la fille qui avait décollé

Pas de suspens aujourd’hui, la fille a refait une prise de sang aujourd’hui et le taux est bon. Il est très bon même puisqu’en 48 heures sa hCG est passée de 326 à 881 UI.

La fille voulait te remercier pour tous tes mots. Elle ne te répond pas individuellement parce que tu es beaucoup mais ça l’a beaucoup touché. Comme à chaque fois que tu laisse une trace de toi par ici. « Que serais-je sans toi? » se demandait Jean ferrat (qui reprenait Louis Aragon) et la fille se pose la même question. Que serait ce blog sans toi, lecteur? Rien ou pas grand chose. T’es quand même la crème des lecteurs. Tu lui proposes une foultitude de solutions pour la  sauver de la dépression capillaire, tu ris à ces blagues (et tu as bien du mérites, l’homme lui ne fait même plus semblant), tu pleures avec elle quand elle a le moral dans les chaussettes (trouées), tu l’encourages et tu es encore là quand la fille a un coup de bol monstre alors que pour certains d’entre toi, ça te crève sans doute le cœur (et crois bien qu’elle te comprend). Vraiment, merci.

La fille s’en veut un peu de t’avoir embrouillé lors que son post précédent. En fait, c’était pas vraiment le but. Elle voulait juste souligner l’était d’esprit dans lequel elle était en allant chercher son premier dosage hCG. Tout ça à cause d’un test de grossesse défectueux dont par égare pour son image nous tairons la marque (Easy Test). Elle avait une chance sur cent pour que ça arrive et c’est tombé sur elle. Note bien lecteur, qu’elle  préfère que ce soit dans ce sens là que dans l’autre.

Tout à l’heure en allant chercher son nouveau résultat, elle se disait que le labo s’était sans doute planté, qu’ils avaient  du échanger des fioles de sang et que mardi pendant que la fille clignait des yeux sur son 326 en pesant avoir une hallu, une autre meuf pleurait à chaudes larmes sur son négatif (qui en fait était celui de la fille). Bah, c’est possible, elle recevait bien les relevés bancaires d’une homonyme quand elle était à la fac. La voilà rassurée (au moins sur la compétence de son labo).

Sinon, lecteur, la fille tient à t’informer qu’elle ne fume plus. Et qu’elle achète du fromage au lait pasteurisé. Par contre, elle continue la vodka et la coke parce que faut pas déconner, elle peut pas tout arrêter d’un seul coup. Elle scrute ses symptôme aussi. Elle a de petites nausées, ses seins lui font un peu mal et elle rote (bah, là, elle t’avoue qu’elle ne comprend pas bien pourquoi mais ça lui avait fait ça aussi la première fois).

La suite, c’est une nouvelle prise de sang mardi prochain et, si tout va bien, une écho pour la cinquième semaine de grossesse.  Elle a hâte d’y être.

La fille qui avait passée un dimanche de merde

Quand la fille a fait pipi sur un test de grossesse dimanche matin (à 14 dpo) et qu’il est resté négatif, la fille s’est dit :

– Les signes, c’est de la merde. C’est pas parce qu’on te colle un embryon dans l’utérus 14 ans jour pour jour après que son père est mis sa langue dans ta bouche, qu’il va y squatter.

– La fête des mères, c’est de la merde. Pendant que les 3/4 de la blogosphère a plongé dans un coma diabétique (trop de guimauve tue la guimauve), elle apprend qu’elle n’est pas enceinte. Et puis sa mère à elle ne répond pas au téléphone.

– Passer un deal avec son embryon, c’est de la merde. Elle lui avait promis que s’il s’accrochait, elle arrêterait de fumer. Les embryons se fichent comme de l’an 40 que leurs mères meurent d’un cancer. Du coup la fille a fumé comme un pompier.

– Les vagues de positifs sur le net, c’est de la merde. La seule vague qui a emporté la fille, c’est celle des fausses couches fin 2012. Année 2013, année des fraises, mon oeil, oui. En plus la rime est pourrie.

– Les chats, c’est de la merde. T’en prends un tout mignon et jeune en te disant qu’il vivra longtemps et en bonne santé et il trouve le moyen de choper un cancer (peu probable parce qu’il est jeune avait dit le véto). Tu fais tout ce qu’il faut pour le soigner et quand enfin, on te dit qu’il est guéri, il se chope une insuffisance rénale aigüe. Il a de bonnes chances de s’en sortir, il est jeune avait dit le véto. Il est mort.

– L’AMP, c’est de la merde. L’homme et la fille calculent que comme il faut laisser un cycle de repos entre deux stimulations (dixit leur centre), le prochain TEC tomberait tout pile pendant les noces de Bernard et Bianca. Et comme le centre ferme au mois d’août, ça veut dire prochaine décongélation sur le cycle de septembre.

– Le temps, c’est de la merde. Putain, ils ont même rallumé le chauffage quand le thermomètre du salon a affiché 16°. Remarque, c’est raccord avec son moral toute cette pluie et cette grisaille.

– Sa vie, c’est de la merde. D’ailleurs elle a envie de tout envoyer bouler. Tout (sauf l’homme quand même). Et d’aller vivre dans la Creuse.

– Ses tennis, c’est de la merde. Elles ont à peine fait une saison qu’elles sont déjà foutues. Oui, on s’égare mais la fille râle si elle veut.

Autant te dire lecteur que lorsque la fille est allée faire sa prise de sang ce matin, elle ne se faisait aucune illusion sur le résultat. D’ailleurs, elle n’y est allée que parce que son centre d’AMP exige une prise de sang. On ne la lui fait pas, elle connait son corps, c’est mort. Et puis, elle le sait, c’est tout.

Alors quand en sortant du labo (sous la pluie), elle a lu 326 UI/l, elle s’est dit qu’elle avait une hallucination. Elle a regardé le double des résultats, même nombre. Elle vérifie son nom, son adresse, le nom  de son hôpital, un signe, n’importe quoi qui prouverait qu’ils se sont trompés quelque part mais non. Il pleut et la fille est enceinte.

Conclusion : l’intuition de la fille, c’est de la merde. Et les tests de grossesse vendus en pharmacie aussi.

La fille qui avait passé une drôle de journée

8h00 : La fille se lève l’haleine fraîche telle la rosée du matin, le teint éclatant et le cheveux doux et soyeux.

Ah non, pardon, on la refait.

8hoo : La fille s’arrache du lit l’haleine fétide, la gueule enfarinée et le cheveux gras et terne.

8h15 : La fille est sous la douche et tente vainement de reprendre forme humaine. Ah purée, le néon de la salle de bain vient de mourir. Flûte  comment va-t’elle pouvoir parfaire son maquillage nude? Ah ben, elle ne va tout simplement pas se maquiller. Comme les 364 autres jours de l’année. Plus nude, tu meurs.

8h19 : La fille cherche un jean propre. Elle n’e trouve pas. Bon, ben, elle va en récupérer un dans le panier à linge sale.

8h20 : La fille cherche une paire de chaussettes propre Et non trouée. Ça n’existe pas. Elle arrive quand même à en dégoter une paire propre mais trouée.

8h23 : La fille songe que le Chat n’a pas encore réclamé sa bouffe. C’est normal, il est à l’hôpital des chats (chez le véto quoi) où ils tentent (les vétos) de lui sauver la vie rapport au fait qu’il a une insuffisance rénale aiguë.

8h24 : La fille se prépare son petit déjeuner.

8h36 : La fille petit-déjeune. Elle prend son acide folique et elle est très fière d’elle de ne pas l’avoir oublié.

8h58 : La fille se lave les dents.

9h02 : La fille allume la télé et tombe sur les maternelles. Le thème  d’aujourd’hui : les grands-parents. Un grand père dit qu’il a été très heureux d’apprendre que sa fille était enceinte parce que « les enfants, c’est la vie ». Ok, la fille a pas de vie, merci pépé.

9h26 : Le téléphone de la fille sonne. C’est le labo de l’hôpital. L’embryon a bien tenu à la décongélation, la fille peut radiner ses fesses. Autant, la journée va être bonne.

10h42 : La fille est dans le train. Oh merde, elle a oublié de mettre son utrogestan ce matin.

10h43 : Oh merde, elle a oublié de prendre les deux comprimés de spasfon qu’on lui avait dit de prendre 2h avant le transfert.

10h44 : Oh merde, elle a oublié de prendre la boîte de spasfon et elle ne pourra donc pas prendre les deux comprimés qu’on lui a dit de prendre 2h après le transfert.

11h26 : La fille arrive à l’hôpital. Elle s’assied dans la salle d’attente, sort sa bouteille de Perrier et boit un coup pour garder sa vessie bien pleine.

11h28 : Elle sort son magazine et commence à lire.

11h31 : Le biologiste appelle la fille. Quoi? Déja? Mais depuis quand on vous prend à l’heure dans cet hôpital? Non mais sérieux, c’est abusé la fille a même pas eu le temps de finir son article.

11h33 : La fille présente sa carte d’identité au biologiste ainsi que la photocopie de celle de l’homme et une bafouille de sa main (à l’homme) disant qu’il est d’accord pour qu’on décongèle et qu’on transfert un embryon même s’il est en train de se faire chier à bosser dans un pays où les magasins ferment à 17h30, le Luxembourg.

11h35 : Le biologiste dit que l’embryon est parfait. Huit cellules. Encore plus beau que celui de TEC 1. La fille se demande pourquoi c’est pas celui-là qu’on lui a mis en premier alors.

11h36 : La gynécologue (une nouvelle que la fille connaissait pas encore) et son interne viennent dire bonjour à la fille. « On vous laisse vous préparer et on revient. Vous n’enlevez que le bas. » Ah bon, t’es sûre? Non parce que la fille était chaude pour l’intégrale là. Tu veux pas voir ses nichons comme ils sont beaux?

11h37 : La fille est en position gynécologique. Elle remarque quand dans la salle de transfert qui est aussi une salle de recueil trône une tété sur laquelle est inscrit « gracieusement offerte par Marc Dorcel ». On s’emmerde pas dans à l’hôpital  publique, on se fait offrir des télés par le Spielberg français du film porno.

11h38 : La gynécologue et son interne reviennent. Aujourd’hui la fille a droit à une transfert sous contrôle échographique. Wouhou. Bon en fait, la fille a pas vu grand chose parce qu’elle parlait au moment où l’embryon a rejoint son dedans de elle. Mais elle a eu droit à une photo. Wouhou bis.

11h50 : La fille se rhabille et descend à la caisse filer son tout nouveau 100% stérilité (le troisième). Ils ont vu large à la CPAM  parce qu’il est valable jusqu’en 2018. La vache, d’ici là, on aura changé de président, ça leur en laisse du temps pour faire des FIV.

11h55 : La fille envoie un texto pour souhaiter un joyeux anniversaire d’eux deux à l’homme  (14 ans tout de même). L’homme demande un bébé et un chat vivant comme cadeau. La fille décide de marcher jusqu’à République (Répu comme disent les Parisiens) parce qu’il fait beau. Pas chaud mais beau (on peut pas tout avoir).

12h10 : La fille appelle la clique vétérinaire pour prendre des nouvelles du chat. Il va mal, très mal. On lui demande de passer dans l’après-midi « pour parler de la suite ». Ça sent mauvais pour le cadeau de l’homme.

14h19 : La fille est dans le train à destination de Labrousse.

16h30 : La fille est chez le vétérinaire. Bon, en un mot comme en mille, le chat est train de mourir. Toute la question est de savoir si on attend un peu pour l’euthanasier ou si on le fait maintenant. L’homme étant chez les sauvages luxembourgeois (tu le crois, toi? Les magasins ferment à 17H30 ! Dans la capitale !!), la fille aimerait bien qu’on attende un peu. Véto n°1 propose qu’on laisse le chat sous perf pendant une journée de plus voir si jamais son état s’améliore un peu (on peut rêver) et éventuellement tenter un retour au foyer jusqu’à ce que l’homme rentre pour lui dire au revoir (il va être content). Véto n°2 ne comprend pas comment il a pu choper une atteinte aussi sévère des reins car c’est un chat jeune (4-5 ans). La fille pense avoir trouver une explication. Ils vivent au dessus d’un ancien cimetière indien. Ou un site d’enfouissement de déchets radioactifs, elle hésite. Elle ne peut même pas faire un câlin à son chat tellement il veule et crache quand elle l’approche (preuve qu’il va mal parce que normalement c’est un chat glu).

17h28 : La fille est de retour chez elle. Elle a les yeux qui se mouillent et la gorge qui se sert. La bonne nouvelle c’est que pendant qu’elle pleurera son chat, elle sera moins concentrée sur ce qui se passe (ou pas) dans son utérus. Et puis se sera une source de contamination potentielle à la  toxoplasmose en moins. Le prochain animal de compagnie qu’ils prendront, il sera empaillé comme ça ils sont sûrs de le garder longtemps.