OYE OYE BRAVES GENS !

Lecteur, tu ne le sais pas encore mais mercredi 4 septembre 2013 aura lieu un événement de la plus haute importance. Mercredi, moi la fille (Audrey Leblanc de mon vrai nom) et mon amie Audrey Malfione, nous aurons l’honneur de te présenter le fruit de notre dur labeur. Ouais, parce qu’entre deux protocoles (IAC, IAD, FIV ICSI, FIV D, TEC… ne rayez aucune mention), entre deux noyades de chagrin dans l’alcool, entre deux séances de médisance sur Machine (cette pétasse qui tombe enceinte en C2) nous eu avons l’idée lumineuse (on étaient bourrées) de pondre un bouquin sur l’AMP.  Et le plus fou, c’est qu’un éditeur a bien voulu le publier (et pour ce qu’on en sait, il n’était pas bourré, lui).

Voilà, la bête.

Guide de survie à l'usage des couples infertiles, Audrey Leblanc et Audrey Malfione

Guide de survie à l’usage des couples infertiles, Audrey Leblanc et Audrey Malfione

Il est beau, hein? Pour te donner une idée du contenu, voici la 4ème de couverture :

10 à 15%  des couples souhaitant avoir un enfant consultent pour des problèmes d’infertilité.

Et pourtant, qu’est-ce qu’on se sent seul quand on apprend qu’on va devoir recours à la Procréation médicalement assistée (PMA) pour le faire notre môme. Entre les examens intrusifs, le diagnostic qui tombe comme un couperet, la découverte d’un monde ultra-médicalisé où l’humain est parfois oublié, l’incompréhension de l’entourage (qui lui, pond à tour de bras), les traitements qu’il faut mener de front avec sa vie professionnelle, la PMA ressemble à une jungle et nous à des naufragés.

Ce guide illustré se propose donc de défricher pour vous le parcours d’un couple infertile dans ce monde un peu flippant qu’est la PMA. Audrey Malfione (les dessins, c’est elle) et Audrey Leblanc (le texte, c’est elle) abordent avec humour et sans tabous les aspects médicaux, sociaux et psychologiques de l’infertilité. Car, oui, on peut rire même en PMA.

Alors là je sens lecteur que tu te poses tout plein de questions. Je vais donc tacher d’y répondre (non, ne me remercie pas).

Mais où peut-on se procurer cette merveille? 

Dans toutes les bonnes librairies, les grandes surfaces culturelles (Fnac, Cutura…) et bien sûr sur internet (Amazon, Fnac, Decitre et consort).

Combien de sous vais-je devoir débourser pour en faire l’acquisition? 

Mais même pas cher. 12,95 €, c’est limite donné pour un livre illustré (et il n’y a pas que 2 ou 3 dessins pour faire joli).

Ça se lit vite? Parce que moi, la lecture, bof… Et puis, il y a Castle qui reprend bientôt sur la 2…

Oui, ça se lit vite et si tu veux, tu même te contenter de regarder les illustrations, il y en a plein. Et plus, grâce à son petit format (poche), tu peux l’emporter partout y compris dans tes toilettes. Parfait pour occuper ces longs moments en solitaire.

Je ne suis pas infertile, puis-je l’acheter quand même? 

Bien sûr. Tu y es même fortement invité. Tu as forcément quelqu’un de ton entourage qui est concerné par l’infertilité et nous espérons qu’avec ce livre, tu comprendras un peu mieux ce qu’il ou elle vit.

Et si je m’en tape des infertiles? (Je suis la pétasse qui se reproduit en C2) 

Nous, tout ce qui nous intéresse, c’est de toucher le fric à la fin, tu peux toujours l’offrir.

Même à ma belle-mère? 

Heu… oui. Pourquoi tu ne pourrais pas?

Je peux pas l’encadrer, c’est bientôt son anniversaire et je veux lui faire un cadeau bien pourri.

Ha. Alors non, va donc plutôt lui dégoter un vase bien moche dans une brocante. Ou un canevas qui représente des biches.

Je n’ai pas aimé. Puis-je me servir du livre pour caler la table de la cuisine qui est branlante? 

Notre conscience écologique nous pousse à te répondre par l’affirmative (mais ça nous déchire le coeur).  Nous te  suggérons aussi de l’envoyer à la tronche de ta moitié lors de votre prochaine engueulade. Le Guide de survie à l’usage des couples infertiles a la taille idéale pour bien marquer ta profonde exaspération tout en préservant son intégrité faciale. Ainsi la réconciliation n’en sera que meilleure (testé et approuvé par nous-même).

J’ai adoré. Puis-je en parler sur mon blog, sur Facebook, sur Tweeter et à ma  boulangère? 

Bien sûr. Tu peux aussi le caser dans ta bibliothèque, bien en vu entre ton édition originale de l’Education sentimentale de Flaubert et les oeuvres complètes de Nabokov dans La Pléiade.

Je suis pauvre. Puis-je le voler? 

Non, le vol est  sévèrement puni par la loi. Et puis, c’est mal. D’ailleurs, nous aussi, nous sommes pauvres. Pas plus tard qu’hier, nous avons fait les poubelles de Labrousse pour y récupérer des épluchures de légumes moisis. On en a fait la soupe de la semaine (on y ajoute du gravier pour un peu plus de consistance). On a besoin de manger. Acheter le Guide de survie à l’usage de couples infertiles, c’est un peu comme participer à un Audreython. Tu fais une bonne action qui te mènera tout droit au Paradis.

Bon, mais avoue, vous avez couché pour vous faire éditer? Non, parce qu’on le sait, les manuscrits envoyés par La Poste ne sont même pas lus. Faut coucher ou être le fils de, hein, hein, hein? 

Dans la mesure ou nos Papas et nos Mamans sont susceptibles de lire cet article (nos mecs aussi mais eux, ils ne se font plus beaucoup d’illusions sur nous), nous ne souhaitons pas répondre à cette question (sachez qu’effectivement, nous n’avons pas utilisé l’envoi postale). Merci de respecter notre vie privée.

Je suis un liker compulsif, vous avez un compte Facebook?

Mais grave. C’est . Tu peux liker dès aujourd’hui autant que tu veux. En plus tu peux découvrir en avant-première des illustrations et des extraits du livre jusqu’à sa sortie officielle. Le 4 septembre, on t’a dit?

Et vous allez passer chez Ruquier ou chez Ardisson? 

Nous avons envoyé des photos de nous nues à Ardisson et des photos de nos mecs nus à Ruquier, nous attendons les réponses.

Ah ouais, d’accord. Vous allez vous la péter. 

Un peu, mon neveux qu’on va se la péter. Bientôt on boira du Dom Pérignon, on tapera de la coke a et on fera des partouzes avec tout le gratin germanopratin, autant te dire qu’on ne jouera plus dans la même cours que toi, manant. En attendant, on s’est trouvé un petit job sympa et plutôt pas mal payé (le smic), nettoyer les toilettes de la salle municipale de Labrousse mais c’est juste pour passer le temps avant de devenir riches et célèbres.

Si tu as d’autres questions, tu n’hésites pas à les poser en commentaire sur ce blog ou sur la page Facebook du Guide de survie à l’usage des couples infertiles. Pour  les insultes, merci de les adresser directement à notre maison d’édition, JACOB-DUVERNET (Luc, ne nous remerciez pas, c’est de bonne grâce).

Et pour te faire une idée du travail d’illustratrice d’Audrey Malfione, c’est là : www.odrey.fr

P.S. Il est à noter que sur les sites de ventes en lignes du type Amazon, Fnac et consort, le livre est annoncé à 15, 90 € mais c’est une erreur ( en plus, ils ont zappé de mettre mon nom où ils m’ont rebaptiser Alexandra, cette bande de nases) mais le livre sera bien vendu à 12,95 €.

Edit du 31/08 : Le GSUCI est dors-et-déjà disponible sur internet, au bon prix (12,95€ ou 12,30€ avec les 5% de réduction) mais en rupture de stock chez Amazon (ouais, on va être riches !). Sa sortie en librairie reste prévue pour le 4 Septembre. Un grand merci de notre part à Audrey Malfione et moi pour votre accueil ici ou sur Facebook. Et souvenez-vous, si vous aimez le livre, tout le mérite nous en revient, dans le cas contraire tout est de la faute de notre éditeur.

C’est la lutteuuuuh finaaaaaleuuuuuuuuuh

Lecteur, si tu es infertile, il t’arrive peut-être de t’énerver tout seul devant ta télé quand le sujet de l’AMP et de façon générale de l’infertilité (qui ne mène pas forcément en AMP) est abordé. Tu tu dis sans doute « mais c’est qui tout ces cons qui parlent sans savoir et qui s’expriment à notre place à nous les infertiles ! » (oui, lecteur, tu es un peu vulgaire).

Le collectif B-AMP pense que plutôt que de s’énerver tout seul dans notre coin, on pourrait le faire tous ensemble (tous ensemble, hey, hey) et faire entendre notre voix auprès des autorités compétentes afin d’améliorer la qualité des soins et l’écoute des couples infertiles engagés dans un parcours d’AMP.

B-AMP, c’est pour Blog-Assistance Médicale à la Procréation.

Non, ne t’enfuis pas lecteur non blogueur.  Le collectif concerne tout ceux et toutes celles qui se sentent concernés qu’ils soient hommes ou femmes, qu’ils bloguent ou pas. j’ai même  envie de te dire que même  si tu es fertile (veinard) mais que tu souhaite apporter ton aide et ton soutien, le collectif est aussi pour toi.

Contrairement à ce que la fille a pu lire sur la blogosphère (parfois), le but premier du collectif n’est pas d’échanger et de soutenir les uns les autres (ça en fait partie bien sûr), non sa vocation c’est vraiment de revendiquer. Parce que si nous, patients, on reste dans notre coin à pleurer que l’AMP en France, c’est tout nul, rien ne changera. Et parce que j’aime mon pays (ouais, t’as vu? la fille peut parler d’elle à la  première personne du singulier), et parce que je suis attachée au fait que les soins y compris ceux concernant l’infertilité soient accessibles au plus grand nombre quels que soient leurs revenus mais aussi parce que je reste lucide sur le fait de l’AMP française ne va pas très bien et qu’il y a plein de choses à améliorer (et qui parfois ne coûteraient pas un sous à la sécu), je dis prenons la parole et tapons du point sur la table quand c’est nécessaire.

Indignez-vous qu’il disait Stéphane Hessel. Et après il a dit Engagez-vous (et après il est mort mais il n’y a pas de lien de cause à effet, c’est juste qu’il était vieux).

Voilà, tu sais tout lecteur. On dit merci à Froggy, Irouwen et Kaymet d’avoir fait naître le collectif. Et on va voir ici le  blog du collectif.

Une dernière chose et après, je te fiche la paix : collectif, ça veut dire collectif. A partir du moment où tu le rejoins,  ta voix vaut autant que celle de n’importe quelle autre membre du collectif. Les décisions seront prises de façon collégiale.

Ayé, tu peux reprendre une activité normale.

Le gynécologue, un ami qui vous veut du bien

Lectrice (lecteur tu es moins concerné mais lis quand même, se culturer c’est important), tu en as croisé souvent. Et pourtant il reste un mystère. Qu’est-ce qui peut bien pousser un être humain à vouloir passer ses journées la tête entre des cuisses féminines à farfouiller dans des vagins (à  part DSK ou les acteurs porno, je veux dire)? Et d’ailleurs, le gynécologue est-il seulement humain?

A première vue, il nous ressemble. Si tu lui enlève sa blouse blanche et son spéculum, il pourrait tout aussi bien être ta voisine Henriette ou le sosie de Laurent Delahousse (si ton gynécologue est le sosie de Laurent Delahousse, la fille veut bien que tu lui files ses coordonnées). Il a deux bras, deux jambes et parfois une paire de lunettes. Bref, il a l’air normal. Sauf que lui, il a fait au minimum 11 ans d’études. Rien que ça, c’est suspect. On pourrait penser qu’un CAP Boucherie suffirait mais en fait le gynécologue est avant tout un médecin. Les gens normaux, eux, sont comptables ou transformistes chez Michou. A la rigueur, kinésithérapeutes.  Il faut être passablement dégénéré pour se lancer dans des études de médecine. Et à fortiori pour se spécialiser dans la foufoune et les nichons.

Des études très sérieuses, scientifiquement validées par la fille qui a bac -12, ont démontré que le gynécologue est un pervers polymorphe qui a réussi dans la vie. Enfant, il disséquait des animaux et il a eu son premier orgasme en regardant un épisode de Il était une fois la vie. Adulte, il joue au golf, passe ses vacances aux Bahamas, participe à des congrès sur la prévention des Chlamydia avec d’autres gynécologues et tous ensemble ils font des blagues à base de cyprine et d’endocol qu’eux seuls peuvent comprendre (les sages-femmes se marrent avec les périnées, chacun son truc).   Assez souvent, le gynécologue est une femme, ce qui prouve que la perversion n’est pas l’apanage des hommes.

Mais observons-le d’un peu plus près. On remarque qu’il se divise en différentes variétés (comme la mâche qui est une variété de salade à la différence qu’on n’assaisonne pas son gynécologue avec de l’huile de noix et du vinaigre balsamique) (encore que ça pourrait être marrant). Étudions-les de ce pas.

La Brute Epaisse. Il n’est pas foncièrement méchant. Il a juste zappé le cours en fac de médecine où  on expliquait que le morceau de chaire autours de l’utérus est un être humain pourvu de récepteurs nociceptifs. Ça tombait pendant le bizutage, pas de bol. Généralement, quand La Brute entreprend de te faire un touché vaginal, tu réclames une anesthésie générale, quand il te fait une échographie endo-vaginale, tu pleures ta mère, et quand il te tâte les seins, tu veux devenir un mec. Les frottis? tu ne t’en souviens pas, tu as tourné de l’oeil juste avant.

Le Paternaliste. Il te parle comme si tu avais 4 ans 1/2. Il te fait penser à Jacques Martin du temps où il présentait l’Ecole des Fans. Tu es tentée de lui faire remarquer que tu es majeure et vaccinée et qu’il peut donc s’adressait à toi normalement mais tu as peur de te faire gronder. Au moins, il t’explique bien ce qu’il fait. « Attention, je vais mettre le gentil spéculum dans ton joli vagin. Surtout n’es pas peur, ça fait pas bobo. C’est bien, tu es été très courageuse. » L’arnaque c’est qu’à la fin de la consultation, il ne te file pas même pas de sucette (par contre, il prend volontiers ton chèque).

Le Congélateur. Il est froid. Bon Dieu, qu’il est froid. Certaines affirment qu’elles l’ont vu sourire en 1973. Tu n’y crois pas, encore une légende urbaine. C’est bien simple, quand tu vas le voir, tu entres en hypothermie direct. Tu te demandes ce qu’il se passerait s’il croisait ton regard, peut-être qu’il te changerait en statut de glace. Heureusement, ça n’arrive jamais.

Le Bisounours. Avec lui, tout est « merveilleux », « formidable », « superbe », « splendide », « excellent ». Au début, tu trouvais ça réconfortant tout cet enthousiasme. Il est chaleureux, on ne peut pas lui enlever ça. Tu as quand même fini par trouver son optimisme pénible quand il t’a affirmé que la prochaine serait la bonne après l’échec de ta quatrième FIV.

Le Marchand de Tapis. Tu veux un gosse? Il peut t’en faire quatre. Tes trompes bouchées? Ton insuffisance ovarienne? La quasi-azoospermie de ton mec? Pas un problème. « Non, madame, je peux vous affirmer que vous n’aurez pas besoin de passer par le  don de gamètes ou l’adoption. D’ailleurs, on va commencer par des IAC sur cycles spontanés. Commencez à regarder les poussettes doubles. Ça fera 300 €. »

La Star. Il  passe plus de temps sur le plateau des Maternelles que dans son cabinet, il a les dents blanches, il est bronzé même en plein Novembre. C’est trois mois au bas mot pour obtenir un rendez-vous en urgence et ça te coûte un demi-salaire en dépassement d’honoraires. Sinon, il est sympa, il t’appelle Brigitte. Tu t’appelles Nicole mais qu’importe, il  parait qu’il a mis au monde les enfants de Monica Bellucci. Du coup, t’as un peu l’impression d’être une star toi aussi.

Le Misogyne. Il déteste les femmes, il les méprise, il les conchie. Il n’y a qu’une seule explication au fait qu’il ait choisi ce métier : il veut leur faire payer. Quoi, tu ne sais pas mais tu paieras toi aussi. Il faut que tu saches que tout est de ta faute. Tout. L’infertilité de ton mec, tes fausses-couches à répétitions, ton utérus contractile et la misère dans le monde. Tu n’es qu’une petite chose geignarde et inutile. Limite, on devrait lui filer la médaille du mérite pour consentir à te soigner.

L’Etourdi. Il te demande comment vont les enfants alors que tu le vois parce que, justement, tu n’arrives pas à en avoir. Il te propose une contraception alors tu es enceinte. Il s’inquiète de savoir si tes règles sont régulières alors que tu n’as plus d’utérus. Ça 10 ans qu’il te suis et rien à faire, il ne se souvient jamais de toi. Tu veux bien comprendre qu’il voit  beaucoup de patientes et qu’il ne peut pas se souvenir de toutes mais tout de même, il pourrait au moins lire ton dossier avant de te recevoir. Ça lui aurait évité de te demander comment se passait la grossesse alors qu’il t’a fait un curetage le  mois dernier.

Le Grand Ponte. Dieu, c’est Lui. En toute modestie, bien sûr. D’ailleurs, Il n’est pas un vulgaire Docteur. Non, Lui, c’est un Professeur. UN PROFESSEUR, bordel de merde. Tu ne sais pas ce qui Lui vaut ce titre mais à n’enpas douté, c’est mérité. Quand Il passe en coup de vent, drapé dans Sa blanche blouse, dans les couloirs de l’hôpital, le personnel soignant Lui fait la révérence. Une fois, une secrétaire s’est défenestrée parce qu’Il lui a fait remarquer qu’elle avait oublié de mettre du sucre dans Son café. Il est tellement fort qu’Il peut te guérir de ton cancer du col de l’utérus rien qu’en te regardant. Quand Il te sert la main pour te dire bonjour, tu ne la laves plus pendant un mois. Tu as déjà écrit plusieurs fois au Vatican pour les  prévenir que le Messie était revenu et qu’Il est gynécologue. Ils ne t’ont jamais répondu. Les cons.

L’Empathique. Il t’accueille en te souriant. Il te demande comment ça va et,  truc de dingue, il écoute ta réponse. IL t’explique pourquoi il envisage tel examen, pourquoi il choisi tel traitement. Il répond à tes questions, il te regarde dans les yeux. Il est doux pendant l’examen et te demande de le prévenir si tu as mal. Il respecte ta pudeur, il a prévu un paravent pour que tu puisses te déshabiller et te rhabiller tranquillement. Il t’expose les faits sans jamais chercher à les minimiser où à dramatiser. Il parait qu’il existe. Bon, ben, tu vas continuer à chercher alors. Une chose est certaine, c’est que le jour où tu le trouves, tu ne le lâches pas.

Il existe sans doute d’autre variétés de gynécologues mais la fille est trop fatiguée pour les aborder aujourd’hui (tu connais toutes les variétés de salades, toi?). La tâche est d’autant plus compliquée qu’un seul de ces individus peut parfois appartenir à plusieurs de ces espèces. Nous, femmes infertiles qui le fréquentons assidûment, on le déteste souvent. Impossible de s’en débarrasser. Tout comme le morpions, il s’accroche à nos poils pubiens. On pourrait croire qu’une épilation intégrale suffirait à l’éloigner mais même pas. Le plus terrible, c’est qu’on a besoin de lui (preuve que dans une vie antérieure on a du faire des choses pas jolies, jolies).

(Wouah, deux billets dans la même semaine, c’est le teuf! Ne t’emballes pas, lecteur, c’est un vieux billet que la fille ressort pour que tu te prépares psychologiquement et en douceur à sa non présence blogospérique.)

La fille qui a l’air de bien le prendre

Quand, la biopsie a révélée un adénocarcinome  de l’endocol in situ, le Dr Colpo a dit « C’est bien, vous avez l’air de bien le prendre. »

Quand après le succès de FIV 1, la fille est retourné dans son centre PMA parce que ses dosages B-HCG étaient pas bons du tout, l’infirmière qui lui prélevait du sang a dit « C’est bien, vous avez l’air de bien le prendre. »

Quand quelques instant plus tard, la gynécologue lui a dit qu’on ne voyait rien dans son utérus, qu’on voyait par contre un truc dans son ovaire droit et qu’elle penchait sérieusement pour une grossesse extra-utérine, elle a conclut par « C’est bien, vous avez l’air de bien le prendre. »

Quand après plusieurs jours, prises de sang et échographies, le médecin à  dit qu’on interromprait très probablement la grossesse la fois suivante, l’interne lui a dit « C’est bien, vous avez l’air de bien le  prendre. »

Quand moins de deux semaines plus tard, il a été constaté que la grossesse qui avait été miraculeusement jugée évolutive, s’était arrêtée, la gynécologue leur a dit « C’est bien vous avez l’air de bien le  prendre. »

Quand, le même jour, on lui a expliqué que la fausse-couche allait être provoquée par des médicaments, l’interne lui  a dit « C’est bien, vous avez l’air de bien le prendre. »

Quand la fille a avalé ses comprimés de Cytotec, l’infirmière a dit « C’est bien vous, avez l’air de bien le prendre. »

Et c’est vrai qu’elle doit avoir l’air de l’avoir bien pris  étant donné que 1) elle ne pleurait pas, 2) elle était même capable de faire deux ou trois blagues foireuses, 3) au pire elle haussait les épaules en disant « C’est comme ça » (ce qui avouons-le est assez vrai vu que c’est pas autrement). Le truc de la fille c’est qu’en règle générale, elle attend d’être seule avec elle-même ou avec l’homme  pour s’effondrer (quand elle s’effondre ce qui n’est pas non plus systématique). Même chez sa psy, elle ne pleure pas ce qui fait d’ailleurs dire à celle-ci que la fille se contient trop (et que c’est pas bon). Faut dire que la fille est capable de lui raconter les pires horreurs de son histoire familiales et sa vie (il y en a quelques unes) en se marrant pendant que la psy s’enfonce dans son fauteuil en ponctuant son récit de « bon sang, mais c’est pas vrai« .

Pour autant, non, la fille n’a pas bien pris les évènements négatifs qui ont émaillés l’année 2012 (ni ceux qui ont émaillés les années d’avant) (c’est pour ça qu’elle est allée voir la psy). Mais bon, l’un dans l’autre, l’homme et la fille sont vivants, en bonne santé (l’homme devrait d’ailleurs être bientôt considéré comme guérit de son cancer) et toujours aussi heureux d’être l’un avec l’autre (et l’un dans l’autre) (okay, elle était facile celle-là). Bref, ça pourrait quand même  aller plus mal. Et puis, objectivement, il reste 3 TEC et 3 FIV avant de clore définitivement le chapitre « Et si on se reproduisait? ».

Honnêtement, la fille doute sérieusement d’aller au bout des 3 FIV parce que ça commence a bien lui peser cette histoire. Cette année, d’ailleurs, elle a décidé de revoir ses priorités. Faire des gosses, c’est bien, ne pas s’oublier pour les faire, c’est mieux. Toutes ces décisions, petites ou grandes, que la fille reportait parce que peut-être elle serait enceinte, elle ne les reportera plus. Sans quoi, elle risque de perdre sur tous les fronts. Et elle ne veut surtout pas se retrouver dans deux ans sans enfants, pas de boulot ou avec un boulot qu’elle déteste et un homme qui en a marre de la porter à bout de bras.

Donc cette année, la fille se bouge le cul et pis c’est tout. Elle met en branle tout un tas de projets et on verra bien ce qui en résultera. Il en résultera forcément quelque chose.

La fille qui relisait l’intégral des Rougon-Macquart

Hier, la fille a passé son deuxième  contrôle. Pas de Professeur pour lui faire son écho mais une interne qui s’est contenté de dire « c’est bien, vos follicules poussent de façon homogène, c’est bon signe. » La fille demande s’ils sont toujours onze et l’interne lui répond qu’elle en a vu 4 ou 5 de chaque côté. La fille n’en saura pas plus. Pas de nouvelle de son endomètre. Mais ne dit-on pas pas de nouvelles, bonne nouvelle? Bref, la fille doit continuer son traitement sans rien changer et revenir le mercredi pour un dernier monitorage. Ensuite, elle rencontre Natacha pour sa prise de sang. Natacha est aussi sympa que Paulette et comme cette dernière, elle lui a défoncé le bras (« elles sont fragiles vos veines »). Aïe.

Dans l’après-midi, l’hôpital appelle la fille. Ses dosages sont élevés, elle  doit revenir le lendemain pour faire son monitorage. Soit ce matin. Et ce matin, c’était bien parce que la gynécologue (encore une nouvelle tête) était accompagné d’un étudiant (c’est un hôpital universitaire, là où elle est suivie), elle lui a tout bien expliqué. La fille a ainsi vu son endomètre à l’écho. Et la doc a dit qu’il était de 9 mm et de catégorie A. La classe quoi. Il y a toujours 11 follicules mais il y en a un à la traîne (10 mm, le naze). Les autres font entre 15 et 19 mm. Le plus gros est rétro-utérin (et hop, la fille apprend des nouveaux mots), c’est-à-dire qu’il planqué derrière l’utérus. Ensuite, elle a retrouvé Paulette pour la prise de sang. Toujours aussi chouette. Comme le bras gauche a un peu été pris d’assaut des derniers jours, elle a tenté de piquer la fille dans le droit. Sauf que dans le bras droit, la fille a une veine inviolable. Impossible d’y planter une aiguille, elle roule. Paulette a insisté, a fini par l’avoir mais le sang ne coulait pas. Vaincue, elle est revenue au bras gauche. Encore une fois, la fille est repartie avec pansement à chaque bras (et le bleu qui va avec).

Résultats des courses, ce soir, la fille fait comme d’habitude mais elle déclenche demain soir à 21h30 pour une ponction vendredi matin.

La fille qui avait passé son premier contrôle

Vendredi 21 septembre 2012

5h00 : Le réveil sonne. La fille sort péniblement une main de dessous la couette. Putain, il pèle alors que sous la couette, on est si  bien. Elle ouvre l’oeil gauche puis le referme.

5h05 : Le réveil re-sonne.  La fille sort péniblement une main de dessous la couette. Putain, il pèle alors que sous la couette, on est si  bien. Elle ouvre l’oeil droit puis le referme.

5h10 : Le réveil re-sonne.  La fille sort péniblement une main de dessous la couette. Putain, il pèle alors que sous la couette, on est si  bien. Elle ouvre les deux yeux puis les referme.

5h15 : Le réveil re-sonne.  La fille sort péniblement une main de dessous la couette. Putain, il pèle alors que sous la couette, on est si  bien. Elle ouvre les deux yeux puis s’éjecte du lit.

5h20 : La fille est sous la douche. Elle se lave le visage et trouve que ça sent pas comme d’habitude. Normal, elle vient de se tartiner la face de gel pour la toilette intime. Imperturbable (à 5h du mat, rien ne peut perturber la fille) elle continue de se doucher et se lave la fouffe avec son shampoing spécial cheveux gras. C’était pas voulu mais au moins ses poils pubiens sentiront bon.

5h40 : Elle boit un thé pour accompagner son acide folique. Elle ne mange rien parce que Paulette a dit qu’elle devait rester à jeun. La fille regarde le chat bouffer ses croquettes.

5h55 : Elle cherche dans les affaires d’hiver une écharpe puis se ravise. Finalement, elle choisit un foulard.

6h00 : Elle quitte la maison. Il pèle. Elle se dit qu’elle aurait peut-être due prendre son écharpe. Trop tard.

6h24 : La fille grimpe dans le train avec la France qui se lève tôt. Elle est nombreuse cette France-là. Et plutôt d’en bas.

6h50 : Arrivée en gare de Paris. Elle s’engouffre dans le  métro. Dans un couloir, elle aperçoit une merde humaine (ceci n’est pas une image). Ligne 3, une femme qui n’a jamais du prendre de douche de sa vie entre dans la rame en hurlant. « Haaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa!!!! ». Elle pense à PMgirl qui préfère le métro au bus. Là, elle avoue qu’elle comprend pas pourquoi.

7h15 : La fille arrive à  l’hôpital. Direction le deuxième étage. Elle inscrit son nom sur la feuille de présence à coté de l’ascenseur comme le lui a bien expliqué Paulette. La salle d’attente est déjà prise d’assaut. Elle trouve un siège vide dans un coin et sort son roman( Expiation de Ian McEwan). A sa droite une femme lit Closer, à sa gauche une autre lit Glamour.

7h30 : Elle entend une voix qu’elle connait…  Non, c’est pas vrai! C’est Lui. Le Professeur! Son Professeur! Elle se félicite intérieurement d’avoir soigné son épilation du maillot comme elle le Lui avait promis.

7h42 : … Ce qu’elle refusait, c’était le « puisque c’est toi ». Elle ne jouait pas Arabella parce qu’elle était l’auteur de la pièce, mais parce que aucune autre possibilité ne lui avait traversé l’esprit, parce que c’était ainsi que Léon devait la voir, parce qu’elle était Arabella. (p. 29)

7h52 : La fille a envie d’aller aux toilettes. Elle se demande si elle ne risque pas d’être appelée pendant qu’elle urine. Elle regarde la salle d’attente. Ça n’avance pas très vite. Elle décide qu’elle a le temps.

8h12 : … changer de robe ce matin. Elle se disait qu’elle devrait, comme Lola, soigner davantage son apparence. Il était puéril de ne pas le faire. Mais quel effort cela représentait ! Le silence lui sifflait aux oreilles et sa vison… (p.55)

8h 26 : … les symboles télépathiques s’accumuler, se dérouler au bout de sa plume. Elle pourrait écrire trois fois la même scène, trois points de vue différents ; son enthousiasme… (p.62)

8h 39 : … ce qui était agréable – en fait, en dehors de la chambre de Briony… La fille L’entend qui l’appelle. Elle range son livre dans son sac et se dirige vers Lui. Elle Lui fait un grand sourire et Lui tend sa main pour Lui dire bonjour. Et incroyable, Il la Lui serre (une vraie poignée de main pas comme l’autre chiffe-molle d‘anesthésiste). Derrière Le Professeur, la fille distingue un tout jeune homme dont elle suppose qu’il est étudiant. Le Professeur n’estime pas nécessaire de le lui présenter. Tout ce beau monde s’engouffre dans la salle d’échographie. La fille se demande si elle ne risque pas d’être poursuivie pour attentat à la pudeur si elle se déshabille devant le jeune homme. Est-il seulement majeur? Au vue de tous les sexes féminins qu’il a du apercevoir depuis 7h00 du matin, elle peut y aller tranquille. Le Professeur demande à la fille (Mon Dieu, Il me parle!) comment elle supporte le traitement. Bien. Elle grimpant sur la table d’examen, elle est tout émotionnée. C’est la première fois qu’elle va Lui montrer son dedans de elle. Il insère délicatement la sonde et commente ce qu’Il voit à l’image. « Alors ça,  vous voyez, c’est votre utérus ».  Si Tu le dis. La fille ne voit qu’un flou gris. « Là, c’est votre endomètre. Il fait 7 mm ». Ha. « Et là, c’est votre ovaire droit. Il y a 7 follicules mais ils sont tout petits. C’est normal, c’est le début. » 16 jours de piqûres, Tu parles d’un début.  « On va regarder l’ovaire gauche. Il est là. Il y a quatre follicules. Ça nous fait 11 follicules entre 7 et 8 mm. » La fille s’attend à un commentaire du type « c’est bien » mais rien. Ça la change du Dr B qui pouvait entrer en transe rien qu’en regardant sa glaire cervicale. Pendant ce temps, l’étudiant est resté assis sur une chaise et n’a pas ouvert la bouche une fois. C’est normal, c’est pas tous les jours qu’il doit voir des dedans de soi aussi beaux. Le Professeur, Lui aussi doit être impressionné mais Il a une rôle à tenir, celui du médecin blasé qui a vu plus de vagins dans sa vie que Casanova. Pendant que la fille se rhabille, Il lui dit qu’Il pense qu’elle peut continuer le traitement aux mêmes dosages et revenir Lundi faire un autre contrôle. Si jamais en recevant les résultats de sa prise de sang, ils estiment qu’il faut changer le protocole, ils l’appelleront. Il la raccompagne à la porte (suivi de l’étudiant) et là, elle voit Sa bouche s’étirer sur les côtés en un rictus étrange. La fille cligne des yeux. Non, elle ne rêve pas, Il lui sourit. Bon, c’est pas un sourire franc et massif mais putain, c’est un sourire quand même ! Et quand Il lui souhaite une bonne journée, elle est à deux doigts de défaillir.

8h45 : La fille retourne en salle d’attente le coeur battant. Merde, Le Professeur a presque été aimable. Comment est-ce possible?  Un effet de sa magnificence utérine? Ou est-Il tout simplement humain? La fille reprend sa lecture.

8h53 : ... Le lancement de Rainbow Amo avait été un triomphe mais seulement après quelques sérieux soucis de distributions, désormais... (p.73)

9h11 : … les accablait. La tristesse d’être loin de chez eux les saisit lorsque Pierrot annonçât qu’il avait faim – ils ne dîneraient pas avant plusieurs heures, et il serait inconvenant de … (p.82)

9h24 : … elle pensa aux rails brûlants qui amenaient… On appelle la fille pour sa prise de sang. Ce coup-ci ce n’est pas Paulette mais Petula. Sympa mais moins chouette que Paulette. Elle vérifie l’identité de la fille, remplie des papiers, demande à la fille de vérifier que c’est bien son nom et sa date de naissance qui sont inscrits sur les étiquettes (la fille vérifie, c’est bon) et demande si c’est bien pour une FIV avec sperme de donneur que la fille est là. Oui. La fille s’installe sur la fauteuil et lui tend son bras. Petula prépare le nombre de tubes nécessaires (cinq) pour la prise de sang. Elle lui demande si la fille est du genre à tomber dans les paumes. Non, ça n’est jamais arrivé. « Et vous avez bien mangez ce matin? ».  » Ha bah non, on m’a demandé de venir a jeun. »  » Qui vous a demandé ça? »  » Paulette et ça a été confirmé par mail. J’ai juste bu un thé. »  » Mais c’est une FIV avec sperme de conjoint ou avec donneur que vous faites? » Elle se demande ce que ça a à voir avec son dosage hormonal.  » De donneur. »  » Ha. Alors il faut deux tubes de plus. » Un peu plus et Petula oubliait. Elle se lance et pique la fille. Sauf qu’aucun sang de sort. « Je comprend pas, je devrais être dans la veine. » Il fait croire que non. Petula trifouille le bras de la fille. Rien à faire. « Je suis désolée mais va falloir que je vous pique dans l’autre bras, je ne trouve pas la veine. C’est bizarre, ça ne m’arrive jamais. » C’est la bien la veine de la fille ça (haha). Elle  lui tend l’autre bras (celui que Paulette lui avait explosait deux semaines plus tôt et dont elle garde encore les stigmates). Cette fois-ci Petula trouve la veine. Alléluia.

9h32 : La fille, un pansement sur chaque bras, descend au CECOS pour leur filer ses sérologies et celles de l’homme. Ça faisait longtemps qu’elle ne s’y était pas rendu et quand elle ouvre la porte du service, elle croit s’être trompé tellement ça ne ressemble pas à son souvenir. A sa gauche, une salle d’attente remplie d’hommes lui fait se dire qu’elle doit être au bon endroit. Elle est tellement paumée qu’elle doit demander à une infirmière où  est le secrétariat du CECOS. Le Goulag n’est pas à son bureau, c’est une autre secrétaire qui est là. La fille lui explique qu’elle ramène des résultats d’examens. La dame lui demande son nom. La fille. « Et celui de votre conjoint? ». L’homme. « Ha oui, l’homme, on connait bien ! » La fille se demande pourquoi?  Il a pris un abonnement ou quoi? C’est elle qui les harcèle au téléphone pourtant. Si ça se trouve, c’est à cause de son nom. Il a un nom belge (ce qui s’explique par le fait qu’il est belge) en De Quelquechose. Souvent les gens pensent que c’est un nom à particule alors qu’en flamand, ça veut dire  le meunier ou un truc dans le genre. Le CECOS s’imagine peut-être avoir un noble parmi ses patients.

9h38 : La fille sort de l’hôpital. Elle y retourne lundi. Youpi.

P.S : Plume Qui Enfante fait un sondage sur l’infertilité masculine. Donc si vous avez un homme OATS  (s’il n’est que O ou que A ou que T, ça marche aussi) et que vous avez réussi à faire un enfant avec lui (peut importe comment) venez le dire ici. Si vous avez un homme azoospermique, vous n’êtes pas concernée.

La fille qui entamait la phase 2 de la FIV

Lundi dernier, la fille s’est rendue à l’hôpital pour rencontrer l’anesthésiste du service AMP. C’était la première fois qu’elle pénétrait dans ce coin de l’hôpital (étage 2). Jusqu’à présent elle s’était toujours rendue dans le bureau du Professeur (étage 4 ou 5, elle ne sait plus) et au CECOS (à  la cave juste après la PMI). La fille avait rendez-vous à 14h, elle s’est donc présenté à l’accueil à… 14h. La secrétaire (très aimable, pas comme celle du CECOS) l’informe que le Dr Sommeil est parti prendre un café en l’attendant. La fille s’installe en salle d’attente persuadée qu’il ne va pas tarder.

Naïve, la fille.

Le Dr Sommeil, il a du le torréfier lui-même son café (Hey, Gringos, il est bon mon café) parce qu’il s’est pointé comme une fleur avec une heure de retard. A moins qu’il n’est rencontré Anne-Sophie, la nouvelle externe du service urologie et qu’il se soit mis en devoir de lui expliquer toute les subtilités de la spécialité d’anesthésie-réanimation, un bien beau métier. Anne-Sophie étant très bonne ouverte, elle a été ravie de pouvoir discuter avec un futur  coup confrère et ensemble ils ont convenu qu’un jour ils bosseraient ensemble (« Anne-Sophie, je rêverais de vous voir nue pratiquer une biopsie testiculaire pendant que je m’occupe de l’anesthésie du connard patient »).

La fille trouve qu’on devrait mentir systématiquement aux patients en cas de retard du médecin. « le Dr Sommeil vient d’être appelé pour une urgence, il viendra dès que possible », c’est très crédible et ça calme tout le monde. Ça te fais chier de poireauter mais t’oses pas râler parce qui t’imagines ton Dr Sommeil à califourchon sur une femme inanimée pratiquant un vigoureux massage cardiaque  en gueulant « Je veux qu’on lui fasse NFS, chimie, iono et apportez-moi le défibrillateur, merde!!! » (la fille a vu tous les épisodes d’Urgence). Quand il arrive enfin (échevelé et le souffle court), il a l’aura des héros et te dit tranquillement « excusez-mon retard, j’ai du réanimer une femme qui a fait une hyperstimulation sévère. Alors vous venez pour une première FIV? Vous verrez, ça va bien se passer. »

En vrai, le Dr Sommeil s’est pointé avec sa gueule de jeune premier (de l’avis de la fille, il a du avoir son bac la semaine dernière), sans s’excuser (alors que même pas, il sauvait des vies, il était juste en train de draguer Anne-Sophie) et lui a tendu une main moite et molle que la fille a serré avec une pointe de dégoût (autant te dire que ce type galvaude totalement l’expression « se serrer la main ». Lui, il tend la sienne et c’est à toi de faire tout le boulot). On avait demandé à la fille de remplir un questionnaire détaillé sur ses antécédents médicaux en vue de cette consultation qu’il n’a même pas récupéré, il a posé deux-trois questions histoire de dire qu’il a pas eu son diplôme dans une pochette surprise, lui a demandé d’ouvrir grand la bouche et de tirer la langue (limite, ça gène plus la fille que de montrer son dedans de elle, question d’habitude sans doute) et ce fut tout. Une heure d’attente, cinq minutes de consultation.

Heureusement, la fille devait aussi rencontrer les sages-femmes du centre d’AMP. Et ce fut Paulette qui l’a reçue. Paulette est très sympa, elle a répondu à toutes les questions de la fille concernant la FIV, lui a donné deux trois tuyaux (il faut toujours purger le stylo de Gonal quand on l’entame, ne pas se pratiquer les injections de Déca et de Gonal du même côté, etc.), puis elle a fait une prise de sang à la fille. Parce que la fille a été recrutée pour participer à une étude sur les facteurs de coagulations chez les femmes pendant leur stimulations ovariennes (ils essaient de voir s’ils peuvent prédire quelles seront les femmes à risque d’embolie et de phlébite pendant leur grossesse). Pour la fille, ça ne change pas grand chose. Quand elle ira faire ses contrôle à l’hôpital en plus du prélèvement sanguin pour le dosage hormonal, il lui prendront deux tubes en plus pour leur recherche. Paulette a dit que « le seul truc c’est que vous devrez faire votre premier test de grossesse ici. Mais les deux suivant vous pourrez les faire dans votre laboratoire près de chez vous. » La fille a aimé l’optimisme de Paulette. Il n’y aura plusieurs tests de grossesse que si le premier est positif. Le fait qu’elle utilise le futur plutôt que le conditionnel lui a mis du baume au coeur. Et même si son bras lui a fait un mal de chien pendant 3 jours et que le lendemain elle a eu un bleu (qui aujourd’hui est devenu jaune) de 10 cm de long là où Paulette l’a piquée (oui, elle a mesuré), la fille l’aime.

D’autant plus que Paulette a enfreint la loi pour aider la fille. Lorsque le CECOS a rappelé la fille (avec deux semaines de retard) pour lui dire qu’il y avait bien des paillettes de disponibles, ils en ont profité pour leur demander de refaire leurs sérologies (les siennes et celles de l’homme). Un truc du CECOS, c’est qu’en plus de ne jamais répondre au téléphone, ils aiment bien te demander de refaire des examens mais démerdes-toi pour les ordonnances. La fille en a touché un mot à Paulette, espérant que le Professeur pourrait les lui faire. Sauf que le Professeur n’était pas disponible (le lundi, il doit jouer au golf avec le chef de service du service d’oncologie*). N’écoutant que son courage, Paulette a imprimé deux ordonnances censément rédigées par le Professeur et les a signé elle-même en disant « Houlala, je vais aller en prison. J’imite la signature du grand patron. » Ça, c’est du dévouement.

A noter que quand la fille s’est rendu dans son laboratoire  Labroussien pour faire son dosage hormonal post-blocage des ovaires, elle en a profité pour faire ses sérologies. Elle a donc présenté ses deux ordonnances, celle pour le dosage hormonal signée par le Professeur et celle des sérologies signée par Paulettes. Ca n’a pas eu l’aire de perturber la secrétaire que le même médecin ait deux signatures différentes. Comme quoi, ça doit être assez simple de falsifier une ordonnance (mais ne le fait pas lecteur, c’est très mal, encore pire que le téléchargement illégal).

Au final, les ovaires de la fille sont bien bloquées et depuis samedi, elle a attaqué la stimulation au Gonal-f. La fille voudrait te dire à quel point c’est de la joie  et de la simplicité de se piquer avec un stylo pré-rempli mais comme elle doit continuer le Décapeptyl, son bonheur est nettement amoindri par ce dernier. Enfin, elle ne va pas se plaindre elle n’a pas de bleus et pas d’effets secondaires (à part les ovaires qui tirent un peu depuis le début de la stim). C’est d’ailleurs assez bizarre de les sentir à ce point. C’est vrai quoi, en temps normal, ses ovaires, la fille se rappelle qu’ils existent quand elle ovule (et encore, pas toujours) mais sinon, elle les oublie. Comme sa rate en somme (à la différence près que la rate n’ovule pas). Ben là, elle ne peut plus les ignorer. Ils ne lui font pas mal mais elle a l’impression qu’ils pèsent une tonne chacun. Les pauvres, ils ont pas l’habitude de bosser autant.

Vendredi, la fille retourne à l’hôpital pour son premier contrôle. Affaire à suivre donc…

*Tu noteras que la fille est pleine de préjuger sur la vie des médecins. Elle les imagine tous jouant au golf ou se prélassant sur une plage de sable blanc mais c’est pour rire. En vrai, elle pense que le Professeur, quand il ne professe pas ou qu’il ne ponctionne pas des ovaires, il va dormir dans une des cuve d’azote liquide du CECOS. Elle pense que la photo des deux gamins qu’elle a vu dans son bureau une fois, c’est juste pour lui donner un air vaguement normal. Il a du la découper dans un catalogue La Redoute mais la fille n’est pas dupe. De toute façon, le Professeur n’est pas humain (un peu comme les vampires mais en nettement moins sexy qu’Eric de True Blood)(dommage).

La fille qui tentait de concilier vie sociale et injections de Décapeptyl

Depuis mercredi dernier, la fille redécouvre les joies du l’auto-injection avec un tout nouveau produit (pour elle), le Décapeptyl. Chaque soir, elle fait sa petite popote sur la table de la cuisine. Pour se faire, elle réunit tout son matos comme sur la photo ci-dessous :

Pour une injection de Décapeptyl (dont la fonction est de mettre les ovaires au repos avant la stimulation à proprement parlé), tu noteras, lecteur attentif qu’il faut :

– Du Décapeptyl qui se présente sous la forme d’une petite fiole contenant une poudre (la substance active) et d’une ampoule contenant une solution que tu dois mélanger à la poudre;

– Une seringue stérile (tant qu’à faire), ici fournie avec une aiguille à embout orange pour l’injection en sous-cutanée;

– Une grosse aiguille à embout rose qui fait peur mais qui ne sert qu’a faire le mélange de Décapeptyl (heureusement);

– Des compresses stériles (tant qu’à faire) et de l’alcool à 70° pour te nettoyer ton gras du bide;

– De la solution hydroalcoolique pour te nettoyer tes mains dégueulasses (de l’eau et du savon peuvent suffire);

– Une bouteille (vide la bouteille) pour récupérer tes seringues usagées (ou une poubelle jaune si ta pharmacie t’en fournie, veinard)

– Un cactus (faculatatif);

– Du gras du bide (photo non fournie).

Une fois que tu as tout ça sous les mains, Tu procèdes de la façon suivante :

Etape 1 : Tu te laves les mains.

Etape 2 : Tu vires la petite aiguille orange de la seringue et la remplaces par le grosse rose.

Etape 3 : Tu casses l’ampoule sans te micro-couper (avec une compresse alcooliser, ça fait l’affaire).

Etape 4 : Tu aspires tout le liquide avec la seringue munie de la grosse aiguille.

Etape 5 : Tu plantes la grosse aiguille dans la fiole contenant la poudre et injectes le liquide prélevé dans l’ampoule, tu mélanges légèrement (la poudre se dissout instantanément).

Etape 6 : Tu retournes la fiole et ne laisses que la pointe de la grosse aiguille à l’intérieur pour bien aspirer tout le mélange comme ci-dessous :

Etape 7 : Tu retires la grosse aiguille rose et la remplaces par la petite rose (sauf si tu aimes souffrir).

Etape 8 : Tu tapotes la seringue pour en faire partir les bulles d’air éventuellement présentes et presses légèrement sur le piston jusqu’à ce qu’une goutte de produit sorte de la seringue.

Etape 9 : Tu te désinfectes le gras du bide avec une compresse et de l’alcool, l’attrapes avec ta main libre et plantes l’aiguille en entier à 90°.

Etape 10 : Tu appuies doucement (sauf si tu aimes souffrir) sur le  piston jusqu’à ce que tout le produit soit injecté dans ton gras du bide.

Etape 11 : Tu retires doucement l’aiguille et appliques une compresse alcoolisée sur la zone d’injection quelques secondes.

Etape 12 : Tu jettes tes seringues usagées et l’ampoule cassée dans ta bouteille ou ta poubelle jaune.

Voilà, tu viens de te faire ton injection quotidienne de Décapeptyl. Tu peux recommencer à respirer et reprendre une activité normale.

Beaucoup d’entre toi sais déjà tout ça mais la fille fait un bref récapitualtif pour les autres (car oui, il y a des gens qui avancent dans la vie sans avoir jamais entendu parler du Décapeptyl)(c’est fou, il parait même que certain font des enfants grâce à de simple relations sexuelles mais sur ce dernier point, la fille est très septique). Pour ceux d’entre toi qui voudrais en savoir plus sur les injections déca, il y a une vidéo très bien foutue ici.

Depuis vendredi, jour où le CECOS a daigné rappeler la fille pour lui confirmer la disponibilité de paillettes pour la FIV, le plaisir de ce petit rituel n’en est que décuplé. Forts de cette heureuse nouvelle, l’homme et la fille décident d’accepter l’invitation de leurs amis à passer la journée chez eux. Prévoyante, la fille embarque son nécessaire à piqûre (sauf la bouteille et le cactus) chez les amis.

Tous se passe bien et la soirée se profile sous de bien bons hospices vu que leurs amis leur proposent de dîner avec eux (héhé, la fille est on-ne-peut-plus fière d’avoir son Déca avec elle). Elle s’installe donc dans la salle de bain, seule pièce non envahie par les enfants ou les fumeurs, procède aux étapes 1 à 5 sans encombre puis entame l’étape 6.

Et là, c’est le drame.

La fille a un peu trop sorti la grosse aiguille de la fiole au moment de récupérer le mélange et tout le produit lui a giclé à la  figure. Oups. Et bien sûr, la fille n’a pas  pris de dose de secours (erreur de débutante). La fille sort de la salle de bain en trombe, fonce vers l’homme, des gouttelettes de déca sur ses lunettes et annonce « il faut qu’on rentre immédiatement, je me suis merdée avec le déca, j’ai pas assez de produit pour me faire l’injection, mes ovaires ne vont pas être bloquées, la FIV va foirer, la fin du monde est proche, on va tous crever!!! ».

Moment de flottement, l’homme et les amis se regardent sans vraiment comprendre ce qui affole la fille qui est déjà en train de récuperer leurs affaires. Le pote tente un « tu ne peux pas aller dans une pharmacie leur demander de te dépanner de ton médicament? ». Haha. Non, elle peut pas. On te file pas des hormones comme ça, c’est pas de l’aspirine. Elle ezst désolée mais il faut vraiment qu’ils rentrent. Cinq minutes plus tard, l’homme et elle courent pour choper le prochain train qu’ils ont de justesse. Ce n’est qu’une fois installés qu’ils se rendent compte qu’ils n’ont même pas dit au revoir aux enfants de leurs amis.

Résultat des courses, la fille s’est piquée avec 2h30 de retard sur l’heure habituelle et a fichu en l’air une dose de Décapeptyl (le trou de la sécu, c’est elle). A quand les hormones en comprimés, sérieux? Enfin, après discussion avec Paulette, une sage-femme du service PMA (qui ne s’appelle pas vraiment Paulette), se piquer en retard c’est mal, très mal mais si ça ne se produit qu’une fois, c’est pas trop grave. La fille a décidé de ne plus sortir de chez elle jusqu’à la fin du traitement.

Et pendant ce temps-là, certains se la coulent douce.

La fille qui était un chouïa contrariée

Comment veux-tu rester zen une partie de la réussite de ta FIV (et pas la moindre) dépend du CECOS? Comment veux-tu garder ton calme quand il te faut presqu’une semaine pour obtenir une réponse (foireuse la réponde) à une question toute simple : avons-nous des paillettes disponibles pour notre prochaine FIV?

Résumé des épisodes précédents :

Jour 1 : appels au secrétariat du CECOS. Le matin, ça sonne occupé ou dans le vide. La fille se dit que n’ayant jamais réussi à les joindre, elle rappellera l’après-midi. L’après-midi, elle tombe sur le répondeur qui l’informe que les bureaux sont ouverte de 8h30 à 16h30. La fille regarde l’heure à sa montre, il est 14h. 16h15, enfin, ça sonne et enfin ça répond. La fille explique pour la FIVD et le besoin imminent de paillettes. Réponse : on vous rappelle. 16h30, personne n’a rappelé la fille, les bureaux sont fermés.

Jour 2 : Pas d’appel du CECOS. Il vient tout juste de ré-ouvrir après les vacances du mois d’août, ils doivent être débordés, la fille se dit qu’ils appelleront le lendemain.

Jour 3 : Bon, ben, toujours pas de nouvelles. La fille commence à se demander s’il est possible qu’ils n’aient pas de paillettes à leur fournir. Si on leur demande d’appeler pour vérifier à chaque fois, c’est sans doute que c’est possible. Mais est-ce déjà arrivé?

Jour 4 : La fille tente de joindre le CECOS. Même scénario qu’à jour 1 sauf que personne ne finira par lui répondre.

Jour 5 : La fille passe sa journée au téléphone et arrive à joindre le CECOS deux fois dans la même journée. Une fois le matin où une secrétaire dont la fille ne reconnait pas la voix lui demande de rappeler l’après-midi vers 14 h (mais à 14h, le répondeur est branché) et une fois vers 16h15 où le Goulag lui répond qu’ils sont débordés, qu’ils n’ont aucune idée de la disponibilité des paillettes mais que dans la mesure où le donneur est blanc, elle n’a qu’à considérer que c’est bon et commencer son traitement.

Où commencer une FIVD dans de bonnes conditions. Dans deux jours la fille commence le Décapeptyl et elle n’est même pas certaine que la fécondation pourra se faire faute d’avoir des gamètes mâles disponibles. La fille espère vraiment qu’ils savent ce qu’ils font au CECOS et qu’elle va pas se taper des injections d’hormones pour rien. Non, parce que la possibilité que la fille est préparée à la mauvaise réponse de ses ovaires, à l’hyperstimulation, à la ponction blanche ou au non transfert pour cause de pas de fécondation de ses ovocytes. Ça lui ferait mal au cul mais ça fait partie des risque que l’on prend quand on fait une FIV. On le sait. Mais annuler une FIV parce que le CECOS est débordé et ne peut pas faire son travail, elle est pas certaine de bien le vivre.

La fille a envoyé un mail à son centre de FIV et elle verra bien ce qu’ils lui répondront. En espérant que tout ira bien. En attendant, la filel vient de faire connaissance avec le Décappetyl et elle est très déçue. Déçue, déçue, déçue. Quand la fille a vu que cette fois-ci elle aurait droit au Gonal-f stylo, elle a été transportée de joie. Pas de mélange à faire, youpi! C’était sans compter sur le décapepetyl. Non seulement cette saleté n’est pas prête à l’emploi comme elle le pensait naïvement mais en plus, les seringues ne sont même pas fournies. Bordel. Et qu’est-ce qu’elle doit prendre comme taille d’aiguilles la fille? Elle n’a aucune idée de l’épaisseur du produit.

Toi lectrice qui a utilisé du décapeptyl 0,1 mg, tu prend quoi, par exemple? En plus la fille a vu que le solvant est dans une ampoule en verre et la fille aime pas les ampoules. A chaque fois qu’elle essaie d’en ouvrir une, elle se micro-coupe, c’est atroce. Ça micro-saigne, ça fait micro-mal, une vrai boucherie. En plus, douée comme elle est, elle va s’injecter des micro-morceaux de verre et va s’avoir si ça va pas la micro-tuer. Et pour couronner le tout, Labrousse n’organise pas la collecte des seringues usagées alors la fille 1) n’a pas de mini-poubelle jaune bien pratique 2) va devoir aller jusqu’à la déchetterie pour jeter ses vieilles seringues rouillées 3) ne sait pas où les stocker en attendant. Elle en regretterais presque Paris, sa pollution, son métro qui pue, ses trottoirs plein de merde (et pas forcément canines) et sa collecte de seringues usagées si bien organisée.

Suite de FIV 1 au prochain épisode… Ou pas.

Réponse de l’hôpital

Au courrier, samedi matin, la fille a eu la joie de trouver une lettre de l’hôpital. Chouette qu’elle s’est dit. Elle les remercie d’ailleurs de leur respect du secret médical qui les pousse à tamponner sur l’enveloppe « Service d’Assistance Médicale à la Procréation ». La fille est bien contente de n’avoir encore jamais rencontré son facteur mais passons. La fille est heureuse, elle va enfin en savoir plus sur l’organisation de sa FIV. Elle ouvre l’enveloppe et lit :

STAFF DE F.I.V du 17.07.2012

Nom : La fille                                                                                                                          Médecin consultant : le Professeur

Date de naissance : ../12/1977

Conjoint : l’homme

Etaient présents: 

Le Professeur, Docteur Trucmuche, Docteur Bidule, Machine Chose, l’interne de service, le Docteur d’un autre hôpital que tu te demandes ce qu’il fout là mais ça fait genre on s’est penché sur votre cas et on a beaucoup réfléchi. 

Histoire du couple :

Patiente de 34 ans, infertilité primaire depuis 2007, d’origine masculine. L’homme a eu un séminome testiculaire gauche avec orchidectomie et chimiothérapie, suivie d’une azoospermie. Trois cycles d’IAD ont été réalisés par le Dr B sans résultat.

En mars 2012 une conisation a été fait par le Dr Colpo pour un adénocarinome in situ du col. Tous les contrôles récents sont négatifs et la patiente va être suivie sur ce plan.

Cause de l’infertilité :

Masculine

Proposition du staff : 

Du fait de l’ancienneté de l’infertilité, on accepte l’indication de passage en FIV avec sperme de donneur. 

Très bien, la fille apprécie beaucoup cet esprit de synthèse qui leur permet résumer cinq ans de leur vie en trois phrases (en fait, c’est 7 ans de leur vie mais ne soyons pas tatillons). Elle aime aussi beaucoup le « on accepte » tellement plus cool et original qu’un vulgaire « nous acceptons » bien trop formel. On les sent tout de suite plus proche de soi, ça fait plaisir.

Mais, car il y a un mais, la fille trouve qu’il manque une information de taille. Non pas qu’elle ne prenne pas au sérieux leur staff mais honnêtement, il n’y avait pas vraiment de suspens quand au fait qu’ils acceptent (et on les en remercie du fond du coeur) l’homme et la fille en FIV. Ça fait 20 ans que le Professeur ponctionne des ovocytes à la chaîne (peut-être plus, la fille le soupçonne de s’être entraîné sur des animaux quand il était enfant)(à l’époque, il hésitait entre la gynécologie et le meurtre en série), elle suppose donc que s’il recommande le passage à la FIV, globalement, il y a de fortes chances que le staff suive.

Ce que la fille aurait aimé savoir, c’est quand est-ce qu’elle va pouvoir la faire CETTE PUTAIN DE FIV??? Or, elle a beau chercher, il n’est indiqué nulle part de date  de top départ (ni aucune autre information sur le protocole qu’elle doit suivre). Sans vouloir avoir l’air de râler (c’est pas du tout le genre de la fille), c’eut été sympa de la lui communiquer cette date (aujourd’hui, révisons le passé antérieur avec la fille). A la place, ils lui ont filé un nouveau consentement à signer et à renvoyer (elle est à peu près certaine de l’avoir déjà fait, qu’ils sont pénibles). Des consentements, elle a du en signer trois douzaines depuis le début de la PMA, maintenant, elle aimerait bien du concret. Donc oui, elle est d’accord pour la congélations de ses embryons et oui, elle accepte qu’ils refilent des infos la concernant  à l’Agence de biomédecine.

Elle espère juste qu’ils ont prévu de la caser avant le mois de décembre, date à la fille va avoir 35 ans et où ses ovaires, si on en croit Top Santé magazine, vont se transformer en pruneaux d’Agen (à 38 ans, ils s’auto-détruisent, parait-il).

Là, elle est partie à la pêche au infos auprès du secrétariat. Encore faudrait-il qu’ils répondent au téléphone (c’est juste une suggestion). Souhaitez-lui bonne chance. Et rendez-vous en 2026.