OYE OYE BRAVES GENS !

Lecteur, tu ne le sais pas encore mais mercredi 4 septembre 2013 aura lieu un événement de la plus haute importance. Mercredi, moi la fille (Audrey Leblanc de mon vrai nom) et mon amie Audrey Malfione, nous aurons l’honneur de te présenter le fruit de notre dur labeur. Ouais, parce qu’entre deux protocoles (IAC, IAD, FIV ICSI, FIV D, TEC… ne rayez aucune mention), entre deux noyades de chagrin dans l’alcool, entre deux séances de médisance sur Machine (cette pétasse qui tombe enceinte en C2) nous eu avons l’idée lumineuse (on étaient bourrées) de pondre un bouquin sur l’AMP.  Et le plus fou, c’est qu’un éditeur a bien voulu le publier (et pour ce qu’on en sait, il n’était pas bourré, lui).

Voilà, la bête.

Guide de survie à l'usage des couples infertiles, Audrey Leblanc et Audrey Malfione

Guide de survie à l’usage des couples infertiles, Audrey Leblanc et Audrey Malfione

Il est beau, hein? Pour te donner une idée du contenu, voici la 4ème de couverture :

10 à 15%  des couples souhaitant avoir un enfant consultent pour des problèmes d’infertilité.

Et pourtant, qu’est-ce qu’on se sent seul quand on apprend qu’on va devoir recours à la Procréation médicalement assistée (PMA) pour le faire notre môme. Entre les examens intrusifs, le diagnostic qui tombe comme un couperet, la découverte d’un monde ultra-médicalisé où l’humain est parfois oublié, l’incompréhension de l’entourage (qui lui, pond à tour de bras), les traitements qu’il faut mener de front avec sa vie professionnelle, la PMA ressemble à une jungle et nous à des naufragés.

Ce guide illustré se propose donc de défricher pour vous le parcours d’un couple infertile dans ce monde un peu flippant qu’est la PMA. Audrey Malfione (les dessins, c’est elle) et Audrey Leblanc (le texte, c’est elle) abordent avec humour et sans tabous les aspects médicaux, sociaux et psychologiques de l’infertilité. Car, oui, on peut rire même en PMA.

Alors là je sens lecteur que tu te poses tout plein de questions. Je vais donc tacher d’y répondre (non, ne me remercie pas).

Mais où peut-on se procurer cette merveille? 

Dans toutes les bonnes librairies, les grandes surfaces culturelles (Fnac, Cutura…) et bien sûr sur internet (Amazon, Fnac, Decitre et consort).

Combien de sous vais-je devoir débourser pour en faire l’acquisition? 

Mais même pas cher. 12,95 €, c’est limite donné pour un livre illustré (et il n’y a pas que 2 ou 3 dessins pour faire joli).

Ça se lit vite? Parce que moi, la lecture, bof… Et puis, il y a Castle qui reprend bientôt sur la 2…

Oui, ça se lit vite et si tu veux, tu même te contenter de regarder les illustrations, il y en a plein. Et plus, grâce à son petit format (poche), tu peux l’emporter partout y compris dans tes toilettes. Parfait pour occuper ces longs moments en solitaire.

Je ne suis pas infertile, puis-je l’acheter quand même? 

Bien sûr. Tu y es même fortement invité. Tu as forcément quelqu’un de ton entourage qui est concerné par l’infertilité et nous espérons qu’avec ce livre, tu comprendras un peu mieux ce qu’il ou elle vit.

Et si je m’en tape des infertiles? (Je suis la pétasse qui se reproduit en C2) 

Nous, tout ce qui nous intéresse, c’est de toucher le fric à la fin, tu peux toujours l’offrir.

Même à ma belle-mère? 

Heu… oui. Pourquoi tu ne pourrais pas?

Je peux pas l’encadrer, c’est bientôt son anniversaire et je veux lui faire un cadeau bien pourri.

Ha. Alors non, va donc plutôt lui dégoter un vase bien moche dans une brocante. Ou un canevas qui représente des biches.

Je n’ai pas aimé. Puis-je me servir du livre pour caler la table de la cuisine qui est branlante? 

Notre conscience écologique nous pousse à te répondre par l’affirmative (mais ça nous déchire le coeur).  Nous te  suggérons aussi de l’envoyer à la tronche de ta moitié lors de votre prochaine engueulade. Le Guide de survie à l’usage des couples infertiles a la taille idéale pour bien marquer ta profonde exaspération tout en préservant son intégrité faciale. Ainsi la réconciliation n’en sera que meilleure (testé et approuvé par nous-même).

J’ai adoré. Puis-je en parler sur mon blog, sur Facebook, sur Tweeter et à ma  boulangère? 

Bien sûr. Tu peux aussi le caser dans ta bibliothèque, bien en vu entre ton édition originale de l’Education sentimentale de Flaubert et les oeuvres complètes de Nabokov dans La Pléiade.

Je suis pauvre. Puis-je le voler? 

Non, le vol est  sévèrement puni par la loi. Et puis, c’est mal. D’ailleurs, nous aussi, nous sommes pauvres. Pas plus tard qu’hier, nous avons fait les poubelles de Labrousse pour y récupérer des épluchures de légumes moisis. On en a fait la soupe de la semaine (on y ajoute du gravier pour un peu plus de consistance). On a besoin de manger. Acheter le Guide de survie à l’usage de couples infertiles, c’est un peu comme participer à un Audreython. Tu fais une bonne action qui te mènera tout droit au Paradis.

Bon, mais avoue, vous avez couché pour vous faire éditer? Non, parce qu’on le sait, les manuscrits envoyés par La Poste ne sont même pas lus. Faut coucher ou être le fils de, hein, hein, hein? 

Dans la mesure ou nos Papas et nos Mamans sont susceptibles de lire cet article (nos mecs aussi mais eux, ils ne se font plus beaucoup d’illusions sur nous), nous ne souhaitons pas répondre à cette question (sachez qu’effectivement, nous n’avons pas utilisé l’envoi postale). Merci de respecter notre vie privée.

Je suis un liker compulsif, vous avez un compte Facebook?

Mais grave. C’est . Tu peux liker dès aujourd’hui autant que tu veux. En plus tu peux découvrir en avant-première des illustrations et des extraits du livre jusqu’à sa sortie officielle. Le 4 septembre, on t’a dit?

Et vous allez passer chez Ruquier ou chez Ardisson? 

Nous avons envoyé des photos de nous nues à Ardisson et des photos de nos mecs nus à Ruquier, nous attendons les réponses.

Ah ouais, d’accord. Vous allez vous la péter. 

Un peu, mon neveux qu’on va se la péter. Bientôt on boira du Dom Pérignon, on tapera de la coke a et on fera des partouzes avec tout le gratin germanopratin, autant te dire qu’on ne jouera plus dans la même cours que toi, manant. En attendant, on s’est trouvé un petit job sympa et plutôt pas mal payé (le smic), nettoyer les toilettes de la salle municipale de Labrousse mais c’est juste pour passer le temps avant de devenir riches et célèbres.

Si tu as d’autres questions, tu n’hésites pas à les poser en commentaire sur ce blog ou sur la page Facebook du Guide de survie à l’usage des couples infertiles. Pour  les insultes, merci de les adresser directement à notre maison d’édition, JACOB-DUVERNET (Luc, ne nous remerciez pas, c’est de bonne grâce).

Et pour te faire une idée du travail d’illustratrice d’Audrey Malfione, c’est là : www.odrey.fr

P.S. Il est à noter que sur les sites de ventes en lignes du type Amazon, Fnac et consort, le livre est annoncé à 15, 90 € mais c’est une erreur ( en plus, ils ont zappé de mettre mon nom où ils m’ont rebaptiser Alexandra, cette bande de nases) mais le livre sera bien vendu à 12,95 €.

Edit du 31/08 : Le GSUCI est dors-et-déjà disponible sur internet, au bon prix (12,95€ ou 12,30€ avec les 5% de réduction) mais en rupture de stock chez Amazon (ouais, on va être riches !). Sa sortie en librairie reste prévue pour le 4 Septembre. Un grand merci de notre part à Audrey Malfione et moi pour votre accueil ici ou sur Facebook. Et souvenez-vous, si vous aimez le livre, tout le mérite nous en revient, dans le cas contraire tout est de la faute de notre éditeur.

C’est la lutteuuuuh finaaaaaleuuuuuuuuuh

Lecteur, si tu es infertile, il t’arrive peut-être de t’énerver tout seul devant ta télé quand le sujet de l’AMP et de façon générale de l’infertilité (qui ne mène pas forcément en AMP) est abordé. Tu tu dis sans doute « mais c’est qui tout ces cons qui parlent sans savoir et qui s’expriment à notre place à nous les infertiles ! » (oui, lecteur, tu es un peu vulgaire).

Le collectif B-AMP pense que plutôt que de s’énerver tout seul dans notre coin, on pourrait le faire tous ensemble (tous ensemble, hey, hey) et faire entendre notre voix auprès des autorités compétentes afin d’améliorer la qualité des soins et l’écoute des couples infertiles engagés dans un parcours d’AMP.

B-AMP, c’est pour Blog-Assistance Médicale à la Procréation.

Non, ne t’enfuis pas lecteur non blogueur.  Le collectif concerne tout ceux et toutes celles qui se sentent concernés qu’ils soient hommes ou femmes, qu’ils bloguent ou pas. j’ai même  envie de te dire que même  si tu es fertile (veinard) mais que tu souhaite apporter ton aide et ton soutien, le collectif est aussi pour toi.

Contrairement à ce que la fille a pu lire sur la blogosphère (parfois), le but premier du collectif n’est pas d’échanger et de soutenir les uns les autres (ça en fait partie bien sûr), non sa vocation c’est vraiment de revendiquer. Parce que si nous, patients, on reste dans notre coin à pleurer que l’AMP en France, c’est tout nul, rien ne changera. Et parce que j’aime mon pays (ouais, t’as vu? la fille peut parler d’elle à la  première personne du singulier), et parce que je suis attachée au fait que les soins y compris ceux concernant l’infertilité soient accessibles au plus grand nombre quels que soient leurs revenus mais aussi parce que je reste lucide sur le fait de l’AMP française ne va pas très bien et qu’il y a plein de choses à améliorer (et qui parfois ne coûteraient pas un sous à la sécu), je dis prenons la parole et tapons du point sur la table quand c’est nécessaire.

Indignez-vous qu’il disait Stéphane Hessel. Et après il a dit Engagez-vous (et après il est mort mais il n’y a pas de lien de cause à effet, c’est juste qu’il était vieux).

Voilà, tu sais tout lecteur. On dit merci à Froggy, Irouwen et Kaymet d’avoir fait naître le collectif. Et on va voir ici le  blog du collectif.

Une dernière chose et après, je te fiche la paix : collectif, ça veut dire collectif. A partir du moment où tu le rejoins,  ta voix vaut autant que celle de n’importe quelle autre membre du collectif. Les décisions seront prises de façon collégiale.

Ayé, tu peux reprendre une activité normale.

La fille qui devenait speakerine

Mercredi soir, sur France 4 à 22h25 sera diffusé un reportage sur l’infertilité.

Ça s’appelle « Quand l’enfant se fait attendre« . Si la fille t’en parle, c’est parce que pour une fois, le sujet a l’air traité sans sensationnalisme et avec intelligence (enfin, à vérifier, la fille n’a vu que la bande d’annonce qu’elle vous a mis en lien).

En plus c’est avec Irouwen en Guest Star (elle témoigne avec son mari, quoi). Sauras-tu la reconnaître?

Allez, bonne soirée.

Sept excellentes raisons d’aimer l’Utrogestan

Raison n°1 : Quoi de plus vivifiant que se carrer un doigt dans le vagin deux, trois, quatre fois par jour (quand on aime on ne compte pas)? On ne répétera jamais assez qu’il est très important de bien connaitre son corps. Avec les tampons sans applicateurs, les coupes menstruelles et la masturbation, l’Utrogestan est une belle occasion de visiter ton dedans de toi.

Raison n°2 :  C’est dans l’esprit de Pâques. Mais si tu sais, les oeufs, tout ça. L’Utrogestan, c’est des ovules donc des oeufs (prend pas cet air dégoûté, quand tu manges une omelette, tu manges des ovules de poule et ça ne te dérange pas pour autant). D’ailleurs pourquoi offre-t’on des poules en chocolat aux gosses à Pâques? Parce qu’elles pondent des oeufs (tous comme les lapins et les cloches).  Pour égayer cette fête ô combien conventionnelle, nous te conseillons de cacher des ovules de Progestérone dans ton jardin : effet garantie (attention toute fois à ce que les gamins de tes amis fertiles ne les avalent pas, ils sont un peu crétins).

Ça ressemble bien à des oeufs, non?

Ça ressemble bien à des oeufs, non?

Raison n° 3 : C’est une façon comme une autre de nouer le dialogue avec ton pharmacien et de te  faire une réputation d’enfer dans ton village (Plouc/Oise). Exemple vécu : – Bonjour Monsieur le Pharmacien, je voudrais de l’Utrogestan, s’il vous plait. – Mais bien sûr Madame [la personne a souhaité rester anonyme], vous savez comment ça s’utilise? – Oui, monsieur le Pharmacien, je connais. – Bien, alors, VOUS PRENEZ UN OVULE MATIN ET SOIR. SURTOUT VOUS L’ENFONCEZ BIEN AU FOND DU VAGIN. VOUS POUVEZ L’HUMIDIFIER UN PEU POUR QUE ÇA RENTRE MIEUX. PRÉVOYEZ DES PROTECTIONS PARCE QUE ÇA COULE. Des questions? – Heu, non, ça va aller. Tiens, bonjour Madame Trucmuche, bonjour Monsieur Tartempion. Vous êtes là depuis longtemps? Belle journée, n’est-ce pas?

Raison n°4 : C’est un excellent lubrifiant. D’ailleurs le poète Francky Vincent ne s’y est pas trompé quand il chantait « Utro, ça glisse au pays des merveilles, Utro, ça glisse, c’est du savon de Marseille« . En plus, c’est remboursé par la Sécu. Que demande le peuple? (Petite précision tout de même, l’Utrogestan ne se prend que par voie orale ou vaginale, jamais par voie rectale).

Raison n°5 : C’est l’occasion rêvée de ressortir tes vieilles culottes en coton avec des petits oursons mignons imprimés dessus. Tu vas quand même pas risquer de foutre en l’air tes strings Aubade ou Chantal Thomas à 100€ le cm² de dentelle? Non, la culotte en coton que tu n’oses plus porter depuis que tu es en couple s’impose. Et c’est tellement plus confortable. Si ton homme râle, tu peux l’autoriser à remettre ses vieux slips Kangourou en flanelle.

Raison n°6 : Tu rêves de savoir ce que ressent une femme enceinte. Grâce à l’Utrogestan, tu vas le savoir : fatigue, nausées, maux de tête, seins tendus et douloureux, tiraillements dans l’utérus, retard de règles.

Raison n°7 (the last but not least) : Ça fait pousser les nichons. La preuve par l’image :

La fille sans Utrogestan

La fille sans Utrogestan

La fille avec Utrogestan (oui, ça lui donne aussi un un air asiatique)
La fille avec Utrogestan (oui, ça lui donne aussi un un air asiatique)

PS : Son utérus contracte comme un malade malgré le spasfon, elle a pris deux kilos, ses seins restent désespérément mous et indolores (malgré l’effet push-up de l’utro), elle a un ventre énorme à  cause des hormones, elle écoute en boucle des chansons de dépressifs, bref, la fille pète le feu.  Elle a quand même vérifié que la robe qu’elle a choisi pour le mariage de ses potes en juillet pourrait contenir un éventuel ventre de femme enceinte de 4 mois (la réponse est non, elle l’a achetée quand même). 

Un message de V. alias La Grenouille

Suite au billet de la fille concernant l’hypocrisie de la circulaire sur le don d’ovocyte  à l’étranger et ces conséquences désastreuses sur les gens, vous avez été nombreuses à réagir et à proposer votre aide à V. l’amie de la fille. Elle a tenue à vous écrire ce mot pour vous remercier. Elle l’avait laissé dans les commentaires mais il serait peut-être passé inaperçu alors le voici en exclusivité mondiale.

Bonjour,

je suis V. l’amie de La Fille. Je voulais vous remercier pour vos messages de soutien et pour les dons de médocs. Je suis vraiment très touchée de ce que vous faites. En plus, cela m’a donné l’occasion de faire de bien jolies rencontres. Je suis infiniment reconnaissante à La Fille et à toutes les filles de PMAland.

J’ai moins de 42 ans (à peine), j’ai donc droit à cette prise en charge (normalement). Le plus dur, c’est de se faire claquer la porte au nez par PLUSIEURS médecins en qui j’avais confiance. Non seulement, il faut se procurer les médocs mais en plus, il faut partir à l’aventure puisque pas de suivi, pas de prise de sang pour contrôler les taux d’hormones, pas d’écho pour vérifier l’endomètre. L’État Français, nous laisse ainsi nous aventurer sans assumer son rôle (et le serment d’Hippocrate alors???).

Personnellement, si je suis dans cette situation aujourd’hui, c’est parce qu’il y a 25 ans, on ne m’a pas diagnostiqué une maladie(malgré tous mes appels au secours) qui m’a finalement conduite 3 ans à l’hôpital et bousillé ma vie. La dernière crise, j’étais à 5 mois de grossesse, j’ai perdu ma fille et j’ai passé 6 mois à l’hôpital. Le temps de me remettre de tout ça (ça a pris plus de deux ans), je commençais à être en insuffisance ovarienne et je n’avais plus de trompes (et plus de côlon non plus et un peu de grêle en moins). J’ai une maladie de Crohn, version sévère.

Je ne pense pas mériter plus ou moins que n’importe quelle Pmette le bonheur d’être maman. On en chie tout(e)s, chacun(e) à notre façon. En revanche, compte tenu des circonstances, je crois que la sécu me doit au moins ça, vu qu’au départ, j’ai rien demandé à personne et que si les médecins avaient fait correctement leur boulot au lieu de dire à mes parents que c’était dans la tête et que je faisais de l’anorexie mentale (oui, oui, diagnostiquée par les grand spécialistes de gastro-entérologie), et ben, j’en serais pas là aujourd’hui!!

Enfin, des lois ont été établies pour que nous puissions avoir une chance de pouvoir devenir parents, j’entends que mon pays ne contourne pas ces lois pour faire quelques économies sur le dos des couples en souffrance.

Merci à toutes, du fond du cœur. Je vous tiens au courant.

Grosses bises.
La Grenouille, V.

La fille vous remercie elle aussi  d’avoir été si nombreuses à réagir. Comme quoi le virtuel, ça amène parfois a plus de solidarité que dans la vraie vie.

Edit : Pour celles et ceux (on ne sait jamais, pas discrimination) qui le souhaitent, La Grenouille, s’est crée une adresse mail rien que pour vous. Alors, si vous souhaitez échanger avec elle sur la PMA, le don d’ovocyte, la maladie de Crohn, le CAC 40 (mais c’est pas son domaine de prédilection) ou les plats surgelés au cheval roumain, c’est là que ça se passe : froggyenpma@yahoo.fr

 

La circulaire qui aurait mieux fait de ne pas circuler

Depuis le  mois de Janvier une circulaire du Ministère de la Santé met en émois les gynécologues et les couples ayant besoin d’un don d’ovocyte. Cette circulaire rappelle aux médecins qu’ils encourent 75 000 € d’amande et 5 ans de prison s’ils transmettent des informations à leurs patients concernant des cliniques étrangères pratiquant ce don dans les conditions contraires à la loi française (en France le don de gamètes est gratuit et anonymes et le double don ovocyte-sperme est impossible). En gros, cela exclurait d’office tous les pays dans lesquels se rendent les couples français (Espagne, Grèce, Tchéquie…) parce que les donneuses y sont rémunérées.

En France, il faut un délai de 2 à 5 pour bénéficier d’un don d’ovocyte (contre 1 à 2 ans pour un don de sperme) et les femmes de plus de 37 ans en sont quasiment exclues dans les faits (priorités est faite aux couples jeunes). Il ne s’agit d’une discrimination voulue de la part des gynécologues mais devant la pénurie de donneuses, tout le mode ne peut pas bénéficier de cette PMA-là. C’est pourquoi, la sécurité sociale accepte de prendre en charge une partie des frais que paient les couples qui se tournent à l’étranger. Sauf que pour pouvoir être remboursé, la sécu exige un courrier du médecin expliquant pourquoi la femme a besoin d’avoir recourt d’un don d’ovocyte.

Depuis la circulaire, nombre de médecins refusent de rédiger ce fameux courrier par peur d’aller en prison. Najat Vallaud-Belkacem, porte-parole du gouvernement, affirme que cette circulaire ne concernent  que les gynécologues qui se font rémunérer par les cliniques étrangères pour leur envoyer leur patientes. En attendant, c’est le bordel et ce sont bien les patients qui en font les frais.

Comme la copine V. de la fille. 41 ans, insuffisance ovarienne et trompes bouchées, plusieurs échecs de FIV et FC à son actif, elle décide de passer au don et de se rendre en République Tchèque. Elle est en train de monter son dossier pour la sécu quand la circulaire est envoyée aux médecins. Ni sa gynécologue de PMA, ni sa généraliste n’acceptent de lui rédiger la fameuse lettre qui explique sa situation. Pour V., le recours au don d’ovocyte est un sacrifice financier énorme. Elle s’est endettée pour pouvoir y avoir recours. L’argent de la sécu aurait été plus que bienvenue, lui permettant de pouvoir envisager de faire 2 FIV Do (en cas d’échec de la première). V. est obligée de payer pour un soin que normalement la France devrait pouvoir lui fournir. Elle paie les peaux cassés de la pénurie de donneuse.

Et c’est là qu’on touche au summum de l’hypocrisie. Si la France manque de donneuses (et de donneurs mais dans une moindre mesure), c’est parce qu’elle a opté pour l’anonymat et la gratuité de tous les dons de produits humains (sang, gamètes, organes, moelle osseuse…). C’est beau, c’est noble mais c’est inefficace dans le cas du don de gamètes. Si à l’étranger des cliniques accueillent les couples français, c’est bien parce qu’elles rémunèrent les donneuses et les donneurs et que de ce fait, elles en ont à foison.

V. ira faire sa FIV DO. Elle paiera la totalité du coût s’il le faut (elle essaie de se dépatouiller avec sa CPAM). Le traitement de la donneuse est compris dans le coût de la FIV mais elle doit aussi se payer son traitement. Elle a besoin d’Utrogestan (ou de ses génériques) et de Provamès. Comme il n’y a pas de petites économies, s’il t’en reste quelques boites dont tu ne sais que faire, tu peux écrire à la fille (V. n’a pas de blog) à madeline2011 at ymail point com qui lui transmettra. Merci à toi, lectrice. 

Et sinon, tu peux aller signer cette pétition si toi aussi tu trouves cette circulaire ubuesque. Pour plus d’infos sur la circulaire  tu peux aller voir ici, ici et ici aussi.

Le gynécologue, un ami qui vous veut du bien

Lectrice (lecteur tu es moins concerné mais lis quand même, se culturer c’est important), tu en as croisé souvent. Et pourtant il reste un mystère. Qu’est-ce qui peut bien pousser un être humain à vouloir passer ses journées la tête entre des cuisses féminines à farfouiller dans des vagins (à  part DSK ou les acteurs porno, je veux dire)? Et d’ailleurs, le gynécologue est-il seulement humain?

A première vue, il nous ressemble. Si tu lui enlève sa blouse blanche et son spéculum, il pourrait tout aussi bien être ta voisine Henriette ou le sosie de Laurent Delahousse (si ton gynécologue est le sosie de Laurent Delahousse, la fille veut bien que tu lui files ses coordonnées). Il a deux bras, deux jambes et parfois une paire de lunettes. Bref, il a l’air normal. Sauf que lui, il a fait au minimum 11 ans d’études. Rien que ça, c’est suspect. On pourrait penser qu’un CAP Boucherie suffirait mais en fait le gynécologue est avant tout un médecin. Les gens normaux, eux, sont comptables ou transformistes chez Michou. A la rigueur, kinésithérapeutes.  Il faut être passablement dégénéré pour se lancer dans des études de médecine. Et à fortiori pour se spécialiser dans la foufoune et les nichons.

Des études très sérieuses, scientifiquement validées par la fille qui a bac -12, ont démontré que le gynécologue est un pervers polymorphe qui a réussi dans la vie. Enfant, il disséquait des animaux et il a eu son premier orgasme en regardant un épisode de Il était une fois la vie. Adulte, il joue au golf, passe ses vacances aux Bahamas, participe à des congrès sur la prévention des Chlamydia avec d’autres gynécologues et tous ensemble ils font des blagues à base de cyprine et d’endocol qu’eux seuls peuvent comprendre (les sages-femmes se marrent avec les périnées, chacun son truc).   Assez souvent, le gynécologue est une femme, ce qui prouve que la perversion n’est pas l’apanage des hommes.

Mais observons-le d’un peu plus près. On remarque qu’il se divise en différentes variétés (comme la mâche qui est une variété de salade à la différence qu’on n’assaisonne pas son gynécologue avec de l’huile de noix et du vinaigre balsamique) (encore que ça pourrait être marrant). Étudions-les de ce pas.

La Brute Epaisse. Il n’est pas foncièrement méchant. Il a juste zappé le cours en fac de médecine où  on expliquait que le morceau de chaire autours de l’utérus est un être humain pourvu de récepteurs nociceptifs. Ça tombait pendant le bizutage, pas de bol. Généralement, quand La Brute entreprend de te faire un touché vaginal, tu réclames une anesthésie générale, quand il te fait une échographie endo-vaginale, tu pleures ta mère, et quand il te tâte les seins, tu veux devenir un mec. Les frottis? tu ne t’en souviens pas, tu as tourné de l’oeil juste avant.

Le Paternaliste. Il te parle comme si tu avais 4 ans 1/2. Il te fait penser à Jacques Martin du temps où il présentait l’Ecole des Fans. Tu es tentée de lui faire remarquer que tu es majeure et vaccinée et qu’il peut donc s’adressait à toi normalement mais tu as peur de te faire gronder. Au moins, il t’explique bien ce qu’il fait. « Attention, je vais mettre le gentil spéculum dans ton joli vagin. Surtout n’es pas peur, ça fait pas bobo. C’est bien, tu es été très courageuse. » L’arnaque c’est qu’à la fin de la consultation, il ne te file pas même pas de sucette (par contre, il prend volontiers ton chèque).

Le Congélateur. Il est froid. Bon Dieu, qu’il est froid. Certaines affirment qu’elles l’ont vu sourire en 1973. Tu n’y crois pas, encore une légende urbaine. C’est bien simple, quand tu vas le voir, tu entres en hypothermie direct. Tu te demandes ce qu’il se passerait s’il croisait ton regard, peut-être qu’il te changerait en statut de glace. Heureusement, ça n’arrive jamais.

Le Bisounours. Avec lui, tout est « merveilleux », « formidable », « superbe », « splendide », « excellent ». Au début, tu trouvais ça réconfortant tout cet enthousiasme. Il est chaleureux, on ne peut pas lui enlever ça. Tu as quand même fini par trouver son optimisme pénible quand il t’a affirmé que la prochaine serait la bonne après l’échec de ta quatrième FIV.

Le Marchand de Tapis. Tu veux un gosse? Il peut t’en faire quatre. Tes trompes bouchées? Ton insuffisance ovarienne? La quasi-azoospermie de ton mec? Pas un problème. « Non, madame, je peux vous affirmer que vous n’aurez pas besoin de passer par le  don de gamètes ou l’adoption. D’ailleurs, on va commencer par des IAC sur cycles spontanés. Commencez à regarder les poussettes doubles. Ça fera 300 €. »

La Star. Il  passe plus de temps sur le plateau des Maternelles que dans son cabinet, il a les dents blanches, il est bronzé même en plein Novembre. C’est trois mois au bas mot pour obtenir un rendez-vous en urgence et ça te coûte un demi-salaire en dépassement d’honoraires. Sinon, il est sympa, il t’appelle Brigitte. Tu t’appelles Nicole mais qu’importe, il  parait qu’il a mis au monde les enfants de Monica Bellucci. Du coup, t’as un peu l’impression d’être une star toi aussi.

Le Misogyne. Il déteste les femmes, il les méprise, il les conchie. Il n’y a qu’une seule explication au fait qu’il ait choisi ce métier : il veut leur faire payer. Quoi, tu ne sais pas mais tu paieras toi aussi. Il faut que tu saches que tout est de ta faute. Tout. L’infertilité de ton mec, tes fausses-couches à répétitions, ton utérus contractile et la misère dans le monde. Tu n’es qu’une petite chose geignarde et inutile. Limite, on devrait lui filer la médaille du mérite pour consentir à te soigner.

L’Etourdi. Il te demande comment vont les enfants alors que tu le vois parce que, justement, tu n’arrives pas à en avoir. Il te propose une contraception alors tu es enceinte. Il s’inquiète de savoir si tes règles sont régulières alors que tu n’as plus d’utérus. Ça 10 ans qu’il te suis et rien à faire, il ne se souvient jamais de toi. Tu veux bien comprendre qu’il voit  beaucoup de patientes et qu’il ne peut pas se souvenir de toutes mais tout de même, il pourrait au moins lire ton dossier avant de te recevoir. Ça lui aurait évité de te demander comment se passait la grossesse alors qu’il t’a fait un curetage le  mois dernier.

Le Grand Ponte. Dieu, c’est Lui. En toute modestie, bien sûr. D’ailleurs, Il n’est pas un vulgaire Docteur. Non, Lui, c’est un Professeur. UN PROFESSEUR, bordel de merde. Tu ne sais pas ce qui Lui vaut ce titre mais à n’enpas douté, c’est mérité. Quand Il passe en coup de vent, drapé dans Sa blanche blouse, dans les couloirs de l’hôpital, le personnel soignant Lui fait la révérence. Une fois, une secrétaire s’est défenestrée parce qu’Il lui a fait remarquer qu’elle avait oublié de mettre du sucre dans Son café. Il est tellement fort qu’Il peut te guérir de ton cancer du col de l’utérus rien qu’en te regardant. Quand Il te sert la main pour te dire bonjour, tu ne la laves plus pendant un mois. Tu as déjà écrit plusieurs fois au Vatican pour les  prévenir que le Messie était revenu et qu’Il est gynécologue. Ils ne t’ont jamais répondu. Les cons.

L’Empathique. Il t’accueille en te souriant. Il te demande comment ça va et,  truc de dingue, il écoute ta réponse. IL t’explique pourquoi il envisage tel examen, pourquoi il choisi tel traitement. Il répond à tes questions, il te regarde dans les yeux. Il est doux pendant l’examen et te demande de le prévenir si tu as mal. Il respecte ta pudeur, il a prévu un paravent pour que tu puisses te déshabiller et te rhabiller tranquillement. Il t’expose les faits sans jamais chercher à les minimiser où à dramatiser. Il parait qu’il existe. Bon, ben, tu vas continuer à chercher alors. Une chose est certaine, c’est que le jour où tu le trouves, tu ne le lâches pas.

Il existe sans doute d’autre variétés de gynécologues mais la fille est trop fatiguée pour les aborder aujourd’hui (tu connais toutes les variétés de salades, toi?). La tâche est d’autant plus compliquée qu’un seul de ces individus peut parfois appartenir à plusieurs de ces espèces. Nous, femmes infertiles qui le fréquentons assidûment, on le déteste souvent. Impossible de s’en débarrasser. Tout comme le morpions, il s’accroche à nos poils pubiens. On pourrait croire qu’une épilation intégrale suffirait à l’éloigner mais même pas. Le plus terrible, c’est qu’on a besoin de lui (preuve que dans une vie antérieure on a du faire des choses pas jolies, jolies).

(Wouah, deux billets dans la même semaine, c’est le teuf! Ne t’emballes pas, lecteur, c’est un vieux billet que la fille ressort pour que tu te prépares psychologiquement et en douceur à sa non présence blogospérique.)

La fille qui poussait un coup de gueule

Avant, la fille pensait qu’il y avait des couples infertiles et puis c’est tout. Avant, elle pensait que peu importe  pourquoi on se retrouve à 7 heure du mat avec une sonde à échographie dans la chatte, on était toutes dans la même barque. Avant, elle pensait que la souffrance, l’isolement, l’angoisse, la colère, l’espoir étaient les mêmes pour toutes.

Mais ça c’était avant.

Aujourd’hui, et de plus en plus, il  semblerait que chacune doive prêcher pour sa paroisse qui est bien sûr moins vernie que celle d’à  côté. C’est le concours de celle qui a le plus la lose, la course du « moi c’est plus pire que toi« . Une insuffisance ovarienne ne vaudrait pas une azoospermie (trop facile, tu passes direct au don) qui serait plus pire qu’un syndrome OPK (il parait que quand t’ovules, tes ovocytes sont top) qui serait moins cool qu’une OATS modérée (les spermatozoïdes, c’est limite si ça sert à rien) et ainsi de suite. Amen. Médaille d’or à celles qui n’ont plus d’utérus.

Super.

Tout le  monde est d’accord pour dire que la souffrance n’est pas quantifiable, qu’il n’y a pas de hiérarchisation de la douleur. Et pourtant, en lisant certaines, on peut se demander. Faut dire que c’est tentant. On aime tellement s’entendre dire que nous on a plus de raison d’aller mal que la voisine ou qu’on a plus de mérite d’aller bien. Bon et puis après? Ça rime  à  quoi tout ça? Pourquoi ce compartimentage en fonction de l’origine de l’infertilé? Qu’est-ce que on a à foutre de ne pas être enceinte à cause d’une insuffisance ovarienne sévère ou d’une oligo-asthéno-thératospermie? Qu’est-ce que ça change à ce qu’on ressent quand on se prend un négatif dans la tronche? Et quid de l’infertilité inexpliquée?

Comment peut-on reprocher aux fertiles de ne pas faire d’efforts pour nous comprendre, de manquer de tact,  quand nous-même on ne se considère pas toutes sur un même pied d’égalité? On veut de la surenchère? On veut du « plus pire »? On veut du mélodrame? Alors allons-y. Mais attention, faut pas se contenter de l’infertilité, c’est petit joueur. Faut tout donner, tout déballer. Viol (très bien le viol), cancer (bon point aussi), père alcoolique (super), mère violente (génial), deuil, suicide, anorexie, chômage longue durée, harcèlement moral, conjoint volage, agression physique, précarité, maladie mentale, handicap, sclérose en plaque, surdité, brûlures aux troisièmes degrés,  accident de la route, attentat suicide, guerre, exil, prison, proche assassiné sont autant d’évènements qui peuvent nous faire gagner des points. Ce serait dommage de s’en priver.

La fille peut dors et déjà t’annoncer qu’elle ne remportera pas la palme de la lose, son frottis est normal. Elle s’en fout, elle a autre chose à foutre que de comparer ces cicatrices visibles ou invisibles avec celles des autres. Elle vous laisse le titre.

A bon entendeur, salut.

 

P.S : Ça faisait longtemps que ça la démangeait. Elle ne vise personne en particulier, c’est un sentiment général et peut-être infondé. On pourrait sûrement lui faire le même  reproche mais merde à la fin, on est bien connes. Dommage. 

La fille qui a l’air de bien le prendre

Quand, la biopsie a révélée un adénocarcinome  de l’endocol in situ, le Dr Colpo a dit « C’est bien, vous avez l’air de bien le prendre. »

Quand après le succès de FIV 1, la fille est retourné dans son centre PMA parce que ses dosages B-HCG étaient pas bons du tout, l’infirmière qui lui prélevait du sang a dit « C’est bien, vous avez l’air de bien le prendre. »

Quand quelques instant plus tard, la gynécologue lui a dit qu’on ne voyait rien dans son utérus, qu’on voyait par contre un truc dans son ovaire droit et qu’elle penchait sérieusement pour une grossesse extra-utérine, elle a conclut par « C’est bien, vous avez l’air de bien le prendre. »

Quand après plusieurs jours, prises de sang et échographies, le médecin à  dit qu’on interromprait très probablement la grossesse la fois suivante, l’interne lui a dit « C’est bien, vous avez l’air de bien le  prendre. »

Quand moins de deux semaines plus tard, il a été constaté que la grossesse qui avait été miraculeusement jugée évolutive, s’était arrêtée, la gynécologue leur a dit « C’est bien vous avez l’air de bien le  prendre. »

Quand, le même jour, on lui a expliqué que la fausse-couche allait être provoquée par des médicaments, l’interne lui  a dit « C’est bien, vous avez l’air de bien le prendre. »

Quand la fille a avalé ses comprimés de Cytotec, l’infirmière a dit « C’est bien vous, avez l’air de bien le prendre. »

Et c’est vrai qu’elle doit avoir l’air de l’avoir bien pris  étant donné que 1) elle ne pleurait pas, 2) elle était même capable de faire deux ou trois blagues foireuses, 3) au pire elle haussait les épaules en disant « C’est comme ça » (ce qui avouons-le est assez vrai vu que c’est pas autrement). Le truc de la fille c’est qu’en règle générale, elle attend d’être seule avec elle-même ou avec l’homme  pour s’effondrer (quand elle s’effondre ce qui n’est pas non plus systématique). Même chez sa psy, elle ne pleure pas ce qui fait d’ailleurs dire à celle-ci que la fille se contient trop (et que c’est pas bon). Faut dire que la fille est capable de lui raconter les pires horreurs de son histoire familiales et sa vie (il y en a quelques unes) en se marrant pendant que la psy s’enfonce dans son fauteuil en ponctuant son récit de « bon sang, mais c’est pas vrai« .

Pour autant, non, la fille n’a pas bien pris les évènements négatifs qui ont émaillés l’année 2012 (ni ceux qui ont émaillés les années d’avant) (c’est pour ça qu’elle est allée voir la psy). Mais bon, l’un dans l’autre, l’homme et la fille sont vivants, en bonne santé (l’homme devrait d’ailleurs être bientôt considéré comme guérit de son cancer) et toujours aussi heureux d’être l’un avec l’autre (et l’un dans l’autre) (okay, elle était facile celle-là). Bref, ça pourrait quand même  aller plus mal. Et puis, objectivement, il reste 3 TEC et 3 FIV avant de clore définitivement le chapitre « Et si on se reproduisait? ».

Honnêtement, la fille doute sérieusement d’aller au bout des 3 FIV parce que ça commence a bien lui peser cette histoire. Cette année, d’ailleurs, elle a décidé de revoir ses priorités. Faire des gosses, c’est bien, ne pas s’oublier pour les faire, c’est mieux. Toutes ces décisions, petites ou grandes, que la fille reportait parce que peut-être elle serait enceinte, elle ne les reportera plus. Sans quoi, elle risque de perdre sur tous les fronts. Et elle ne veut surtout pas se retrouver dans deux ans sans enfants, pas de boulot ou avec un boulot qu’elle déteste et un homme qui en a marre de la porter à bout de bras.

Donc cette année, la fille se bouge le cul et pis c’est tout. Elle met en branle tout un tas de projets et on verra bien ce qui en résultera. Il en résultera forcément quelque chose.

La fille qui passait son contrôle technique

Ben ouais, c’est important de prendre soin de soi. Pour ce faire, la fille est allée chez le Dr S se faire explorer son dedans de elle. Au programme, elle a eu droit à :

– Une échographie (endo, est-il besoin de le préciser?) qui a montré une cavité utérine étincelante de propreté (comme chez Micheline après la passage de l’émission « C’est du propre »). Plus un seul débris de la fausse-couche;

– Une colposcopie et que même que la fille peut te dire que son col, il est « parfait » dixit le Dr S;

– Un frottis  pour être vraiment certain de sa perfection collesque;

Puis comme la fille était dans un bon mood, elle est allée au laboratoire d’analyse où là encore elle a donné de sa personne avec :

– Un prélèvement vaginal parce que des fois les microbes, tout ça, bref, mieux vaut vérifier;

– Une prise de sang parce que des fois, les virus, tout ça, bref, mieux vaut vérifier;

– Une analyse de son premier pipi du matin parce que des fois, les microbes, tout ça, bref, mieux vaut vérifier.

La fille peut d’ors et déjà t’annoncer que niveau virus et microbe, elle est au top. Ne lui manque que le résultat de son frottis (celui qui lui importe le plus, tu te doutes bien). Quand il reviendra NORMAL lui aussi, la fille pourra aller frapper à la porte de son centre PMA pour qu’ils lui programme son TEC. Car le TEC c’est cool.

D’ailleurs, la fille est prise de doutage existentiel profond. Car, vois-tu, lecteur, ses tas de cellules, ils ont pas tous le même âge. Dans leur annexe congélatoire (aujourd’hui, invente des mots avec la fille) aka la cuve d’azote liquide du laboratoire, l’homme et elle, ont deux J3 et un J6 (oui, madame, ils ont un blasto). Alors la fille se demande lequel (ou lesquels) va atterrir dans son mirifique dedans de elle. Qu’est qui est le mieux d’après toi, lecteur, un J3 qui a été décrété « parfait » le jour de sa cryogénisation ou un blasto qui est…  heu… ben… c’est un blasto, quoi? Enfin, la fille te pose la question mais c’est purement rhétorique parce qu’elle pense pas que la biologiste lui demandera son avis. Bon, feu l’embryon frais a aussi été un J3 « parfait », ça ne l’a pas empêché de connaitre une destinée tragique (en plus c’est le jumeaux des deux J3 et du J6).

Sinon, la fille fait d’énormes progrès en matière de névrose d’angoisse. Pour son dernier frottis, elle faisait des cauchemars où on l’appelait pour lui dire que son utérus était rongé par le cancer et qu’il allait falloir le lui enlever, là elle a juste rêvé qu’elle avait oublié de recueillir son premier pipi du matin avant d’aller au labo et c’était chiant parce qu’il allait falloir revenir le lendemain. T’as vu? C’est bien, hein?