OYE OYE BRAVES GENS !

Lecteur, tu ne le sais pas encore mais mercredi 4 septembre 2013 aura lieu un événement de la plus haute importance. Mercredi, moi la fille (Audrey Leblanc de mon vrai nom) et mon amie Audrey Malfione, nous aurons l’honneur de te présenter le fruit de notre dur labeur. Ouais, parce qu’entre deux protocoles (IAC, IAD, FIV ICSI, FIV D, TEC… ne rayez aucune mention), entre deux noyades de chagrin dans l’alcool, entre deux séances de médisance sur Machine (cette pétasse qui tombe enceinte en C2) nous eu avons l’idée lumineuse (on étaient bourrées) de pondre un bouquin sur l’AMP.  Et le plus fou, c’est qu’un éditeur a bien voulu le publier (et pour ce qu’on en sait, il n’était pas bourré, lui).

Voilà, la bête.

Guide de survie à l'usage des couples infertiles, Audrey Leblanc et Audrey Malfione

Guide de survie à l’usage des couples infertiles, Audrey Leblanc et Audrey Malfione

Il est beau, hein? Pour te donner une idée du contenu, voici la 4ème de couverture :

10 à 15%  des couples souhaitant avoir un enfant consultent pour des problèmes d’infertilité.

Et pourtant, qu’est-ce qu’on se sent seul quand on apprend qu’on va devoir recours à la Procréation médicalement assistée (PMA) pour le faire notre môme. Entre les examens intrusifs, le diagnostic qui tombe comme un couperet, la découverte d’un monde ultra-médicalisé où l’humain est parfois oublié, l’incompréhension de l’entourage (qui lui, pond à tour de bras), les traitements qu’il faut mener de front avec sa vie professionnelle, la PMA ressemble à une jungle et nous à des naufragés.

Ce guide illustré se propose donc de défricher pour vous le parcours d’un couple infertile dans ce monde un peu flippant qu’est la PMA. Audrey Malfione (les dessins, c’est elle) et Audrey Leblanc (le texte, c’est elle) abordent avec humour et sans tabous les aspects médicaux, sociaux et psychologiques de l’infertilité. Car, oui, on peut rire même en PMA.

Alors là je sens lecteur que tu te poses tout plein de questions. Je vais donc tacher d’y répondre (non, ne me remercie pas).

Mais où peut-on se procurer cette merveille? 

Dans toutes les bonnes librairies, les grandes surfaces culturelles (Fnac, Cutura…) et bien sûr sur internet (Amazon, Fnac, Decitre et consort).

Combien de sous vais-je devoir débourser pour en faire l’acquisition? 

Mais même pas cher. 12,95 €, c’est limite donné pour un livre illustré (et il n’y a pas que 2 ou 3 dessins pour faire joli).

Ça se lit vite? Parce que moi, la lecture, bof… Et puis, il y a Castle qui reprend bientôt sur la 2…

Oui, ça se lit vite et si tu veux, tu même te contenter de regarder les illustrations, il y en a plein. Et plus, grâce à son petit format (poche), tu peux l’emporter partout y compris dans tes toilettes. Parfait pour occuper ces longs moments en solitaire.

Je ne suis pas infertile, puis-je l’acheter quand même? 

Bien sûr. Tu y es même fortement invité. Tu as forcément quelqu’un de ton entourage qui est concerné par l’infertilité et nous espérons qu’avec ce livre, tu comprendras un peu mieux ce qu’il ou elle vit.

Et si je m’en tape des infertiles? (Je suis la pétasse qui se reproduit en C2) 

Nous, tout ce qui nous intéresse, c’est de toucher le fric à la fin, tu peux toujours l’offrir.

Même à ma belle-mère? 

Heu… oui. Pourquoi tu ne pourrais pas?

Je peux pas l’encadrer, c’est bientôt son anniversaire et je veux lui faire un cadeau bien pourri.

Ha. Alors non, va donc plutôt lui dégoter un vase bien moche dans une brocante. Ou un canevas qui représente des biches.

Je n’ai pas aimé. Puis-je me servir du livre pour caler la table de la cuisine qui est branlante? 

Notre conscience écologique nous pousse à te répondre par l’affirmative (mais ça nous déchire le coeur).  Nous te  suggérons aussi de l’envoyer à la tronche de ta moitié lors de votre prochaine engueulade. Le Guide de survie à l’usage des couples infertiles a la taille idéale pour bien marquer ta profonde exaspération tout en préservant son intégrité faciale. Ainsi la réconciliation n’en sera que meilleure (testé et approuvé par nous-même).

J’ai adoré. Puis-je en parler sur mon blog, sur Facebook, sur Tweeter et à ma  boulangère? 

Bien sûr. Tu peux aussi le caser dans ta bibliothèque, bien en vu entre ton édition originale de l’Education sentimentale de Flaubert et les oeuvres complètes de Nabokov dans La Pléiade.

Je suis pauvre. Puis-je le voler? 

Non, le vol est  sévèrement puni par la loi. Et puis, c’est mal. D’ailleurs, nous aussi, nous sommes pauvres. Pas plus tard qu’hier, nous avons fait les poubelles de Labrousse pour y récupérer des épluchures de légumes moisis. On en a fait la soupe de la semaine (on y ajoute du gravier pour un peu plus de consistance). On a besoin de manger. Acheter le Guide de survie à l’usage de couples infertiles, c’est un peu comme participer à un Audreython. Tu fais une bonne action qui te mènera tout droit au Paradis.

Bon, mais avoue, vous avez couché pour vous faire éditer? Non, parce qu’on le sait, les manuscrits envoyés par La Poste ne sont même pas lus. Faut coucher ou être le fils de, hein, hein, hein? 

Dans la mesure ou nos Papas et nos Mamans sont susceptibles de lire cet article (nos mecs aussi mais eux, ils ne se font plus beaucoup d’illusions sur nous), nous ne souhaitons pas répondre à cette question (sachez qu’effectivement, nous n’avons pas utilisé l’envoi postale). Merci de respecter notre vie privée.

Je suis un liker compulsif, vous avez un compte Facebook?

Mais grave. C’est . Tu peux liker dès aujourd’hui autant que tu veux. En plus tu peux découvrir en avant-première des illustrations et des extraits du livre jusqu’à sa sortie officielle. Le 4 septembre, on t’a dit?

Et vous allez passer chez Ruquier ou chez Ardisson? 

Nous avons envoyé des photos de nous nues à Ardisson et des photos de nos mecs nus à Ruquier, nous attendons les réponses.

Ah ouais, d’accord. Vous allez vous la péter. 

Un peu, mon neveux qu’on va se la péter. Bientôt on boira du Dom Pérignon, on tapera de la coke a et on fera des partouzes avec tout le gratin germanopratin, autant te dire qu’on ne jouera plus dans la même cours que toi, manant. En attendant, on s’est trouvé un petit job sympa et plutôt pas mal payé (le smic), nettoyer les toilettes de la salle municipale de Labrousse mais c’est juste pour passer le temps avant de devenir riches et célèbres.

Si tu as d’autres questions, tu n’hésites pas à les poser en commentaire sur ce blog ou sur la page Facebook du Guide de survie à l’usage des couples infertiles. Pour  les insultes, merci de les adresser directement à notre maison d’édition, JACOB-DUVERNET (Luc, ne nous remerciez pas, c’est de bonne grâce).

Et pour te faire une idée du travail d’illustratrice d’Audrey Malfione, c’est là : www.odrey.fr

P.S. Il est à noter que sur les sites de ventes en lignes du type Amazon, Fnac et consort, le livre est annoncé à 15, 90 € mais c’est une erreur ( en plus, ils ont zappé de mettre mon nom où ils m’ont rebaptiser Alexandra, cette bande de nases) mais le livre sera bien vendu à 12,95 €.

Edit du 31/08 : Le GSUCI est dors-et-déjà disponible sur internet, au bon prix (12,95€ ou 12,30€ avec les 5% de réduction) mais en rupture de stock chez Amazon (ouais, on va être riches !). Sa sortie en librairie reste prévue pour le 4 Septembre. Un grand merci de notre part à Audrey Malfione et moi pour votre accueil ici ou sur Facebook. Et souvenez-vous, si vous aimez le livre, tout le mérite nous en revient, dans le cas contraire tout est de la faute de notre éditeur.

C’est la lutteuuuuh finaaaaaleuuuuuuuuuh

Lecteur, si tu es infertile, il t’arrive peut-être de t’énerver tout seul devant ta télé quand le sujet de l’AMP et de façon générale de l’infertilité (qui ne mène pas forcément en AMP) est abordé. Tu tu dis sans doute « mais c’est qui tout ces cons qui parlent sans savoir et qui s’expriment à notre place à nous les infertiles ! » (oui, lecteur, tu es un peu vulgaire).

Le collectif B-AMP pense que plutôt que de s’énerver tout seul dans notre coin, on pourrait le faire tous ensemble (tous ensemble, hey, hey) et faire entendre notre voix auprès des autorités compétentes afin d’améliorer la qualité des soins et l’écoute des couples infertiles engagés dans un parcours d’AMP.

B-AMP, c’est pour Blog-Assistance Médicale à la Procréation.

Non, ne t’enfuis pas lecteur non blogueur.  Le collectif concerne tout ceux et toutes celles qui se sentent concernés qu’ils soient hommes ou femmes, qu’ils bloguent ou pas. j’ai même  envie de te dire que même  si tu es fertile (veinard) mais que tu souhaite apporter ton aide et ton soutien, le collectif est aussi pour toi.

Contrairement à ce que la fille a pu lire sur la blogosphère (parfois), le but premier du collectif n’est pas d’échanger et de soutenir les uns les autres (ça en fait partie bien sûr), non sa vocation c’est vraiment de revendiquer. Parce que si nous, patients, on reste dans notre coin à pleurer que l’AMP en France, c’est tout nul, rien ne changera. Et parce que j’aime mon pays (ouais, t’as vu? la fille peut parler d’elle à la  première personne du singulier), et parce que je suis attachée au fait que les soins y compris ceux concernant l’infertilité soient accessibles au plus grand nombre quels que soient leurs revenus mais aussi parce que je reste lucide sur le fait de l’AMP française ne va pas très bien et qu’il y a plein de choses à améliorer (et qui parfois ne coûteraient pas un sous à la sécu), je dis prenons la parole et tapons du point sur la table quand c’est nécessaire.

Indignez-vous qu’il disait Stéphane Hessel. Et après il a dit Engagez-vous (et après il est mort mais il n’y a pas de lien de cause à effet, c’est juste qu’il était vieux).

Voilà, tu sais tout lecteur. On dit merci à Froggy, Irouwen et Kaymet d’avoir fait naître le collectif. Et on va voir ici le  blog du collectif.

Une dernière chose et après, je te fiche la paix : collectif, ça veut dire collectif. A partir du moment où tu le rejoins,  ta voix vaut autant que celle de n’importe quelle autre membre du collectif. Les décisions seront prises de façon collégiale.

Ayé, tu peux reprendre une activité normale.

La fille qui faisait son bilan gynécologique : épisode 1

Le bilan gynécologique, c’est celui que le CECOS a sorti de derrière les fagots. Mais si, souviens-toi! Non?

Bon, petits rappels des faits. Septembre 2008, l’homme et la fille s’inscrivent au CECOS. Ce dernier leur demande de faire deux bilans sérologiques chacun, de faire faire une carte de groupe sanguin, de faire des recherches d’antécédents familiaux et de surtout pas oublier de passer chez le juge. Et rendez-vous dans un an et demi. L’homme et le fille sont tranquilles. Ils sont larges niveaux temps. Décembre 2010, coup de théâtre. Le CECOS leur apprend qu’il faut aussi un… (suspens) un bi… (roulement de tambours) un bilan gynécologique (tu suis, c’est bien)! La fille en a déjà fait un mais il est tout périmé. Le CECOS n’en veux pas. La consternation passée, la fille se décide a l’appeler pour en savoir plus. Parce que là, comme ça, ça lui parle pas trop le bilan gynécologique. La fille doit être un peu conne parce que la secrétaire du CECOS a l’air de trouvé ça hallucinant qu’on ne sache pas ce qu’est un bilan gynécologique (truc de dingue). En raccrochant, la fille aura réussi à obtenir les infos suivantes : il faut qu’elle voit sa gynécologue, ils ont besoin de sa réserve ovarienne, la secrétaire est une conne.

Janvier 2011, le 3 pour être précis, la fille se rend chez sa gynéco pour faire faire ce fameux bilan. Si la fille est dans le flou (pas artistique pour deux sous), elle se dit que la gynéco qui est médecin, qui fait des inséminations artificielles dans son cabinet, doit bien savoir de quoi il en retourne. La fille est confiante. A tort. Parque la gynéco, elle a pas du tout l’air de savoir ce qu’il faut faire. Et la fille se retrouve à dicter à son médecin les examens dont elle pense avoir besoin. Elle repart donc avec son frottis sous le bras et des ordonnances pour un nouveau bilan sérologique (le dernier commence à dater), un bilan hormonal et une écho endo-vaginale à J3 (son pêché mignon). La fille et gygy se sont mises d’accord pour zapper l’hystérosalpingographie (et si le cCECOS est pas content, la fille leur dira ce qu’elle pense de leur secrétaire incompétence).

Avant de parti, la fille demande à sa gynéco à quel jour du cycle doit être fait l’écho. Et l’autre de lui répondre à n’importe quelle date en dehors des règles. La fille trouve ça bizarre car il lui semble bien que lors de son premier bilan, l’écho avait été justement faite PENDANT ses règles. Comme elle doit traverser tout Paris en moins de 40 minutes pour aller bosser, la fille n’insiste pas, paie les 65€ de la consultation et se barre. Elle zappe même le truc pendant quelques jours.

Mais alors qu’elle essaie d’organiser son planning entre boulot et examens, une sonnette d’alarme retenti dans son cerveau (c’est très pratique mais ça ne fait pas réveil-matin). Elle a comme qui dirait l’impression que la gynéco lui a raconté des conneries. Elle vérifie dans son classeur PMA (en plastique transparent jaune). La première écho avait été faite à J-3. Ses doutes sur la fiabilité  de l’information donnée par son médecinb se renforcent lors d’une conversation téléphonique avec une copine (ex-)PMette. Pour ne pas risquer de faire une bourde (qui risquerait de retarder iad 1), la fille appelle son centre de PMA. Elle tombe sur la secrétaire qui lui passe une infirmière qui  lui confirme que l’écho doit être faite à J-3. Argh, galère!

Vendredi 14/01, le fille se retrouve à devoir prendre rendez-vous pour le mercredi suivant, date théorique de son J-3. Rendez-vous qu’elle doit caser entre 14h30 et 16h00 pour cause d’impossibilité de se faire remplacer au boulot. Et pas possible de le caser un autre jour car la fille est en formation le reste de la semaine. Mission à priori impossible. La fille en a des sueurs froides. Elle se voit déjà appeler tout les échographes de Paris, devoir supplier, pleurer et faire du chantage au suicide pour tenter d’obtenir un rendez-vous. Et là, coup de bol, elle tente un centre de radiologie tout près de son travail et obtient son rendez-vous. Truc de ouf.

Les planètes devait être alignées ce jour-là. Restait plus qu’a espérer que DN soit sympa (pour une fois) et que J-1 se pointe au bon moment. Oui, parce que bon, ses cycles à la fille, ils font un peu se qu’ils veulent. Ils sont en gros de 25-26 jours mais il arrive qu’ils durent 24 ou 28 jours. Et ça la fille ne le sais jamais à l’avance. Ça ne la surprendrait pas vraiment que son J-1 décide de se pointer le jour de l’écho, voire le lendemain.

Et ben, non, même pas. Il est arrivé hier pile quand il faillait. Incroyable. En même temps que son cadeau mensuel, elle a reçu les résultats de son frottis. Et tout est normal. La fille est contente. Elle espère juste que ses ovaires et son taux d’AMH émerveilleront le CECOS tant il est clair que la fille est fertile. Ouais, faudrait pas qu’une insuffisance ovarienne ou une autre saloperie dont elle ne soupçonne même pas l’existence lui tombe sur le coin de la gueule.

Y’a pas de raison, tu vas me dire. C’est vrai. Y’en avait pas non plus que l’homme se coltine à la fois un cancer et une azoospermie et bon… Mais ne soyons pas défaitiste (rappelle-toi que la fille a décidé d’être optimiste). La fille commence à croire qu’à force de menacer DNLT de lui maraver la gueule, celle-ci a pris peur et se résout à être plus clémente. Et pourquoi pas?

A suivre…

Guide de survie à l’usage des néo-infertiles

C’est la catastrophe. Vous venez d’apprendre que vous, lui ou les deux (plus on est de fou, plus on rit) êtes infertiles. Problèmes de spermatozoïdes ramollos, de kystes ovariens, d’endomètres envahisseurs… Les causes ne manquent et le résultat est là : sans intervention de la médecine, de bébé il n’y aura point (et peut-être même avec mais vous n’êtes pas encore là).

Et dire qu’il y a peu vous pensiez naïvement que faire un bébé était à la portée de n’importe quel clampin. Un ‘tit coup vite fait et hop! neuf mois plus tard on se retrouve à pousser fort. A la portée de n’importe quel clampin oui mais pas à la votre. Vous, il va falloir les mériter vos contractions. Soyez prévenues dés maintenant, la PMA c’est la jungle. Pire que Kho Lanta. Vous allez en chier.

Heureusement pour vous, la fille a pensé à vous. Elle est passé par là, elle aussi a été une néo-infertile. En attendant, de pouvoir elle-même se lancer (avec bonheur) dans la PMA, voici les enseingments que la fille a pu tirer des Anciennes.

Conseil n°1 : Faites du tri dans vos amis. Ne gardez le contact qu’avec ceux qui sont stériles, ménopausées, curés, gays ou zoophiles. Tous les autres, je dis bien TOUS, vont se mettre à faire des gosses. A croire qu’ils attendaient d’apprendre que vous êtes stériles pour s’y mettre. Les célibataires, les moches, les en-coules-depuis-15-jours, les en-couple-qui-se-séparent-tous-les-15 jours, les toxicos, les alcoolos, les je-comprends-pas-pourtant-on-a-fait-attention, les je-veux-pas-de-gosses, les j-habite-encore-chez-mes-parents-et-j-ai-pas-de-travail, tous vont faire des gosses. Sauf vous.

Conseil n°2 : Fermer votre compte facebook. Sachez que sous couvert de réseau social, Facebook est en fait le Mal incarné. Déjà toutes vos copines (ex-copines si vous avez suivis le conseil n°1) y collent les photos de leurs mioches, de leurs ventre rond mois après mois (certaines si elles pouvaient mettraient même des photos de la conception, histoire qu’on soit bien au courant de tout). Mais en plus, vous allez être inondées de pub sur la grossesse et la maternité. La dernière en date : « comment lui annoncer que vous êtes enceinte? ». C’est pas fait juste pour vous faire chier ça? C’est pas pervers?

Conseil n° 3 : Préparez une longue liste d’excuses à donner à votre famille pour ne pas vous rendre aux réunions et fêtes familiales. La famille, après les amis, c’est la deuxième plaie de l’infertile. A chaque fois, il y a votre cousine Laurette (celle que vous avez jamais pu saquer) qui annonce qu’elle est enceinte de son premier deuxième troisième… Et à chaque fois, c’est la même chose. Après avoir chaudement félicité Laurette et son mari Jean-Louis (de quoi? D’avoir trouvé le bon trou?) tous les yeux se braquent sur vous et Mémé Jeannette vous demande : « Et vous, c’est pour quand? ». Et comme elle est cardiaque la mémé , vous voulez la ménager. Du coup, vous vous empêtrez dans des explications vaseuses et tout le monde y va de son commentaire. « Les jeunes aujourd’hui, ils pensent qu’à leur carrière« . « Traînez pas trop, vous avez pas toutes la vie« . « Moi, à ton âge j’attendais mon troisième« . « Hé, vous savez comment on les fait les bébé, hein? (rire graveleux) »

Conseil n° 4 : Mettez votre pudeur au placard et drapez vous dans votre dignité. Car la dignité, après vous être déssapée devant tous les gynéco, radiologues et autres médecins que compte votre coin de France (ou de Navarre), c’est tout ce qui vous reste. N’hésitez pas à prendre un abonnement chez votre esthéticienne de façon à être toujours présentable. C’est toujours ça de pris. Parce qu’être cul nu, les jambes écartés et les pieds dans les étrier, avouez que c’est pas ce qu’il y a de mieux pour se sentir digne.

Conseil n°5 : Ayez un compte bancaire bien garni et une bonne mutuelle santé. Parce qu’avant que vous ayez droit d’être pris en charge à 100% par la sécu, il va falloir faire l’avance des frais. Et ça coûte cher. D’autant que certains examens ne sont pas remboursés. Et les gynécos aiment bien les dépassements d’honoraires (c’est normal, ils font un travail stressant, eux, ils ne peuvent pas passer leurs vacances à La Bourboule comme tout le monde, ils ont besoin du sable fin des Seychelles). Et puis, quand enfin vous serez enceinte, sachez qu’il y a de forte chance pour que vous attendiez des jumeaux. Et vous savez combien ça coûte une poussette pour jumeaux? Soyez prévoyants si vous ne voulez pas finir sous les ponts, E-CO-NO-MI-SEZ!

Conseil n°6 : Investissez dans les actions Kleenex. Quand on sait qu’un couple sur six consulte pour des problèmes de fertilité, ça en fait des larmes à sécher et des nez à moucher (et ça c’est sans tenir compte des annonces de maladies graves, de décès, de licenciement, de divorces qui font aussi beaucoup pour l’industrie du mouchoir en papier). Moi je vous le dis, Kleenex a encore de beaux jours devant lui. Et comme vous avez besoin de tunes… CQFD.

Conseil n°7 : Faites du yoga, de la méditation ou de la relaxation. Parce qu’avec le nombre de conneries que vous allez entendre (de la part des médecins, infirmières, amis, parents…) il va falloir beaucoup prendre sur vous pour rester zen. Elle va être longue et sinueuse la route vers la sérénité, Petit Scarabée.

Conseil n°8 : Ayez vos placards toujours bien garnis d’aliments consolateurs. En bonne place, se trouvent le chocolat, le nutella, les bonbons, le fromage, les chips mais tout ça est affaire de goût. Quel que soit votre péché mignon, il va désormais être votre meilleur ami. Celui sur qui vous pouvez toujours compter en cas de baisse de moral. Et des baisses de moral il va y en avoir beaucoup. Surtout qu’avec tout ce que vous allez manger pour compenser l’absence de bébé, vous allez grossir. Et grossir, c’est mauvais pour le moral. Donc vous allez manger, pour compenser. Ne vous laissez pas prendre au dépourvu.

Conseil n°9 : Ayez un substitut à bébé. Ce peut être un chien, un chat, un poisson rouge ou un boa constrictor, qu’importe. L’idée, c’est de donner à un animal tout l’amour que vous ne pouvez pas donner à un marmot. Et puis quand vos collègues de boulot vous parlent de poussées dentaires vous pouvez leur répondre traitement anti-puces. Ils vont chez le pédiatre, vous allez chez le vétérinaire. Ils ont un photo de leur chérubin en train de bavouiller comme fond d’écran, vous avez une photo de votre ‘tit chat en train de se lécher le trou du cul.

Conseil n° 10 : Apprenez la patience. Car le temps des Infetiles n’est pas le même que pour les Fertiles. Eux comptes en mois d’essais (« c’était horrible, pour Jordan, j’ai mis au moins 6 mois à tomber enceinte! »), nous en années d’essais (« J’ai eu de la chance, j’ai eu les triplés seulement après 3 FIV et 5 ans d’attente. »). N’importe quel rendez-vous chez un gynécologue demande parfois plusieurs mois d’attente. Après, il y a les examens, les fermetures de centres, les traitements, les pauses obligatoires entre les essais, les échecs, les tentatives annulées, encore des examens, les délais d’attente pour ceux qui ont besoin de donneur ou d’une donneuse, les visites chez le psy, le biologiste, l’anesthésiste, encore des examens, les cycles à rallonge pour certaines… Bref, comme dirait l’autre, vous êtes pas rendus.

Vous voilà prêts à affronter la jungle péèmesque.  A ce stade, il n’y a qu’un mot à dire : COURAGE! Il va vous en falloir.

La fille qui avait monté les marches (mais pas celles de Cannes)

Hier, l’homme et la fille se sont rendus au Tribunal de Grande Instance de Paris. Le grand et beau tribunal qui sert de décors à la série Boulevard du Palais. Sauf que eux, personne ne les filme quand ils font des trucs importants. La fille était quand même contente d’être au milieu des repris de justice et leurs avocats. Classe, quoi.

Ils avaient rendez-vous avec la Vice-présidente aux Affaires Familiales pour donner leur « consentement en vue de la Procréation Médicalement Assistée ». L’homme et la fille, ils sont hyper consentants (et pour tout) donc ça a été expédié en 10 minutes. La juge leur a expliqué ce à quoi ils s’engagent, leur a fait signé les papiers tendus par la Greffe et ils sont repartis avec deux exemplaires du procès-verbal (un pour eux et un pour le CECOS). Leur dossier est désormais complet. Maintenant, ça va être le calme plat jusqu’en Décembre.

La fille se sent un peu triste parce qu’elle n’a plus aucune échéances pour l’occuper jusqu’aux IAD dans 10 mois. Et qu’elle en a marre d’attendre. Il s’est déjà passé 4,5 ans depuis ce jour d’octobre où la fille n’a pas entamé de nouvelle plaquette de pilule. Elle en a marre de voir ses copines avoir un (ou des) enfant(s), de voir des cheveux blancs squatter son cuir chevelu, de fêter ses anniversaires, d’espérer que les IAD suffiront, d’être en colère, ou triste…

L’attente, c’est long.

La fille qui n’était pas un numéro (she’s a free woman)

La fille n’est pas censée avoir de nouvelles de centre d’AMP avant un moment. C’est à elle de reprendre contact avec eux deux mois avant le début des IAD. Alors quand l’autre matin, elle a trouvé une envelopper avec leur tampon (bonjour la discrétion, il y a écrit « médecine de la reproduction » en gros), elle s’est un peu demandé ce qu’ils lui voulaient.

Ils veulent des papiers. La déforestations de l’Amazonie, ils s’en foutent. Les papiers, ils les aiment tellement qu’ils en font de toutes les couleurs, un vrai arc-en-ciel. L’homme étant en vacances (et pas la fille, la vie est injuste), il a été convenu que se serait lui qui s’y collerait. Ils se rendent compte au passage que le CECOS, lui, ne leur a pas donné de nouvelles alors qu’il était censé le faire. Leur dossier devait passer devant une commission pour être validé.

Qu’à cela ne  tienne, l’homme ira leur faire un petit coucou quand il amènera la paperasse au centre d’AMP en personne (pas qu’ils aient pas confiance en la Poste, hein, mais si, quand même un peu). Quand ils se sont inscrits, on leur a filé un numéro de dossier en leur disant qu’ils serviraient à les identifier et que donc, il ne fallait surtout pas qu’ils le perdent. « Ah bah non, bien sûr madame » qu’ils avaient répondu.

La fille est organisée. Pour elle, ça se résume à remplir un tiroir de tous les papiers qui attendent d’être classés jusqu’à ce que plus rien ne rentre. Elle part donc à la recherche de ce fameux numéro. Elle tombe sur les résutats d’examens, la prise en charge de la sécu, la facture de  janvier 2007 de Bouygues Télécom, le prospectus des seules pizzas à emporter potables qu’ils ont trouvé sur Paris (ça tombe bien, ils le cherchaient) mais pas le numéro de leur dossier.

Après avoir retourné tout l’appartement (c’est dingue la poussière qu’il y a sous le buffet du salon), cherché dans les coins les plus improbables (Chéri, tu vas pas le croire mais ils nous restent des préservatifs), un constat s’impose. Ils l’ont perdu. Ce sont des êtres inconséquents et irresponsables à qui ont ne peut même pas confier un papier avec un numéro dessus. Alors un enfant… L’homme et la fille se regardent en chiens de faïence, cherchant à rejeter la faute sur l’autre (c’est toi qui l’avait, je me souviens très bien, je t’ai même dit de le mettre dans ton sac).

Après avoir frôlé l’incident diplomatique (mais non, connard, c’est toi qui l’a pris avec le consentement pour insémination artificielle avec donneur), ils décident de rester rationnels. Le CECOS a d’autres moyens de les identifier (genre, leurs noms, adresses, dates de naissance, numéros de téléphone, antécédents médicaux). ON devrait donc pouvoir s’en sortir.

N’écoutant que son courage, l’homme part affronter le CECOS (surtout sa secrétaire qui fait peur et que la fille a affectueusement surnommé le Goulag). Après avoir déposé les papiers au centre d’AMP, il s’en va lui expliquer leurs mésaventures (et vraiment, on est désolé, on ne le refera plus, c’est juré) qui lui répond en souriant (oui, vous avez bien lu, l’homme a dit qu’elle a souri) qu’il n’y avait aucun souci, ils auraient juste pu appeler. L’homme, prenant alors confiance en lui, demande s’il peut avoir des nouvelles de leur dossier. Ils auraient du recevoir un courrier. Ils n’ont rien reçu (comme quoi, la fille avait raison de se méfier de la Poste).

Verdict, leur dossier est accepté. C’est pas tellement une surprise (si avec une azoospermie, on les refuse, la fille se demande bien à quoi ils servent) mais ça fait plaisir quand même. D’autant que leur attente à été écourtée d’un mois. Ouais, UN MOIS. Il ne leur reste plus qu’onze mois à poireauter. Février 2011, ce sera à leur tour de repeupler la France. Ben, la fille, ça a suffit à la rendre heureuse.

Et pour fêter ça, elle a acheté un classeur et des intercalaires pour y ranger tous les papiers relatifs à la PMA.

La fille qui se demandait à qui la faute

Voyons le bon côté des choses. Quand on apprend à deux semaines d’écart un cancer et une stérilité, ce qui est chouette, c’est que le premier permet de nettement relativiser la deuxième. Disons que sur le moment, avoir un bébé n’était plus franchement leur priorité. Que l’homme aille bien, ça c’était important.

Bon, en fait le cancer du testicule de l’homme, c’est pas un cancer bien méchant. Il se soigne très bien, métastase peu et récidive peu. Bref, à la loterie des cancers, il a choisi le bon numéro (pour une fois). Et puis, le traitement n’a pas été très lourd. Une opération et une séance de chimiothérapie. Aujourd’hui, il se porte comme un charme. Et il a gardé ses cheveux (enfin pas tous mais c’est pas la faute de la chimio).

Reste donc, l’azoospermie. Même si la pilule est passée plutôt bien au début, la fille a la gorge qui lui gratouille encore un peu. C’est que la terre entière fait des bébés sauf eux. Les amis, les amis des amis, les amis des amis des amis, leurs cousins au 125° degrés et leurs voisins,  tous font des gosses avec une facilité déconcertante. C’est une conspiration. Un complot mondial. Elle ne peut plus mettre un pied dehors sans tomber sur des gros ventres brandis fièrement (une provocation) et des landaus porteurs de bébés qui gazouillent.

Forcément, un jour on finit par se demander pourquoi. Pourquoi eux? La faute à qui? Pas à Voltaire, c’est entendu. Mais à qui alors? A Pas de chance? A la Vie? Au Destin? Le Karma? La Poisse? Dieu? La fille ne croit pas en Dieu et c’est bien dommage. Parce que sinon elle aurait pointé le ciel d’un geste rageur et gueulé telle une héroïne de tragédie grecque : « Pourquoi, Dieu? Hein? Pourquoi?!!! » Le ciel se serait alors couvert de gros nuages gris menaçants zébrés d’éclairs. Le tonnerre aurait… heu, tonné. Et elle se serait pris une rince sur la gueule en guise de réponse. Genre « ferme-là et rentre chez toi« . Ouaip. Parce que Dieu, faut pas L’emmerder.

Force est de reconnaître que si elle en a voulu (en veut encore) à la terre entière, personne n’y est pour rien. Surtout pas l’homme. Elle arrive même à se dire que quitte à vivre cette épreuve elle est fière de la vivre avec lui. Parce qu’elle l’aime. Parce qu’il est fort (c’est une métaphore parce q ‘en vrai… mais bon, c’est un autre débat), qu’il est intelligent et qu’il n’a pas placé sa virilité dans son froc. Il n’a qu’une couille, pas de spermatozoïdes mais il n’a jamais pensé un quart de seconde que ça enlevait quelque chose à sa virilité. Finalement, il est très équilibré.  Et surtout, il a rendu les choses tellement faciles en acceptant le don. L’amour,  ce n’est pas soluble dans les gènes.

La fille qui se présentait

La fille a 32 ans, elle est en couple avec l’homme, 33 ans, depuis bientôt 10 ans. Et ça fait quatre ans qu’ils essaient d’avoir un gosse.

Il y a deux ans, à l’occasion d’un cancer du testicule, ils apprennent que l’homme est stérile. Azoospermie. Un bien vilain mot qui signifie qu’il ne produit pas de spermatozoïdes. Pourquoi? Personne ne peut le leur dire. Les médecins n’y croient pas beaucoup mais il arrive (rarement) que le cancer bloque la spermatogenèse. Ça pourrait donc revenir spontanément. Mais comme l’homme a eu droit à une séance de chimio (en plus de l’ablation du testicule malade), on leur conseille d’attendre un an pour avoir des résultats fiables. En effet, chimiothérapie et reproduction ne font pas bon ménage. L’homme et la fille étant disciplinés, ils patientent. Et toujours pas de grossesse à l’horizon.

Mai 2009, ils rencontrent enfin un spécialiste de la fertilité à l’hôpital. Il est recommandé par l’oncologue de L’homme. C’est un professeur qui a plus de 20 ans d’expérience. Il est un peu froid au premier abord mais il a l’air de bien savoir de quoi il cause. Il leur explique quels sont les différents traitements possibles, leur efficacité et les effets indésirables. L’homme et la fille repartent avec chacun leur ordonnance pour une multitude d’examens.

En juillet, retour à l’hôpital avec les résultats de leurs examens sous le bras. Ceux de la fille sont normaux (ouf) mais ceux de l’homme confirment son azoospermie. Une biopsie est vaguement envisagée pour essayer de trouver des spermatozoïdes directement à la source mais le Professeur pense que les chances de succès sont minimes. Et comme l’homme s’est déjà vu allégé d’une couille et qu’il existe un risque (rarissime mais pas nul) de nécrose du testicule après cette opération, ils choisissent d’écarter cette solution.

Maintenant il ne leur reste plus beaucoup d’options. Le don de sperme, l’adoption ou renoncer à fonder une famille. C’est le don qui est choisi. Ils souhaitent une grossesse.

Direction le CECOS (centre de conservation des oeufs et des spermatozoïdes) qui par un heureux hasard se trouve être dans le même hôpital que leur centre de PMA. On leur apprend qu’il y a 18 mois d’attente. Glurp ! On est le 1er septembre 2009. Un rapide calcul fait prendre conscience à la fille qu’aucune grossesse n’est envisageable avant mars 2011.

Aujourd’hui, 1/3 de ce délai est passé. Six mois. Autour d’eux, les amis font leur vie, ont des enfants, vont de l’avant. Eux, ils attendent. Ils attendent que la chance leur souris et que se taise enfin ce putain de sentiment d’injustice.

Un jour ils feront parti du club très prisé des Heureux Parents. Un jour ils raconteront à leur (s) enfant (s) son (leur) histoire. Ce long chemin qu’il aura fallu parcourir pour arriver jusqu’à lui (eux). Et même qu’un jour ils se diront que le prix à payer n’était pas si élevé et que ça valait le coup. Ou pas.