 3 est leur dernière chance de pouvoir concevoir un enfant de race pure. Ca fout le pression quand même. C’est Marine qui va être déçue si ça marche pas.

Finalement, l’homme et la fille ont pu faire l’IAD. Cette fois-ci ils ont eu 1 millions de gamètes mâles en folie. Plus deux follicules magnifiques et un endomètre superbe, on espère vraiment que ça va marcher. La fille a reparler de cette histoire de fiv avec Dr B et celle-ci a admit que dans dans la mesure où la fille répondait super bien au traitement, ce serait dommage de pas continuer. Elles ont donc convenu qu’en cas d’échec de IAD 3, la fille prend rendez-vous dans son centre d’AMP (en 2025 donc) et qu’en attendant on continue les inséminations. Ceci dit, ce coup-ci, la fille a envie d’y croire. Demain soir, l’utrogestan refait son apparition. Pour fêter cette nouvelle tentative, la fille s’est acheté des sous-vêtements chez Darjeeling (oui, c’est complètement con quand on souhaite ne plus rentrez dans son 85B très bientôt mais merde, il faut bien se faire plaisir aussi).

Avant de te quitter, lecteur, la fille a testé pour toi l’arrachage de dents de sagesse sous anesthésie locale en pleine stim. C’est nul, ne fait pas ça. Courir au labo et chez la gynéco quand on a mal aux dents (enfin à l’endroit où elles étaient), ça craint. En plus tu ressembles à un hamster hémiplégique et tu peux bouffer que des bouillies après ta piqure d’hormones.Et tu pues tellement de la gueule que tu a peur que les spermato rebroussent chemin à peine franchi ton col. Test non approuvé.

La fille qui l’avait fait!!!

Oui, la fille en est une! Une vraie de vraie! La fille vient de rentrer dans le cercle très prisé des PMettes! La fille s’est piquée TOUTE SEULE!

Débordée par le boulot, la fille s’y est prise au dernier moment pour trouver une infirmière et ce qui davait arriver arriva. Elle n’en a pas trouvé. Pô grave s’est dit la fille, je va me piquer my-self. Après tout, son beau-père diabétique se pique lui-même depuis des années et il en fait pas toute une maladie. Et la fille est pas plus nulle que son beau-père (ça lui ferait mal, té, question d’honneur).

Alors n’écoutant que son courage, la fille a lu au 4 fois la notice du Gonal-F des fois qu’une subtilité lui aurait échappée. Elle s’est lavée les mains quatre fois aussi pour pas choper de staphylocoques dorés, a voulu se mettre de la solution  hydroalcoolique pour être vraiment sûre mais s’est tout pris dans le tronche quand la bouteille s’est pétée. C’est pas là qu’elle avait prévu de se désinfecter, tant pis.

Le Gonal-F 75 UI, il faut le préparer sinon ce serait trop facile. Z’auraient pu faire un stylo injecteur (son beau-père en a un lui).  Faire le mélange, c’est simple. Ce qui est plus compliqué, c’est de bien aspirer tout le produit avec le seringue (et c’est là que la fille aurait bien eu besoin du savoir-faire d’une pro). Elle a bien du s’y reprendre une centaine de fois. D’ailleurs, il en ait quand même resté un tout petit peu au fond de la fiole. Mais elle s’en fout, elle va pas y passer la nuit.

Et puis, arrive le moment fatidique, celui où vous avez la seringue dans une main et votre gras du bide désinfecté (ça, vous avez, y’a pas eu besoin de trop chercher) dans l’autre, et faut y aller.

On inspire un grand coup. On demande au chat de nous soutenir moralement (l’homme étant chez les rosebiffs, l’enfoiré). Le chat, ce gros tas inutile, s’en fout complet (je vous jure, on est pas aidé). On se dit qu’on aurait peut-être pas du se lancer comme ça. Elle est pas si petite cette aiguille. On se dit que de toute façon, on a plus le choix. Et hop, on y va.

Ben finalement, c’est rien du tout. Même pas mal. La fille est une pro. La fille est trop forte. La fille est une warrior (en toute modestie bien-sûr).

Ensuite, la fille est allée danser sur les Champs-Elysées. Mais aucune foule en liesse n’était là pour partager sa joie. Ha ça, quand onze connards foutent un ballon dans une lucarne, y’a du monde, mais quand une fille s’injecte des hormones pour soutenir le taux de natalité de la France et sauver ce qui peut l’être de nos retraites, ben y’a plus personne!

C’est parti, mon kiki!

J1 est arrivé ce matin, fidèle au post (en même temps, je vois pas pourquoi il le serait pas, c’est pas comme si la fille et l’homme avaient une infime chance de procréer à coups de zizi-panpans). La fille a vu le Dr B vendredi dernier. Cette fois-ci, elle va être stimulée avec du Gonal-F 75 UI. Elle doit commencer à J5 (samedi prochain donc).

Le Dr B lui a fait une ordonnance pour qu’une infirmière lui fasse ses injections. La fille pense qu’elle ne va l’utiliser qu’un seule fois, pour qu’on lui montre comment se piquer. Parce qu’avec son taff, ça va être chaud de trouver une infirmière aux horaires qui lui conviennent tous les soirs. Elle pourrait même se lancer comme ça toute seule mais la fille est une froussarde qui a peur de s’injecter des bulles d’air dans le ventre et de mourir (avouez que ce serait ballot).

La fille aimerait bien que ça marche cette fois-ci (pour changer) parce que l’attente et les échecs ça commence à lui courir sur le haricot. Et puis la fille veut pas aller en Fiv. Pas si vite. Ça lui donne l’impression de passer de la case “super-fertile-même-pas-j-ai-besoin-d-être-stimulée” à la case “grosse-nase-qui-gâche-les-précieuses-paillettes-du-cecos-avec-ses-ovaires-tous-pourris” sans toucher les 20 000 francs. Et puis, en octobre, l’homme et la fille vont fêter leur 6 ans de lose de la reproduction. La fille ne veut pas fêter ses 34 ans et passer en l’an 2012, le ventre vide. Elle ne veut pas passer un autre Noël à finir les bouteilles pour oublier (la fille va fiinir alcoolique comme sa mère).

C’est fou comme le moral bascule vite. Tant que la fille était en vacances, la PMA lui semblait loin et… facile. Elle ne peut pas dire qu’elle n’y a pas pensé mais elle se sentait légère, optimiste et presque apaisée. Et puis, elle est rentrée sur Paris, a repris la travail et la PMA lui a sauté à la gueule, s’est remise à peser des tonnes et a squatter toutes ses pensées. La matin dans le métro, se soir dans le métro, la journée au taff, elle y pense tout le temps. Et pourquoi ça n’a pas marché les fois précédentes? Et pourquoi est-ce que ça marcherai mieux cette fois-ci? Et comment je vais pouvoir faire la piqûre de déclenchement à midi pile si je suis au travail? Et est-ce mes boss vont pas me faure chier si je pose encore une journée pour l’iad? Est-ce que l’homme va pouvoir aller au cecos chercher les paillettes puis les amener au labo pour la préparation? Et si, il peut pas, comment on fait? Et si ça foire encore, est-ce que je vais le supporter? Est-ce que Dr B voudra bien tenter une quatrième IAD? Et si elle refuse, est-ce que je vais trouver un autre gynéco (bien tant qu’à faire)? est-ce que je devrait pas plutôt aller en fiv et accepter que mon corps est un bon à rien? Mais est-ce que ça va pas encore prendre des plombes? Et DSK, alors? Coupable ou pas? Ah merde, j’ai encore oublié mon acide folique! Et si ça ne marchait jamais?!

Et tout ça tourne en boucle dans son cerveau de grande névrosée du soir au matin. Ca la fatigue. En même temps, la fille a des raisons d’y croire. Elle a croisé un troupeau de cigognes en migration pendant ses vacances. Avec l’homme (qui au début a cru que c’était des hérons, le nul), ils leurs ont fais des grands signes : “hé ho, les filles! Vous nous avez oublié! On habite au xxx 75019! Merci d’avance!”. Et après, ils ont allumé un cierge dans une chapelle au pied d’une statue de Marie.

On se raccroche à ce qu’on peut.