Lettre de la fille au Professeur

Cher Professeur,

J’implore Ton Auguste Personne de bien vouloir constater que mes résultats de frottis ci-joints sont revenus étincelants de normalité  et de santé. Exit le cancer in situ du col de l’utérus . J’ai même bouté le HPV hors de mon dedans de moi. C’est donc humblement que je Te demande de bien vouloir, si ça ne Te dérange pas trop, lancer ma toute première fois, tou-toute première fois FIV avant 2018. 

J’essaierai de ne pas Te décevoir en répondant bien au traitement que Tu me prescriras, en me soumettant à toutes les échographies de contrôles et à toutes les prise de sang que Tu jugeras nécessaires dans Ton Incommensurable Bonté et Ton Savoir Infini. Bien sûr, Ô Grand Maître de la Reproduction Médicalement Assistée, je serai plus qu’honorée de Te dévoiler mon ordinaire dedans de moi (je jure d’être toujours impeccablement épilée) à l’occasion d’une ponction ovocytaire ou d’un transfert d’embryon(s) mais je sais que Ton temps est précieux aussi me contenterais-je de Tes Saints. Rien que de T’avoir aperçu derrière Ton bureau posant Ton regard magnifique sur mes résultats d’analyse et de Ta voix mélodieuse les commenter, est source de joie.

Tu es, Vénéré Professeur, le meilleur Gynécologue-Obstétricien de la Terre et même de tout l’Univers (le Pr Frydman peut aller se rhabiller) aussi je serai plus qu’honorée que Tu accomplisses sur mon insignifiante personne Ton Oeuvre. Fais-moi donc un bébé ! Steuplé, steuplé, steulpé !!! Allez, dis oui !

L’homme et moi nous prosternons devant Toi

Ta Dévouée, la fille. 

Voilà, en gros le courrier que la fille a envoyé ce matin au Professeur après avoir reçu les résultats complets de son frottis. Aucuns HPV oncogènes n’ a été détecté dans le dedans de la fille. Ça ne veut pas dire qu’elle est définitivement débarrassée du virus mais c’est encourageant. La fille se serait bien roulée dans la fange avec l’homme pour fêter ça mais il est en Tunisie (genre il travaille). Elle a aussi eu envie de courir au cabinet du Dr Colpo lui faire un gros câlin (la fille a très envie de faire des câlins aux gens en ce moment)  mais il est du genre à lui taxer 100 € au passage (en fait gynécologue, c’est un peu comme gigolo, tu te fais payer pour t’occuper du dedans de elles des femmes). Pour finir, la fille a célébré la jeunesse de son col retrouvé en prenant rendez-vous pour faire opérer le chat afin qui lui aussi ait le droit de survivre à son cancer.

Parlons peu, parlons sexe

Il parait que le sexe à visée reproductive, c’est nul. La fille peut pas te dire, car le sexe procrétif, elle connait pas. Oui, lecteur, en 6 ans et demi d’essais, l’homme et la fille ont eu très peu de rapports programmés.

Déjà, quand l’homme et la fille pensait que pour avoir un enfant il suffisait d’avoir des rapports sexuels, ils ont convenus de ne pas vivre au rythme des ovulations de la fille. Comme de toute façon, la fille a une libido explosive quand elle ovule, ça n’a pas trop été difficile. A la limite, s’ils ne devaient le faire qu’une fois dans le mois, il y avait de fortes chances que ça tombe au bon moment niveau fertilité.

Ensuite, au bout de deux ans de sexe free style, la fille s’est dit qu’il allait peut-être falloir optimiser tout ça et elle a acheté des tests d’ovulation. Sauf qu’elle n’en a utilisé que sur un seul cycle car c’est à ce moment-là que l’homme a eu son cancer. Et qu’ils ont appris pour son azoospermie.

L’azoospermie, c’est tout pourri pour plein de trucs mais pour leur vie sexuelle, c’est bien. Ils ont envie, ils font. Ils ont pas envie, ils font pas. Ils n’en ont pas envie quand la fille ovule, ils s’en tapent comme de leur première capote. C’est la liberté totale. A la rigueur, il n’y a guère que quand l’homme passait des spermogrammes qu’ils devaient observer une période d’abstinence. Le test de Huhner? Jamais fait (ben ouais, pas de spermatozoïdes, pas de test post-coïtal). Ils font une IAD? Pas grave, c’est pas son sperme à lui qui va être utilisé. Bon, ok, l’Utrogestan n’a pas fait que du bien à leur vie sexuelle mais comme la fille a eut le bonne idée de ne jamais être fécondée, ça n’a jamais excédé 15 jours (et encore, avec de la pratique tu apprends à faire avec).

la fille a souvent regretté de ne rien à avoir à attendre des cycles où on ne l’insémine pas. Elle a souvent envié ces filles qui entre deux traitements redoutent l’arrivée de leurs règles, ce minuscule espoir que ça marche naturellement. Elle a souvent fait la grimace (si tant est que se rouler par terre en hurlant « Mais pourquoiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii??? » puisse s’apparenter à une grimace)  en apprenant une de ces grossesses spontanées qui surviennent à la veille d’une FIV.

Et puis, aujourd’hui, elle trouve que c’est quasiment une chance (la fille va finir Grand Sage de la PMA si ça continue). Il y a une échéance et elle est claire, la prochaine FIV (enfin, on espère). En attendant, l’homme et la fille sont libres de sexer ou pas. Qu’ils le fassent trois fois par jour ou péniblement une fois tous les deux mois, ça ne change rien à leur chance d’être parents. Luxe. Pas de culpabilité si l’homme est en déplacement le jour J ou si la fille a la crève. Pas de pression. Pas de regrets quand les règles arrivent. Pas de larmes. Finalement, l’azoospermie c’est trop du bonheur (Attention ! Seule la fille est autorisée à considérer les aspects positifs de l’azoospermie. Toi, tu ferais mieux d’éviter sous peine de la voir devenir toute rouge et prête à te crever les yeux).

Sinon, la fille a eu une fausse joie tout à l’heure. Une enveloppe avec le logo du laboratoire d’analyses qu’elle ouvre fébrilement. C’est la note d’honoraires. 77,59 €. Bon, ben, elle va continuer d’attendre.

Edit : A la demande générale de deux ou trois d’entre vous, la fille va t’expliquer comment elle sexe sous utro. C’est simple, elle passe outre. Elle se dit que c’est pas des sécrétions de quand t’as une blennorragie, c’est du médicament. Et le médicament, c’est pas sale. Et puis, la fille et l’homme se disent que si un jour elle est enceinte, elle aura pou trois mois. Donc, ils ciblent le bon moment, le soir, quand l’utro du matin est en grande partie ressorti, et avant celui du soir. Et la fille prend une douche juste avant histoire de se sentir fraiche un quart de seconde. Voilà, tu sais tout. Sinon, pour ceux qui aiment, il y a la sodomie.

La fille qui voyait du positif ailleurs que sur son test de grossesse (vu qu’elle en fait pas)

Des fois, la fille tombe sur des blogs de nanas enceintes et que même pas elles ont fait des IAC ou des FIV pour l’être. Et la fille trouve ça dingue. La fille se demande parfois comme elle aurait été si l’homme avait été fertile. Aurait-elle été persuadée de son bon droit à être enceinte? Aurait-elle annoncée sa grossesse sur Face de Book en se foutant complètement que ça puisse faire chier quelqu’un? Une chose est sûre, elle n’aurait pas ouvert de blog.

La fille ne le saura jamais. Son homme est stérile. Mais elle ne le regrette pas. Son homme, il est juste fait pour elle. Si la fille n’est pas une vraie fille, l’homme c’est pas un vrai homme non plus. Elle se dit parfois que si l’infertilité est le prix à payer pour vivre à ses côtés, c’est pas si cher (celle-là tu la lui ressortiras quand la fille se roulera par terre en pleurant et en tapant des pieds parce que son test de grossesse est négatif). L’homme même stérile il vaut deux barils d’hommes fertiles et elle ne l’échangerait pour rien au monde, même pas pour le Dr Colpo (celle-là il faudra qu’elle s’en souvienne la prochaine fois qu’elle rêvera de lui).

On parle souvent de la PMA comme du parcours du combattant. La fille a décidé de ne plus se battre (ça lui aura pris quatre ans) et d’envisager la suite de ce parcours comme une chance (celle-là tu la lui ressortiras quand son ventre sera tous bleu à cause des injections d’hormones). Elle a longtemps été dans la colère parce que l’infertilité ça craint du boudin et que la fille trouve qu’il y un grave problème d’injustice cosmique. Et puis, finalement, elle trouve que c’est beaucoup d’énergie dépensée pour pas grand chose vu qu’elle y peut rien (celle-là, elle niera l’avoir jamais écrite quand tombera en dépression parce que sa copine Sophie est enceinte de son troisième).

La PMA est une chance parce que sans elle, l’homme et la fille ils auraient été condamnés à ne jamais être parents. Tu diras à la fille qu’ils auraient pu adopter mais soyons lucides : qui accepterait de filer l’agrément à une nana qui a attaché le psychologue des services sociaux à sa chaise, lui a versé un baril d’essence sur la gueule et lui a mis le feux parce qu’il lui a demandé s’ils avaient fait le deuil de l’enfant biologique? De toute façon, même si elle se tient à carreau et qu’elle est gentille avec le psychologue, vu la famille un peu spéciale  qu’elle se trimbale, elle a un peu peur qu’on ne leur fasse pas suffisamment confiance pour leur confier un enfant (Et vos parents, comment vivent-ils l’arrivée d’un enfant adopté? – Mon père, j’en sais rien, à mon avis il s’en fout. Ma mère par contre est ravie quand elle est suffisamment lucide pour s’en souvenir. – Elle boit beaucoup?- Non, seulement 16 heurs pas jours, le reste du temps elle dort grâce aux somnifères, aux anxiolytiques et aux antidépresseurs). En PMA, tout le monde se fout de la famille de la fille, tout le monde se fout de celle de l’homme (qui est moins barge mais a un peu été décimée par le cancer), ils se foutent même de leur supposées compétences parentales. Si la fille ne veut des gosses que pour pouvoir les balader dans une poussette Hello Kitty et trouver un sens à sa misérable existence, elle a le droit.

La fille pense vraiment que ce parcours, quelque soit son issue, va leur apportera quelque chose. C’est déjà le cas. Il y a des gens qu’elle n’aurait pas rencontré, des projets qu’elle n’aurait pas fait, des choses très chouettes qu’elle n’aurait pas vécu sans la PMA. Et puis si ça se trouve elle aurait négligé son suivi gynécologique et son cancer aurait été bien plus grave quand il aurait été découvert. Et merde, elle sait se piquer toute seule !

Peut-être qu’un jour elle dira stop à la PMA parce qu’elle aura vécu l’échec de trop, peut-être qu’un jour l’homme et elle devront réinventer leur vie, peut-être qu’ils la construiront l’un sans l’autre mais la fille se dit qu’il n’y a aura rien à regretter. Parce que derrière la PMA, il y a tout ce qu’ils sont l’un pour l’autre aujourd’hui et qui est super fort.

Pardon pour cet excès de mièvrerie. La fille n’est même pas enceinte, elle ne comprend pas d’où ça lui vient. Déjà, hier soir, quand elle a vu que Nadine Morano s’est pris une branlée aux législatives, elle a pleuré de joie. Depuis elle est un peu cui-cui les petits oiseaux. Finalement, la vie n’est pas si moche.

La fille qui aimerait que son subconscient lui foute la paix (mais vraiment)

Parfois, le subconscient de la fille trouve que cette dernière ne communique pas assez avec lui. Alors il lui envoie des messages via les rêves. Quand la fille rêve qu’elle a une relation sexuelle épanouissante avec son gynécologue, c’est pas qu’elle a vraiment envie de coucher avec lui (quoique s’il est aussi bon que dans ses rêves), c’est qu’elle en plein transfert (le Dr Colpo est un super-héro, un sauveur d’utérus, un maitre es colposcopie) (en même temps, vu les tarifs qu’il pratique, c’est la moindre des choses). La fille est oniriquement amoureuse du Dr Colpo parce qu’elle lui est reconnaissante d’avoir bien fait son boulot. D’ailleurs si son prochain frottis est bon et qu’il donne (enfin) son accord pour la FIV, la fille envisage de se faire tatouer son prénom (Serge, for ever) sur le bras. Une façon sobre de lui témoigner son amour inconditionnel et unilatéral.

La fille se demande ce que ça va donner si le Professeur réussit à la mettre enceinte (pas tout seul, hein, avec l’aide de tout son service hospitalier). De l’amour inconditionnel et unilatéral, elle va en avoir à revendre. Elle pourrait appeler son fils comme lui. Jean-Marie. Mouais, elle va encore y réfléchir. De toute façon pour l’instant, elle transfert pas.

Quoiqu’il en soit, le subconscient de la fille a décidé d’encore une fois lui dire des trucs. Et autant la fille aime bien quand il s’exprime via des rêves du cul (message perso : la prochaine fois, elle veut bien se taper son dentiste qui est la sexytude incarnée), autant ce coup-ci, elle aurait préféré qu’il s’abstienne. Parce que, hein bon, des rêves comme celui-là, ça lui fiche le moral à zéro.

Ouais, lecteur, je te vois trépigner derrière ton ordinateur : mais de quoi donc a rêvé la fille? Tu vas le savoir tout de suite. Mais d’abord, une petite mise en contexte (ne t’en vas pas, y’en a pour une minute) : ce cycle-ci, la fille a eu deux jours de retard. De minuscules petits jours. Pas de quoi se ruer sur un test de l’autre pouffe (mais si tu sais, Claire!). D’ailleurs,  quand on a l’homme dans sa vie (azoopsermie), un retard de règle, c’est juste un retard de règle. Mais visiblement, son subconscient ne le sais pas.

Dans la nuit de Samedi à Dimanche, la fille a rêvé qu’elle était enceinte.  Mais attention, pas après avoir fait une IAD ou une FIV. Non, elle était enceinte suite à un rapport avec l’homme. Comme les gens normaux, quoi. C’était très simple. Elle avait un retard de règles (comme dans la vraie vie), elle faisait un test de grossesse (pas comme dans la vraie vie) et il était positif (no comment). La fille filait donc au laboratoire faire confirmer ce résultat surprenant (tu m’étonnes !) par un dosage BétaHCG qui était de 400 et des brouettes. Sous le choc (on le serait à moins), la fille appelait le Dr B (elle a son numéro de portable, c’est très pratique) et se mettait à brailler :  » C’EST POSITIF! J’AI UN TEST POSITIF ! COMMENT C’EST POSSIBLE (oui comment, on est en droit de se le demander) ! IL FAUT QUE L’HOMME FASSE UN SPERMOGRAMME ! IL VA CROIRE QUE JE L’AI TROMPE (même pas) ! COMMENT C’EST POSSIBLE!!! ». Le Dr B a-t-elle perdu l’usage d’un tympan, a-t-elle compris un traître mot de ce que lui beuglait la fille? Nous ne le saurons jamais car c’est à ce moment-là qu’elle s’est réveillée.

Un peu tourneboulée, la fille se rend aux toilettes pour sa vidange matinale. Et là, paf, je te le donne en le mille, Emile, elle a ses règles. Alors, seule (enfin non, il y avait le chat qui se frottais à ses jambes pour faire style « je t’aime » mais en fait, c’est juste qu’il a faim), cul nu sur ses toilettes, la fille a fait un truc qu’elle n’a jamais fait en 6 ans1/2 d’essais bébé (à part après l’échec de IAD 1 mais ça compte pas), elle a pleuré en voyant le sang sur son papier hygiénique. La honte.

Après, toute la journée, la fille s’est traînée du canapé au lit et du lit au canapé en poussant d’ostensibles soupirs désespérés. De temps en temps, l’homme venait lui demander « ça va pas? » ce à quoi la fille répondait « si, si » d’une voix caverneuse. Comme l’homme a un peu l’habitude des états d’âme de la fille, il se contentait de hausser les épaules avant de retourner tuer des extra-terrestres grâce à sa X-box. Bon, mais ça mettais le fille en colère qu’il en ait rien à foutre de la voir mourir de dépression alors elle lui faisait la gueule. Finalement ils ont finis par se prendre la tête et l’homme est parti en claquant la porte pendant que la fille l’insultait copieusement.

Quand il est revenu en boudant 20 minute plus tard, la fille a vu qu’il était passé chez Mouloud (l’épicier du coin) pour acheter du Coca et des Magnums aux amandes. Quelque part, l’homme a bien compris que la fille a besoin de calories pour soigner sa déprime. Ils se sont donc réconcilier en mangeant leur glace. Encore heureux que Mouloud est pas été en rupture de stock sinon, la fille ne donnait pas cher de son couple. Tout ça à cause de son subconscient.

Il parait que quand t’es en PMA, il faut faire le deuil du bébé couette. La fille sait pas trop ce que ça veut dire (comment faire le deuil d’un truc qui n’existe pas?) mais une chose est sûre, c’est que si cette expression a un sens (ce dont elle doute), elle n’y est pas. C’est fou quand même qu’après 2 ans et demi d’essais natures et 4 ans d’infertilité, elle fasse encore des rêves de cet acabit.

La fille a pas tellement envie d’interpréter ce rêve. Juste elle trouve qu’il pue. D’ailleurs dimanche, elle trouvait que sa vie en entière puait. Elle a arrété de bosser pour se consacrer à sa (ses ?) FIV. Résultat, elle attend que le Dr Colpo lui fasse un frottis le 12 juin. Ensuite, il faudra attendre les résultats (environ 15 jours). S’ils sont bons, elle devra les communiquer au Professeur qui passera son dossier en staff et lui retournera la réponse par courrier. Au mieux, ils en sont à mi-Juillet. Le CECOS étant fermé en Août (et son centre de FIV peut-être aussi), elle commencera sa FIV au mieux sur le cycle de septembre. Soit un an après le début de IAD 3. Et encore, ça, c’est le scénario optimiste. Sinon, c’est frottis le 12 juin, attente des résultats qui n’arriveront pas dans sa boite au lettre, appel du Dr Colpo (ou plus probablement de sa secrétaire) 3 semaines plus tard, biopsie, attente des résultats de la biopsie (15 jours), conisation si nécessaire (3 semaines après les résultats de la biopsie au mieux), rendez-vous de contrôle pour vérifier la cicatrisation de son col un mois après puis re-attente du premier frottis 3 mois plus tard pour vérification. Et ensuite, si tout va bien, FIV. Ce qui nous mène à l’en 2013. Sans compter que plus on lui enlève de morceaux de col, plus les risques d’accouchement prématuré (si elle a la joie d’être enceinte un jour) augmentent(ben ouais, si on a un col de l’utérus c’est pas juste pour faire beau, il est très utile pour mener une grossesse à son terme. Et entier, c’est mieux). Merci le cancer in situ.

Bon la fille n’a que 10% de risque de faire une rechute. C’est pas énorme (quoiqu’elle a fait des IAD avec de chances de réussite moindre). On va dire qu’il n’y a pas de raison (ma fille déteste cette phrase à la con). Mais quand même, elle stresse un peu. Et qu’elle en a marre de ne pas pouvoir se reproduire. Elle a un peu peur du jour où on va lui dire « désolé Madame (plus personne n’appelle la fille mademoiselle), vous avez trop attendu, vos ovaires ont moisi, on ne peut plus rien pour vous ». En PMA, le temps c’est de la fertilité. Et du temps, la fille en a déjà perdu beaucoup. Si l’enfer existe, il ressemble à une salle d’attente de centre de PMA (commune avec la maternité) avec des magazines féminins comme seule lecture (la torture).

La fille n’aurait pas penser écrire ça un jour mais, putain, elle veut y aller en FIV. Elle le veut vraiment. Et aussi que son subconscient ferme sa gueule.

Pourquoi donner son sperme

Raison n° 1 : Parce que c’est gentil. Et toi là,  derrière ton ordinateur, t’es gentil. Si si.

Raison n°2 : Parce que tu en a marre que tes beaux spermatozoïdes si vigoureux finissent zigouillés par le stérilet de ta femme.

Raison n° 3 : Parce que t’aimais bien te branler dans la salle de bain quand t’étais ado. Ben là, c’est pareil, sauf que c’est pas une salle de bain.

Raison n° 4 : Parce que ça fait moins mal que de donner un rein.

Rasion n° 5 : Parce que c’est généreux. Et toi là, derrière ton ordinateur, t’es généreux. Si si.

Raison n° 6 : Parce que les infirmières des CECOS sont supers bonnes. Il parait même qu’elles ne portent pas de culotte. Mais si tu vas pas au CECOS, tu ne pourras jamais vérifier si c’est vrai.

Raison n°7 : Parce que tu aimerais savoir comment bien te désinfecter les parties génitales. L’hygiène c’est important.

Raison n° 8 : Parce que tu es collectionneur de vieux magazines pornos. Au CECOS, ils en ont sans doute des que tu as pas.

Raison n°9 : Parce que c’est une très bonne excuse pour ne pas aller bosser.

Raison n°10 : Parce que c’est cool. Et toi là, derrière ton ordinateur, tu est cool. Si si.

Raison n°11 : Parce que tu emmerdes les Catholiques Intégristes.

Raison n°12 : Parce que c’est ton Destin.

Raison n°13 : Parce que les enfants issus de ton don ne te réveilleront jamais la nuit. Ni le jour. En fait, ils vont te foutre une paix royale. Pas comme les tiens.

Raison n°14 : Parce que ta Sexy Belle-Soeur est gynécologue dans un CECOS et que ça te donnera l’occasion d’aller lui dire bonjour (en tout bien, tout honneur, bien sûr).

Raison n°15 : Parce qu’il a été scientifiquement prouvé que les donneurs étaient de super bons coups. Et toi là, derrière ton ordinateur tu es un super bon coup. Si si.

Raison n°16 : Parce que ça fait grossir le pénis.

Raison n°17 : Parce que tu es un peu pervers, que tu aimes les lieux publics (jardins publics, train, écoles…) et que tu n’as pas encore fait l’hôpital. En plus là, on va même pas t’envoyer en garde à vue.

Raison n° 18 : Parce que ça va impressionner tes amis.

Raison n°19 : Parce que ça  a aidé DSK a maîtriser ses pulsions. Après il a arrêté et tu vois où ça l’a mené.

Raison n° 20 : Parce qu’il a été scientifiquement prouvé que les donneurs ont un QI supérieur à la moyenne. Et que toi là, derrière ton ordinateur, tu as un QI supérieur à la moyenne. Si si.

D’autres bonnes raisons de donner son sperme ici.

Le changement, c’est maintenant

On a un nouveau Président. Et la fille est contente même si elle ne se fait pas beaucoup d’illusion.

Mais ce qui a surtout changé, c’est l’homme. Il a rasé sa barbe. Il en avait parlé une fois ou deux en passant. Et puis hier soir, il l’a fait. 12 ans que la fille ne l’avait pas vu avec le visage glabre. Ca lui a fait comme qui dirait un choc. « C’est pour fêter l’éjection de Sarko? » a-t-elle demandé. Non, c’est parce qu’il en avait envie. Et puis aussi parce qu’il espère ce ça marquera la fin de la période lose. « J’ai toujours porté la barbe pendant nos essais. » Et leurs cancers. La fille trouve que ça se tient (au point où ils en sont). D’ailleurs la fille a elle-même procédé à un ratiboisage capillaire quelques jours plus tôt. Et ça fait du bien dans la tête de ne plus avoir la même tête.

Ce qui est marrant, c’est que la fille et l’homme se retrouvent avec à peu prés la même tête qu’à l’époque où ils se sont mis ensemble (avec 13 ans de plus tout de même). Epoque où ils étaient jeunes, beaux et insouciants. Epoque où l’avenir leur tendait les bras. L’homme et la fille sont moins jeunes, moins beaux et surtout beaucoup moins insouciants mais l’avenir leur tend toujours les bras. Toute la question est de savoir quel avenir? Bon, la fille vote pour un avenir radieux avec deux magnifiques enfants, un chat sans cancer, le gros lot à l’euromillion, une longue vie en pleine santé et soyons fous, la paix dans le monde. Elle a bien compris que c’était pas elle qui choisissait mais ça coûte rien de demander.

La fille qui était allée voter

Dimanche 22 avril, premier tour des élections présidentielles françaises.

Il fait beau. Ah non, il pleut. Il fait beau. Il pleut.

Après moultes hésitations, la fille décide de laisser s’exprimer la femme qui est en elle et enfile ses botines à talons pour aller remplir son devoir de citoyenne.

12h40, la fille arrive à la gare de Labrousse et constate que le TER à destination de Paris Gare du Nord a été annulé pour cause de travaux sur la ligne. le prochain train est un RER, part à 13h11, met 50 minutes quand le TER en met 25. La fille poireaute. Il pleut.

14h00, est à Paris et s’engouffre dans le métro. Ca pue, c’est moche, c’est le métro.

14h30, la fille est devant l’école où elle doit voter, elle envoie un SMS à Plume avec qui elle à rendez-vous à 15h00 pour la prévenir de son retard. Plume répond qu’elle va faire le tour du quartier Saint-Michel en attendant la fille. Il y a trois bureaux de vote dans l’école. La fille qui n’a pas reçu sa nouvelle carte d’électeur se rend à celui où elle a voté la dernière fois, le n°3. Il fait beau.

On ne trouve pas la fille. C’est embêtant. Une dame lui conseille de se rendre dans les deux autres, elle doit sans doute y être. Elle se rend donc au bureau n°1. On ne trouve pas la fille. Elle va voir au bureau n° 2. Idem. La fille commence à en avoir marre. Une dame du bureau lui dit que si elle ne peut pas voter au premier tour, elle ne le pourra pas non plus pour le second. La fille lui répond que si on se retrouve avec un match Sarkosy-Lepen au second tour, elle va faire un dépression nerveuse et que « quand même, vous ne voudriez pas avoir mon suicide sur la conscience ».  La dame rigole, lui rappelle que le vote est anonyme. Elle finit tout de même par lui recommander d’aller voir à la mairie.

15h00, la fille appelle Plume pour lui dire qu’elle n’a toujours pas pu déposer son bulletin dans l’urne et que c’est pas un peu mais beaucoup de retard qu’elle va avoir. Plume mange une glace et se ballade donc elle attend encore. Il pleut et il fait soleil en même temps.

15h20, la fille arrive à la mairie de son arrondissement. Ses bottines trop mignonnes s’avèrent être de véritable instruments de torture. Elle a mal au pied. La fille n’est pas la seule à ne pas pouvoir voter. Elle fait la queue. Arrive son tour. On lui dit qu’elle doit voter au bureau n°1, soit un des trois qui ont dit ne pas avoir de trace d’elle sur leur liste. La fille en informe l’employée de la mairie qui lui répond que c’est là-bas qu’il faut qu’elle aille (putain les gens sont cons). La fille lui demande comment elle va faire pour voter s’ils ne la trouve pas sur leurs listes. « Dans ce cas-là,  vous leur dites d’appeler le bureau électorale ». Ah bon, parce qu’on peut appeler. T’es en train de me dire que je me suis ruinée les pieds à venir jusqu’à la maire alors qu’un simple appel aurait suffit? La fille a envie de pleurer. Il pleut.

Elle repart en claudiquant vers son bureau de vote. 16h00, on la retrouve sur les listes. Il y une queue de l’autre monde. Elle rappelle Plume qui a finit de manger sa glace et qui découragée par la pluie rentre chez elle. Et là, commence une longue, très longue attente. Ca papote dans le file d’attente, le fille écoute les conversations pour s’occuper. Devant elle une jeunette qui doit encire être au lycée annonce à une de ses copines par téléphone qu’elle va voter Mitterrand (sic). Derrière elle, un père explique à sa fille la politique.

Elle : Je connais même pas tous les candidats. A part Sarko et Hollande.

Lui: T’as pas bien suivi la télé alors.

Elle : Si je connais Eva Joly.

Lui: ah ouais, avec ses lunettes en plastiques.

Elle : C’est la candidate des campagnards.

Lui : Elle aime la nature.

Elle : Ouais mais c’est bien la ville aussi. Tout le monde peut pas vivre à la campagne.

Lui: En plus, elle fait ça pour rien, les campagnards, ils votent soit Sarko, soit Lepen.

C’est à ce moment que la fille à cesser d’écouter. Elle regarde dehors. Il tombe des trombes d’eau. La fille rêve d’une amputation des pieds. Elle vérifie trois fois qu’elle n’a pas mis le mauvais bulletin dans l’enveloppe. Elle envoie des SMS à l’homme qui se marre comme un perdu (l’homme est Belge, il ne vote pas). Après ce qui lui semble être une éternité, elle insère son bulletin dans l’urne. Elle n’a même pas droit au « a voté! ». Tout se perd ma brave dame.

La fille sort, il est 17h15, il pleuviote. Elle marche comme une tortue jusqu’à la bouche de métro. C’est la dernière fois que la fille laisse s’exprimer la femme qui est en elle. Au second tour, c’est jean et ses vieilles Kickers qui ont plus de gueule mais qui sont tellement confortables.

Le lendemain, la fille s’en rendue chez le Dr Colpo. Le col  de la fille est parfaitement cicatrisé. La vie sexuelle de l’homme et la fille peut rependre normalement. Par contre, il a été contacté par le Professeur qui lui demande ses recommandations quand à la FIV. Et les recommandations du Dr Colpo sont d’attendre que la fille ait fait un premier contrôle en juin (colposcopie + frottis) et si tout est ok, il donnera son feu vert. Parce que si récidive il devait y avoir et que la fille est enceinte on ne peut pas intervenir avant son accouchement. Et c’est pas bien.

Bref, la FIV, c’est pas pour tout de suite. Allez savoir pourquoi, ça n’étonne pas la fille plus que ça.

La fille qui mangeait des M&M’s

Ce matin le fille calculait qu’il s’est passé six mois depuis les résultats des sa dernière IAD. Et qu’elle n’a aucune idée de quand aura lieu sa prochaine opportunité de « tomber » enceinte (la FIV). Une demi-année sans que ses ovocytes aient croisé un seul spermatozoïde, même de loin. La vache, comme le temps file. Ce qui lui donne un peu plus le vertige c’est de se rappeler qu’il s’est aussi passé six ans et demi depuis l’arrêt de la pilule. Et que tout ce qu’ils ont récolté c’est deux cancers (4 en comptent les chats) et 3 IAD négatives. C’est ridicule, tout ce temps pour si peu de tentatives. Six an et demi et n’en être quasi qu’à ses débuts PMA…

D’un côté, c’est une bonne nouvelle. Ca leur laisse de l’espoir. Rien n’est perdu. De l’autre, ça les laisse dans l’incertitude quand à l’issu de tout ça. Et la fille voudrait pouvoir passer à autre chose. Que ce soit avec un enfant ou pas. Juste écrire le mot fin à ce moment de leur vie qui commence à durer depuis trop longtemps. Juste ne plus vivre avec ce point d’interrogation au-dessus de leurs têtes.

Certains jours, la fille voudrait juste dire « stop, on arrête là. On ira pas en FIV, on adoptera pas. » Et puis le lendemain, elle parle de mariage à l’homme. Pas dans un but romantique « on s’aime, on veut le crier à la face du monde, chabadabada », dans un un but purement pragmatique. Le mariage, l’homme et la fille s’en foutent. Ils s’aiment, ils le savent, ça leur suffit. Ils ont pas besoin que la société (ou la famille) les approuve ou que Dieu les bénisse. Mais pour adopter, il faut être mariés et au cas où…

S’ils avaient été un couple fertile, ils auraient deux ou trois mioches nés hors mariage et personne n’aurait rien eu à leur dire. Ils ne le sont pas. Du coup, ils attendent comme le messie la réponse (positive de préférence) du staff de leur centre PMA et le protocole qui ira (normalement) avec. Ce qui met en joie la fille en ce moment, ce qui fait frémire ses ovaires, c’est la perspective de se trouer le bide à coup de Gonal-F ou de tout autre produit que le professeur aura bien voulu lui prescrire.

C’est déprimant quand on y pense.

Bah, c’est malin, la fille n’y pensait pas jusqu’à ce matin. Putain, elle devrait le savoir depuis le temps : NE JAMAIS FAIRE LE DÉCOMPTE DU TEMPS QUI PASSE.

Voilà, la fille va être obligée de se consoler avec un paquet (XXL) de MM’s et c’est pas bon pour sa fertilité ligne.

«  »Un espoir pour les couples infertiles » dixit le Parisien

Et de l’espoir, Dieu sait qu’on en a besoin. Heureusement, la science progresse.

Petite anecdote : l’autre jour un jeune homme vient sonner à la parte de la fille (non ce n’était pas Dominique venu lui apporter sa semence). Il lui demande « est-ce que vous lisez le Parisien? » (il a dit bonjour avant mais la fille vous la fait courte). La fille répond non. Le type se démonte pas (il veut le lui vendre son abonnement) et renchérit avec « je peux me permettre de vous demander ce que vous lisez comme journal? ». La triste réalité, c’est que la fille ne lit pas le journal et que quand il lui arrive d’en ouvrir un c’est le Monde mais la fille trouvait que c’était la honte alors elle a sorti le premier truc qui lui a passé par la tête « Libération » (mensonge éhonté). Et le gars lui fait « ha bah non, c’est pas pour vous alors » et se barre sans demander son reste.

Maintenant la fille regrette. Heureusement le Parisien a un site internet sur lequel on peut lire d’excellents articles comme celui-ci. T’as la flemme de tout lire? Pas grave, la fille va te faire un résumé.

Ça dit en gros, que les couples infertiles ont une hygiène de vie déplorable. Ils fument, boivent et se roulent des pétards d’avantage que la population générale. Bon déjà, c’est mal. Mais en plus, ils sont tellement stressés au travail qu’ils ont pas le coeur à faire du sexe en rentrant chez eux.

C’est pas une sacrée bonne nouvelle, ça? T’es juste un gros toxe qui bosse trop! C’est pour ça que t’arrives pas à te reproduire. Tu le sens bien, l’espoir qui renait en toi?

C’est hyper sérieux comme étude. L’article nous dit qu’elle est d’ampleur national avant de préciser qu’elle s’est passé dans le cabinet (à la clinique de la Muette, Paris) du Dr Alvarez. Ça t’en impose pas vrai? 348 candidats à la PMA ont été sondés pour cette étude (nan, pas par le dedans d’eux, tu fais trop d’écho endo, toi. Sonder comme dans sondage). 35% des couples ont obtenus une grossesse spontanée après révision de leur hygiène de vie. Ouais, un bébé fait avec du sexe et même pas de piqûres d’hormones! Et pour les autres (parce qu’il reste toujours des tocards de la reproduction), c’est 10% de chance supplémentaire de voir les méthodes d’AMP fonctionner.

Il reste néanmoins 3 à 4% de stérilité définitive (comme l’homme). Bah lui, autant de dire qu’il peut bosser comme un âne batté, fumer et boire comme un gros porc, ça changera rien à sa vie. A la limite, il pourrait même se dispenser de faire du sexe avec la fille (mais il le fait pas parce que la file a un magnifique dedans de elle).

Comme ça va trop te changer la vie, ça. Tu étais un dépravé (bien fait pour ta gueule si t’es infertile) avec un boulot de merde et tout un monde s’ouvre enfin à toi. Trop simple.

Surtout le stress au travail. Il suffit que tu ailles voir ton boss pour lui demander de te passer à mi-temps (tout en conservant ton salaire), de t’acheter un fauteuil grand confort qui te fait des massages shiastu et de conclure lui-même le dossier Machin qui te prend trop la tête et ton boss qui ne veut que le bien-être de ses salariés, il va être ok. Suffit juste que tu lui expliques que c’est parce que t’es trop stressé pour faire un bébé. Si t’es une femme, il va surtout pas te discriminer en vue de ta futur grossesse.

Bon si tu tombes sur un boss pas sympa, ce qui serait étonnant quand on connait le management à la française (un peu comme chez Orange) ben, tu changes de boulot. C’est pas comme si c’était la crise et qu’on était à 10% de chômage. Et puis, merde, tu le veux ton gosse ou pas? Faut ce qu’il faut, mon grand. Au pire tu arrêtes de travailler (comme ça t’auras le temps de faire du sexe, au moins). L’étude ne dit pas à quel point la pauvreté et la précarité sont un facteur de stress mais on s’en fout. Quand t’es pauvre, t’as pas les moyens de faire tes FIVs à la Muette de toute façon.

Donc voilà, une étude qui va redorer l’image que se trimbale les femmes infertiles (mais pas des hommes, ils ont un pénis eux, ça les rend intouchables). En plus d’être une très vieille femme égoïste de 35- 40 ans qui pense qu’à sa carrière (qu’elle vienne pas râler si elle est stressée), on sait en plus qu’elle se pourrie ses ovaires (déjà en piteux état) à coup de substance toxiques (et encore, on sait pas tout, ils n’évoquent pas les drogues dures dans cet article) et qui ne baise pas assez (sans doute parce qu’elle cuve son vin).

Ça te file pas un méga-pêche, ça? T’es pas super-heureux? Quoi? Tu fumes pas, tu bois pas, ton mec te tringle tous les jours pairs, t’as un boulot super cool (genre t’es gynéco à la Muette) et t’arrives pas à tomber enceinte? Pas possible. Ou alors c’est que tu y penses trop. Pas d’autre explication.

Ca fait quand même super plaisir que du fric ait été foutu dans une étude qui ne fait que révéler des trucs qu’on savait déjà. Parce que les effets nocifs du tabac, du cannabis et de l’alcool sur la fertilité, c’est pas nouveau. Quand on au fait qu’il faille avoir des rapports sexuelles pour faire des gosses, personnes ne nous avait prévenu aussi. On savait pas nous.

Pour le stress, cette étude va à l’encontre d’autres études  qui ont conclu que le stress n’avait aucun impact sur la réussite d’une FIV. Mais on va pas remettre en cause les conclusions du Dr Alvarez. D’ailleurs on va pas non plus se demander si ce n’est pas l’infertilité qui explique ces résultats. Est-ce que le fait de ne pas avoir d’enfant amènerait ces couples à noyer leur chagrin dans l’alcool ou la drogue? Est-ce que le fait de devoir s’absenter ou arriver en retard au travail à cause des examens  n’expliquerait pas à lui seul l’augmentation du stress? Est-ce que le sexe purement procréatif ne nuirait pas à la libido?

Enfin, la fille dit ça, elle dit rien. Elle est pas scientifique, la fille.

En plus cette étude a été aussi rapporté par le très sérieux site du magasine TopSanté. Oui, le magasine qui pense que pondre un article toutes les semaines sur des régimes tous plus inefficaces ( et parfois dangereux) les uns de les autres, c’est de la science. Genre, c’est de la référence, quand même. Le monde entier nous envie TopSanté magasine. Tous les étudiants en médecine le lisent. En plus, comme dans le Parisien, ils t’illustrent l’article avec la photo d’une femme enceinte, preuve qu’ils ont bien pris en compte leurs lecteurs infertiles.

La fille qui n’en voyait pas le bout

La France championne d’Europe de la natalité. Et pendant ce temps là, la fille:

  • se fait enlever des cellules cancéreuses de son col de l’utérus;
  • saigne (c’est normal à dit le Dr Colpo, faut s’inquiéter que si ça saigne beaucoup. La fille ne sait pas trop à partir de quelle quantité de sang, c’est beaucoup. On va dire que tant qu’elle meurt pas, c’est bon.);
  • a aussi des légères douleurs de règles (là aussi, c’est normal);
  • photocopie les résultats de son frottis et de sa biopsie pour son centre d’AMP;
  • photocopie les résultats de son frottis et de sa biopsie pour son CECOS (comme ça, pas de jaloux);
  • attend la réponse du centre d’AMP qui lui dise ok pour la FIV et lui donne une date;
  • remet des serviettes hygiéniques car RIEN ne doit pénétrer son dedans de elle;
  • regrette sa lunacup;
  • attend de revoir le Dr Colpo pour qu’il lui dise que son col est tout beau, tout neuf et que désormais rien ne fait plus obstacle à une grossesse;
  • a peur de faire partie des 10% des récidives de l’adénocarcinome (c’est possible avec sa chance légendaire);
  • surtout qu’elle a le papillomavirus (d’où la lésion cancéreuse);
  • se marre en regardant le chat essayer de faire sa toilette alors qu’il a une collerette;
  • attend de savoir si les polypes du chat sont cancéreux ou pas;
  • est heureuse de revoir le soleil;
  • a envie de fringues;
  • a envie de chaussures;
  • a besoin d’aller chez le coiffeur;
  • lit du Philippe Jaenada et rit toute seule;
  • hume les effluves de crottins de cheval qui parfume la Brousse;
  • s’inscrit au permis de conduire (no comment);
  • se demande si elle aura déjà fait un fiv quand l’homme passeront leur vacances en Suisse au mois d’Août;
  • veut prendre une assurance annulation à la SNCF (au cas où elle serait enceinte. LOL);
  • a bien envie de se projeter dans autre chose que les galères;
  • n’ose pas;
  • vire des fringues trop grands qu’elle gardait pour le jour où elle serait enceinte (re-LOL);
  • prend rendez-vous chez l’ophtalmologue;
  • est contente, ça va la changer (pour une fois qu’elle va pouvoir garder sa culotte chez un médecin);
  • regarde les fleurs qui éclosent (c’est le printemps!);
  • sauf pour son orchidée qui agonise;
  • a lu sur un forum que le Dr Colpo était super beau;
  • n’avait pas remarqué;
  • a découvert l’humour des anesthésistes;
  • ils sont drôles (le sien lui a rajouté 10 kilos lors de la consultation pré-intervention) (en même temps, ça doit être chient de passer sont temps à endormir les gens, faut bien qu’ils s’amusent);
  • sait qu’elle ne passera plus jamais un frottis sans une certaine appréhension;
  • va en bouffer des frottis (le prochain dans trois mois);
  • est en colère contre son corps qui l’a trahie;
  • cherche des raisons d’y croire;
  • a peur d’y croire;
  • trouve que The Voice, c’est moins bien que La Nouvelle Star (les jurés étaient plus vachards);
  • grossit;
  • ramollit;
  • se sent un peu larguée;
  • dort mal;
  • mange mal;
  • n’arrive plus à méditer;
  • perd ses cheveux (oui, encore);
  • n’a pas le droit de prendre des bains;
  • n’a pas le droit de baiser (du moins avec coït);
  • prend son mal en patience.