OYE OYE BRAVES GENS !

Lecteur, tu ne le sais pas encore mais mercredi 4 septembre 2013 aura lieu un événement de la plus haute importance. Mercredi, moi la fille (Audrey Leblanc de mon vrai nom) et mon amie Audrey Malfione, nous aurons l’honneur de te présenter le fruit de notre dur labeur. Ouais, parce qu’entre deux protocoles (IAC, IAD, FIV ICSI, FIV D, TEC… ne rayez aucune mention), entre deux noyades de chagrin dans l’alcool, entre deux séances de médisance sur Machine (cette pétasse qui tombe enceinte en C2) nous eu avons l’idée lumineuse (on étaient bourrées) de pondre un bouquin sur l’AMP.  Et le plus fou, c’est qu’un éditeur a bien voulu le publier (et pour ce qu’on en sait, il n’était pas bourré, lui).

Voilà, la bête.

Guide de survie à l'usage des couples infertiles, Audrey Leblanc et Audrey Malfione

Guide de survie à l’usage des couples infertiles, Audrey Leblanc et Audrey Malfione

Il est beau, hein? Pour te donner une idée du contenu, voici la 4ème de couverture :

10 à 15%  des couples souhaitant avoir un enfant consultent pour des problèmes d’infertilité.

Et pourtant, qu’est-ce qu’on se sent seul quand on apprend qu’on va devoir recours à la Procréation médicalement assistée (PMA) pour le faire notre môme. Entre les examens intrusifs, le diagnostic qui tombe comme un couperet, la découverte d’un monde ultra-médicalisé où l’humain est parfois oublié, l’incompréhension de l’entourage (qui lui, pond à tour de bras), les traitements qu’il faut mener de front avec sa vie professionnelle, la PMA ressemble à une jungle et nous à des naufragés.

Ce guide illustré se propose donc de défricher pour vous le parcours d’un couple infertile dans ce monde un peu flippant qu’est la PMA. Audrey Malfione (les dessins, c’est elle) et Audrey Leblanc (le texte, c’est elle) abordent avec humour et sans tabous les aspects médicaux, sociaux et psychologiques de l’infertilité. Car, oui, on peut rire même en PMA.

Alors là je sens lecteur que tu te poses tout plein de questions. Je vais donc tacher d’y répondre (non, ne me remercie pas).

Mais où peut-on se procurer cette merveille? 

Dans toutes les bonnes librairies, les grandes surfaces culturelles (Fnac, Cutura…) et bien sûr sur internet (Amazon, Fnac, Decitre et consort).

Combien de sous vais-je devoir débourser pour en faire l’acquisition? 

Mais même pas cher. 12,95 €, c’est limite donné pour un livre illustré (et il n’y a pas que 2 ou 3 dessins pour faire joli).

Ça se lit vite? Parce que moi, la lecture, bof… Et puis, il y a Castle qui reprend bientôt sur la 2…

Oui, ça se lit vite et si tu veux, tu même te contenter de regarder les illustrations, il y en a plein. Et plus, grâce à son petit format (poche), tu peux l’emporter partout y compris dans tes toilettes. Parfait pour occuper ces longs moments en solitaire.

Je ne suis pas infertile, puis-je l’acheter quand même? 

Bien sûr. Tu y es même fortement invité. Tu as forcément quelqu’un de ton entourage qui est concerné par l’infertilité et nous espérons qu’avec ce livre, tu comprendras un peu mieux ce qu’il ou elle vit.

Et si je m’en tape des infertiles? (Je suis la pétasse qui se reproduit en C2) 

Nous, tout ce qui nous intéresse, c’est de toucher le fric à la fin, tu peux toujours l’offrir.

Même à ma belle-mère? 

Heu… oui. Pourquoi tu ne pourrais pas?

Je peux pas l’encadrer, c’est bientôt son anniversaire et je veux lui faire un cadeau bien pourri.

Ha. Alors non, va donc plutôt lui dégoter un vase bien moche dans une brocante. Ou un canevas qui représente des biches.

Je n’ai pas aimé. Puis-je me servir du livre pour caler la table de la cuisine qui est branlante? 

Notre conscience écologique nous pousse à te répondre par l’affirmative (mais ça nous déchire le coeur).  Nous te  suggérons aussi de l’envoyer à la tronche de ta moitié lors de votre prochaine engueulade. Le Guide de survie à l’usage des couples infertiles a la taille idéale pour bien marquer ta profonde exaspération tout en préservant son intégrité faciale. Ainsi la réconciliation n’en sera que meilleure (testé et approuvé par nous-même).

J’ai adoré. Puis-je en parler sur mon blog, sur Facebook, sur Tweeter et à ma  boulangère? 

Bien sûr. Tu peux aussi le caser dans ta bibliothèque, bien en vu entre ton édition originale de l’Education sentimentale de Flaubert et les oeuvres complètes de Nabokov dans La Pléiade.

Je suis pauvre. Puis-je le voler? 

Non, le vol est  sévèrement puni par la loi. Et puis, c’est mal. D’ailleurs, nous aussi, nous sommes pauvres. Pas plus tard qu’hier, nous avons fait les poubelles de Labrousse pour y récupérer des épluchures de légumes moisis. On en a fait la soupe de la semaine (on y ajoute du gravier pour un peu plus de consistance). On a besoin de manger. Acheter le Guide de survie à l’usage de couples infertiles, c’est un peu comme participer à un Audreython. Tu fais une bonne action qui te mènera tout droit au Paradis.

Bon, mais avoue, vous avez couché pour vous faire éditer? Non, parce qu’on le sait, les manuscrits envoyés par La Poste ne sont même pas lus. Faut coucher ou être le fils de, hein, hein, hein? 

Dans la mesure ou nos Papas et nos Mamans sont susceptibles de lire cet article (nos mecs aussi mais eux, ils ne se font plus beaucoup d’illusions sur nous), nous ne souhaitons pas répondre à cette question (sachez qu’effectivement, nous n’avons pas utilisé l’envoi postale). Merci de respecter notre vie privée.

Je suis un liker compulsif, vous avez un compte Facebook?

Mais grave. C’est . Tu peux liker dès aujourd’hui autant que tu veux. En plus tu peux découvrir en avant-première des illustrations et des extraits du livre jusqu’à sa sortie officielle. Le 4 septembre, on t’a dit?

Et vous allez passer chez Ruquier ou chez Ardisson? 

Nous avons envoyé des photos de nous nues à Ardisson et des photos de nos mecs nus à Ruquier, nous attendons les réponses.

Ah ouais, d’accord. Vous allez vous la péter. 

Un peu, mon neveux qu’on va se la péter. Bientôt on boira du Dom Pérignon, on tapera de la coke a et on fera des partouzes avec tout le gratin germanopratin, autant te dire qu’on ne jouera plus dans la même cours que toi, manant. En attendant, on s’est trouvé un petit job sympa et plutôt pas mal payé (le smic), nettoyer les toilettes de la salle municipale de Labrousse mais c’est juste pour passer le temps avant de devenir riches et célèbres.

Si tu as d’autres questions, tu n’hésites pas à les poser en commentaire sur ce blog ou sur la page Facebook du Guide de survie à l’usage des couples infertiles. Pour  les insultes, merci de les adresser directement à notre maison d’édition, JACOB-DUVERNET (Luc, ne nous remerciez pas, c’est de bonne grâce).

Et pour te faire une idée du travail d’illustratrice d’Audrey Malfione, c’est là : www.odrey.fr

P.S. Il est à noter que sur les sites de ventes en lignes du type Amazon, Fnac et consort, le livre est annoncé à 15, 90 € mais c’est une erreur ( en plus, ils ont zappé de mettre mon nom où ils m’ont rebaptiser Alexandra, cette bande de nases) mais le livre sera bien vendu à 12,95 €.

Edit du 31/08 : Le GSUCI est dors-et-déjà disponible sur internet, au bon prix (12,95€ ou 12,30€ avec les 5% de réduction) mais en rupture de stock chez Amazon (ouais, on va être riches !). Sa sortie en librairie reste prévue pour le 4 Septembre. Un grand merci de notre part à Audrey Malfione et moi pour votre accueil ici ou sur Facebook. Et souvenez-vous, si vous aimez le livre, tout le mérite nous en revient, dans le cas contraire tout est de la faute de notre éditeur.

La fille qui relisait l’intégral des Rougon-Macquart

Hier, la fille a passé son deuxième  contrôle. Pas de Professeur pour lui faire son écho mais une interne qui s’est contenté de dire « c’est bien, vos follicules poussent de façon homogène, c’est bon signe. » La fille demande s’ils sont toujours onze et l’interne lui répond qu’elle en a vu 4 ou 5 de chaque côté. La fille n’en saura pas plus. Pas de nouvelle de son endomètre. Mais ne dit-on pas pas de nouvelles, bonne nouvelle? Bref, la fille doit continuer son traitement sans rien changer et revenir le mercredi pour un dernier monitorage. Ensuite, elle rencontre Natacha pour sa prise de sang. Natacha est aussi sympa que Paulette et comme cette dernière, elle lui a défoncé le bras (« elles sont fragiles vos veines »). Aïe.

Dans l’après-midi, l’hôpital appelle la fille. Ses dosages sont élevés, elle  doit revenir le lendemain pour faire son monitorage. Soit ce matin. Et ce matin, c’était bien parce que la gynécologue (encore une nouvelle tête) était accompagné d’un étudiant (c’est un hôpital universitaire, là où elle est suivie), elle lui a tout bien expliqué. La fille a ainsi vu son endomètre à l’écho. Et la doc a dit qu’il était de 9 mm et de catégorie A. La classe quoi. Il y a toujours 11 follicules mais il y en a un à la traîne (10 mm, le naze). Les autres font entre 15 et 19 mm. Le plus gros est rétro-utérin (et hop, la fille apprend des nouveaux mots), c’est-à-dire qu’il planqué derrière l’utérus. Ensuite, elle a retrouvé Paulette pour la prise de sang. Toujours aussi chouette. Comme le bras gauche a un peu été pris d’assaut des derniers jours, elle a tenté de piquer la fille dans le droit. Sauf que dans le bras droit, la fille a une veine inviolable. Impossible d’y planter une aiguille, elle roule. Paulette a insisté, a fini par l’avoir mais le sang ne coulait pas. Vaincue, elle est revenue au bras gauche. Encore une fois, la fille est repartie avec pansement à chaque bras (et le bleu qui va avec).

Résultats des courses, ce soir, la fille fait comme d’habitude mais elle déclenche demain soir à 21h30 pour une ponction vendredi matin.

La fille qui entamait la phase 2 de la FIV

Lundi dernier, la fille s’est rendue à l’hôpital pour rencontrer l’anesthésiste du service AMP. C’était la première fois qu’elle pénétrait dans ce coin de l’hôpital (étage 2). Jusqu’à présent elle s’était toujours rendue dans le bureau du Professeur (étage 4 ou 5, elle ne sait plus) et au CECOS (à  la cave juste après la PMI). La fille avait rendez-vous à 14h, elle s’est donc présenté à l’accueil à… 14h. La secrétaire (très aimable, pas comme celle du CECOS) l’informe que le Dr Sommeil est parti prendre un café en l’attendant. La fille s’installe en salle d’attente persuadée qu’il ne va pas tarder.

Naïve, la fille.

Le Dr Sommeil, il a du le torréfier lui-même son café (Hey, Gringos, il est bon mon café) parce qu’il s’est pointé comme une fleur avec une heure de retard. A moins qu’il n’est rencontré Anne-Sophie, la nouvelle externe du service urologie et qu’il se soit mis en devoir de lui expliquer toute les subtilités de la spécialité d’anesthésie-réanimation, un bien beau métier. Anne-Sophie étant très bonne ouverte, elle a été ravie de pouvoir discuter avec un futur  coup confrère et ensemble ils ont convenu qu’un jour ils bosseraient ensemble (« Anne-Sophie, je rêverais de vous voir nue pratiquer une biopsie testiculaire pendant que je m’occupe de l’anesthésie du connard patient »).

La fille trouve qu’on devrait mentir systématiquement aux patients en cas de retard du médecin. « le Dr Sommeil vient d’être appelé pour une urgence, il viendra dès que possible », c’est très crédible et ça calme tout le monde. Ça te fais chier de poireauter mais t’oses pas râler parce qui t’imagines ton Dr Sommeil à califourchon sur une femme inanimée pratiquant un vigoureux massage cardiaque  en gueulant « Je veux qu’on lui fasse NFS, chimie, iono et apportez-moi le défibrillateur, merde!!! » (la fille a vu tous les épisodes d’Urgence). Quand il arrive enfin (échevelé et le souffle court), il a l’aura des héros et te dit tranquillement « excusez-mon retard, j’ai du réanimer une femme qui a fait une hyperstimulation sévère. Alors vous venez pour une première FIV? Vous verrez, ça va bien se passer. »

En vrai, le Dr Sommeil s’est pointé avec sa gueule de jeune premier (de l’avis de la fille, il a du avoir son bac la semaine dernière), sans s’excuser (alors que même pas, il sauvait des vies, il était juste en train de draguer Anne-Sophie) et lui a tendu une main moite et molle que la fille a serré avec une pointe de dégoût (autant te dire que ce type galvaude totalement l’expression « se serrer la main ». Lui, il tend la sienne et c’est à toi de faire tout le boulot). On avait demandé à la fille de remplir un questionnaire détaillé sur ses antécédents médicaux en vue de cette consultation qu’il n’a même pas récupéré, il a posé deux-trois questions histoire de dire qu’il a pas eu son diplôme dans une pochette surprise, lui a demandé d’ouvrir grand la bouche et de tirer la langue (limite, ça gène plus la fille que de montrer son dedans de elle, question d’habitude sans doute) et ce fut tout. Une heure d’attente, cinq minutes de consultation.

Heureusement, la fille devait aussi rencontrer les sages-femmes du centre d’AMP. Et ce fut Paulette qui l’a reçue. Paulette est très sympa, elle a répondu à toutes les questions de la fille concernant la FIV, lui a donné deux trois tuyaux (il faut toujours purger le stylo de Gonal quand on l’entame, ne pas se pratiquer les injections de Déca et de Gonal du même côté, etc.), puis elle a fait une prise de sang à la fille. Parce que la fille a été recrutée pour participer à une étude sur les facteurs de coagulations chez les femmes pendant leur stimulations ovariennes (ils essaient de voir s’ils peuvent prédire quelles seront les femmes à risque d’embolie et de phlébite pendant leur grossesse). Pour la fille, ça ne change pas grand chose. Quand elle ira faire ses contrôle à l’hôpital en plus du prélèvement sanguin pour le dosage hormonal, il lui prendront deux tubes en plus pour leur recherche. Paulette a dit que « le seul truc c’est que vous devrez faire votre premier test de grossesse ici. Mais les deux suivant vous pourrez les faire dans votre laboratoire près de chez vous. » La fille a aimé l’optimisme de Paulette. Il n’y aura plusieurs tests de grossesse que si le premier est positif. Le fait qu’elle utilise le futur plutôt que le conditionnel lui a mis du baume au coeur. Et même si son bras lui a fait un mal de chien pendant 3 jours et que le lendemain elle a eu un bleu (qui aujourd’hui est devenu jaune) de 10 cm de long là où Paulette l’a piquée (oui, elle a mesuré), la fille l’aime.

D’autant plus que Paulette a enfreint la loi pour aider la fille. Lorsque le CECOS a rappelé la fille (avec deux semaines de retard) pour lui dire qu’il y avait bien des paillettes de disponibles, ils en ont profité pour leur demander de refaire leurs sérologies (les siennes et celles de l’homme). Un truc du CECOS, c’est qu’en plus de ne jamais répondre au téléphone, ils aiment bien te demander de refaire des examens mais démerdes-toi pour les ordonnances. La fille en a touché un mot à Paulette, espérant que le Professeur pourrait les lui faire. Sauf que le Professeur n’était pas disponible (le lundi, il doit jouer au golf avec le chef de service du service d’oncologie*). N’écoutant que son courage, Paulette a imprimé deux ordonnances censément rédigées par le Professeur et les a signé elle-même en disant « Houlala, je vais aller en prison. J’imite la signature du grand patron. » Ça, c’est du dévouement.

A noter que quand la fille s’est rendu dans son laboratoire  Labroussien pour faire son dosage hormonal post-blocage des ovaires, elle en a profité pour faire ses sérologies. Elle a donc présenté ses deux ordonnances, celle pour le dosage hormonal signée par le Professeur et celle des sérologies signée par Paulettes. Ca n’a pas eu l’aire de perturber la secrétaire que le même médecin ait deux signatures différentes. Comme quoi, ça doit être assez simple de falsifier une ordonnance (mais ne le fait pas lecteur, c’est très mal, encore pire que le téléchargement illégal).

Au final, les ovaires de la fille sont bien bloquées et depuis samedi, elle a attaqué la stimulation au Gonal-f. La fille voudrait te dire à quel point c’est de la joie  et de la simplicité de se piquer avec un stylo pré-rempli mais comme elle doit continuer le Décapeptyl, son bonheur est nettement amoindri par ce dernier. Enfin, elle ne va pas se plaindre elle n’a pas de bleus et pas d’effets secondaires (à part les ovaires qui tirent un peu depuis le début de la stim). C’est d’ailleurs assez bizarre de les sentir à ce point. C’est vrai quoi, en temps normal, ses ovaires, la fille se rappelle qu’ils existent quand elle ovule (et encore, pas toujours) mais sinon, elle les oublie. Comme sa rate en somme (à la différence près que la rate n’ovule pas). Ben là, elle ne peut plus les ignorer. Ils ne lui font pas mal mais elle a l’impression qu’ils pèsent une tonne chacun. Les pauvres, ils ont pas l’habitude de bosser autant.

Vendredi, la fille retourne à l’hôpital pour son premier contrôle. Affaire à suivre donc…

*Tu noteras que la fille est pleine de préjuger sur la vie des médecins. Elle les imagine tous jouant au golf ou se prélassant sur une plage de sable blanc mais c’est pour rire. En vrai, elle pense que le Professeur, quand il ne professe pas ou qu’il ne ponctionne pas des ovaires, il va dormir dans une des cuve d’azote liquide du CECOS. Elle pense que la photo des deux gamins qu’elle a vu dans son bureau une fois, c’est juste pour lui donner un air vaguement normal. Il a du la découper dans un catalogue La Redoute mais la fille n’est pas dupe. De toute façon, le Professeur n’est pas humain (un peu comme les vampires mais en nettement moins sexy qu’Eric de True Blood)(dommage).

La fille qui tentait de concilier vie sociale et injections de Décapeptyl

Depuis mercredi dernier, la fille redécouvre les joies du l’auto-injection avec un tout nouveau produit (pour elle), le Décapeptyl. Chaque soir, elle fait sa petite popote sur la table de la cuisine. Pour se faire, elle réunit tout son matos comme sur la photo ci-dessous :

Pour une injection de Décapeptyl (dont la fonction est de mettre les ovaires au repos avant la stimulation à proprement parlé), tu noteras, lecteur attentif qu’il faut :

– Du Décapeptyl qui se présente sous la forme d’une petite fiole contenant une poudre (la substance active) et d’une ampoule contenant une solution que tu dois mélanger à la poudre;

– Une seringue stérile (tant qu’à faire), ici fournie avec une aiguille à embout orange pour l’injection en sous-cutanée;

– Une grosse aiguille à embout rose qui fait peur mais qui ne sert qu’a faire le mélange de Décapeptyl (heureusement);

– Des compresses stériles (tant qu’à faire) et de l’alcool à 70° pour te nettoyer ton gras du bide;

– De la solution hydroalcoolique pour te nettoyer tes mains dégueulasses (de l’eau et du savon peuvent suffire);

– Une bouteille (vide la bouteille) pour récupérer tes seringues usagées (ou une poubelle jaune si ta pharmacie t’en fournie, veinard)

– Un cactus (faculatatif);

– Du gras du bide (photo non fournie).

Une fois que tu as tout ça sous les mains, Tu procèdes de la façon suivante :

Etape 1 : Tu te laves les mains.

Etape 2 : Tu vires la petite aiguille orange de la seringue et la remplaces par le grosse rose.

Etape 3 : Tu casses l’ampoule sans te micro-couper (avec une compresse alcooliser, ça fait l’affaire).

Etape 4 : Tu aspires tout le liquide avec la seringue munie de la grosse aiguille.

Etape 5 : Tu plantes la grosse aiguille dans la fiole contenant la poudre et injectes le liquide prélevé dans l’ampoule, tu mélanges légèrement (la poudre se dissout instantanément).

Etape 6 : Tu retournes la fiole et ne laisses que la pointe de la grosse aiguille à l’intérieur pour bien aspirer tout le mélange comme ci-dessous :

Etape 7 : Tu retires la grosse aiguille rose et la remplaces par la petite rose (sauf si tu aimes souffrir).

Etape 8 : Tu tapotes la seringue pour en faire partir les bulles d’air éventuellement présentes et presses légèrement sur le piston jusqu’à ce qu’une goutte de produit sorte de la seringue.

Etape 9 : Tu te désinfectes le gras du bide avec une compresse et de l’alcool, l’attrapes avec ta main libre et plantes l’aiguille en entier à 90°.

Etape 10 : Tu appuies doucement (sauf si tu aimes souffrir) sur le  piston jusqu’à ce que tout le produit soit injecté dans ton gras du bide.

Etape 11 : Tu retires doucement l’aiguille et appliques une compresse alcoolisée sur la zone d’injection quelques secondes.

Etape 12 : Tu jettes tes seringues usagées et l’ampoule cassée dans ta bouteille ou ta poubelle jaune.

Voilà, tu viens de te faire ton injection quotidienne de Décapeptyl. Tu peux recommencer à respirer et reprendre une activité normale.

Beaucoup d’entre toi sais déjà tout ça mais la fille fait un bref récapitualtif pour les autres (car oui, il y a des gens qui avancent dans la vie sans avoir jamais entendu parler du Décapeptyl)(c’est fou, il parait même que certain font des enfants grâce à de simple relations sexuelles mais sur ce dernier point, la fille est très septique). Pour ceux d’entre toi qui voudrais en savoir plus sur les injections déca, il y a une vidéo très bien foutue ici.

Depuis vendredi, jour où le CECOS a daigné rappeler la fille pour lui confirmer la disponibilité de paillettes pour la FIV, le plaisir de ce petit rituel n’en est que décuplé. Forts de cette heureuse nouvelle, l’homme et la fille décident d’accepter l’invitation de leurs amis à passer la journée chez eux. Prévoyante, la fille embarque son nécessaire à piqûre (sauf la bouteille et le cactus) chez les amis.

Tous se passe bien et la soirée se profile sous de bien bons hospices vu que leurs amis leur proposent de dîner avec eux (héhé, la fille est on-ne-peut-plus fière d’avoir son Déca avec elle). Elle s’installe donc dans la salle de bain, seule pièce non envahie par les enfants ou les fumeurs, procède aux étapes 1 à 5 sans encombre puis entame l’étape 6.

Et là, c’est le drame.

La fille a un peu trop sorti la grosse aiguille de la fiole au moment de récupérer le mélange et tout le produit lui a giclé à la  figure. Oups. Et bien sûr, la fille n’a pas  pris de dose de secours (erreur de débutante). La fille sort de la salle de bain en trombe, fonce vers l’homme, des gouttelettes de déca sur ses lunettes et annonce « il faut qu’on rentre immédiatement, je me suis merdée avec le déca, j’ai pas assez de produit pour me faire l’injection, mes ovaires ne vont pas être bloquées, la FIV va foirer, la fin du monde est proche, on va tous crever!!! ».

Moment de flottement, l’homme et les amis se regardent sans vraiment comprendre ce qui affole la fille qui est déjà en train de récuperer leurs affaires. Le pote tente un « tu ne peux pas aller dans une pharmacie leur demander de te dépanner de ton médicament? ». Haha. Non, elle peut pas. On te file pas des hormones comme ça, c’est pas de l’aspirine. Elle ezst désolée mais il faut vraiment qu’ils rentrent. Cinq minutes plus tard, l’homme et elle courent pour choper le prochain train qu’ils ont de justesse. Ce n’est qu’une fois installés qu’ils se rendent compte qu’ils n’ont même pas dit au revoir aux enfants de leurs amis.

Résultat des courses, la fille s’est piquée avec 2h30 de retard sur l’heure habituelle et a fichu en l’air une dose de Décapeptyl (le trou de la sécu, c’est elle). A quand les hormones en comprimés, sérieux? Enfin, après discussion avec Paulette, une sage-femme du service PMA (qui ne s’appelle pas vraiment Paulette), se piquer en retard c’est mal, très mal mais si ça ne se produit qu’une fois, c’est pas trop grave. La fille a décidé de ne plus sortir de chez elle jusqu’à la fin du traitement.

Et pendant ce temps-là, certains se la coulent douce.

La fille qui était un chouïa contrariée

Comment veux-tu rester zen une partie de la réussite de ta FIV (et pas la moindre) dépend du CECOS? Comment veux-tu garder ton calme quand il te faut presqu’une semaine pour obtenir une réponse (foireuse la réponde) à une question toute simple : avons-nous des paillettes disponibles pour notre prochaine FIV?

Résumé des épisodes précédents :

Jour 1 : appels au secrétariat du CECOS. Le matin, ça sonne occupé ou dans le vide. La fille se dit que n’ayant jamais réussi à les joindre, elle rappellera l’après-midi. L’après-midi, elle tombe sur le répondeur qui l’informe que les bureaux sont ouverte de 8h30 à 16h30. La fille regarde l’heure à sa montre, il est 14h. 16h15, enfin, ça sonne et enfin ça répond. La fille explique pour la FIVD et le besoin imminent de paillettes. Réponse : on vous rappelle. 16h30, personne n’a rappelé la fille, les bureaux sont fermés.

Jour 2 : Pas d’appel du CECOS. Il vient tout juste de ré-ouvrir après les vacances du mois d’août, ils doivent être débordés, la fille se dit qu’ils appelleront le lendemain.

Jour 3 : Bon, ben, toujours pas de nouvelles. La fille commence à se demander s’il est possible qu’ils n’aient pas de paillettes à leur fournir. Si on leur demande d’appeler pour vérifier à chaque fois, c’est sans doute que c’est possible. Mais est-ce déjà arrivé?

Jour 4 : La fille tente de joindre le CECOS. Même scénario qu’à jour 1 sauf que personne ne finira par lui répondre.

Jour 5 : La fille passe sa journée au téléphone et arrive à joindre le CECOS deux fois dans la même journée. Une fois le matin où une secrétaire dont la fille ne reconnait pas la voix lui demande de rappeler l’après-midi vers 14 h (mais à 14h, le répondeur est branché) et une fois vers 16h15 où le Goulag lui répond qu’ils sont débordés, qu’ils n’ont aucune idée de la disponibilité des paillettes mais que dans la mesure où le donneur est blanc, elle n’a qu’à considérer que c’est bon et commencer son traitement.

Où commencer une FIVD dans de bonnes conditions. Dans deux jours la fille commence le Décapeptyl et elle n’est même pas certaine que la fécondation pourra se faire faute d’avoir des gamètes mâles disponibles. La fille espère vraiment qu’ils savent ce qu’ils font au CECOS et qu’elle va pas se taper des injections d’hormones pour rien. Non, parce que la possibilité que la fille est préparée à la mauvaise réponse de ses ovaires, à l’hyperstimulation, à la ponction blanche ou au non transfert pour cause de pas de fécondation de ses ovocytes. Ça lui ferait mal au cul mais ça fait partie des risque que l’on prend quand on fait une FIV. On le sait. Mais annuler une FIV parce que le CECOS est débordé et ne peut pas faire son travail, elle est pas certaine de bien le vivre.

La fille a envoyé un mail à son centre de FIV et elle verra bien ce qu’ils lui répondront. En espérant que tout ira bien. En attendant, la filel vient de faire connaissance avec le Décappetyl et elle est très déçue. Déçue, déçue, déçue. Quand la fille a vu que cette fois-ci elle aurait droit au Gonal-f stylo, elle a été transportée de joie. Pas de mélange à faire, youpi! C’était sans compter sur le décapepetyl. Non seulement cette saleté n’est pas prête à l’emploi comme elle le pensait naïvement mais en plus, les seringues ne sont même pas fournies. Bordel. Et qu’est-ce qu’elle doit prendre comme taille d’aiguilles la fille? Elle n’a aucune idée de l’épaisseur du produit.

Toi lectrice qui a utilisé du décapeptyl 0,1 mg, tu prend quoi, par exemple? En plus la fille a vu que le solvant est dans une ampoule en verre et la fille aime pas les ampoules. A chaque fois qu’elle essaie d’en ouvrir une, elle se micro-coupe, c’est atroce. Ça micro-saigne, ça fait micro-mal, une vrai boucherie. En plus, douée comme elle est, elle va s’injecter des micro-morceaux de verre et va s’avoir si ça va pas la micro-tuer. Et pour couronner le tout, Labrousse n’organise pas la collecte des seringues usagées alors la fille 1) n’a pas de mini-poubelle jaune bien pratique 2) va devoir aller jusqu’à la déchetterie pour jeter ses vieilles seringues rouillées 3) ne sait pas où les stocker en attendant. Elle en regretterais presque Paris, sa pollution, son métro qui pue, ses trottoirs plein de merde (et pas forcément canines) et sa collecte de seringues usagées si bien organisée.

Suite de FIV 1 au prochain épisode… Ou pas.

Réponse de l’hôpital

Au courrier, samedi matin, la fille a eu la joie de trouver une lettre de l’hôpital. Chouette qu’elle s’est dit. Elle les remercie d’ailleurs de leur respect du secret médical qui les pousse à tamponner sur l’enveloppe « Service d’Assistance Médicale à la Procréation ». La fille est bien contente de n’avoir encore jamais rencontré son facteur mais passons. La fille est heureuse, elle va enfin en savoir plus sur l’organisation de sa FIV. Elle ouvre l’enveloppe et lit :

STAFF DE F.I.V du 17.07.2012

Nom : La fille                                                                                                                          Médecin consultant : le Professeur

Date de naissance : ../12/1977

Conjoint : l’homme

Etaient présents: 

Le Professeur, Docteur Trucmuche, Docteur Bidule, Machine Chose, l’interne de service, le Docteur d’un autre hôpital que tu te demandes ce qu’il fout là mais ça fait genre on s’est penché sur votre cas et on a beaucoup réfléchi. 

Histoire du couple :

Patiente de 34 ans, infertilité primaire depuis 2007, d’origine masculine. L’homme a eu un séminome testiculaire gauche avec orchidectomie et chimiothérapie, suivie d’une azoospermie. Trois cycles d’IAD ont été réalisés par le Dr B sans résultat.

En mars 2012 une conisation a été fait par le Dr Colpo pour un adénocarinome in situ du col. Tous les contrôles récents sont négatifs et la patiente va être suivie sur ce plan.

Cause de l’infertilité :

Masculine

Proposition du staff : 

Du fait de l’ancienneté de l’infertilité, on accepte l’indication de passage en FIV avec sperme de donneur. 

Très bien, la fille apprécie beaucoup cet esprit de synthèse qui leur permet résumer cinq ans de leur vie en trois phrases (en fait, c’est 7 ans de leur vie mais ne soyons pas tatillons). Elle aime aussi beaucoup le « on accepte » tellement plus cool et original qu’un vulgaire « nous acceptons » bien trop formel. On les sent tout de suite plus proche de soi, ça fait plaisir.

Mais, car il y a un mais, la fille trouve qu’il manque une information de taille. Non pas qu’elle ne prenne pas au sérieux leur staff mais honnêtement, il n’y avait pas vraiment de suspens quand au fait qu’ils acceptent (et on les en remercie du fond du coeur) l’homme et la fille en FIV. Ça fait 20 ans que le Professeur ponctionne des ovocytes à la chaîne (peut-être plus, la fille le soupçonne de s’être entraîné sur des animaux quand il était enfant)(à l’époque, il hésitait entre la gynécologie et le meurtre en série), elle suppose donc que s’il recommande le passage à la FIV, globalement, il y a de fortes chances que le staff suive.

Ce que la fille aurait aimé savoir, c’est quand est-ce qu’elle va pouvoir la faire CETTE PUTAIN DE FIV??? Or, elle a beau chercher, il n’est indiqué nulle part de date  de top départ (ni aucune autre information sur le protocole qu’elle doit suivre). Sans vouloir avoir l’air de râler (c’est pas du tout le genre de la fille), c’eut été sympa de la lui communiquer cette date (aujourd’hui, révisons le passé antérieur avec la fille). A la place, ils lui ont filé un nouveau consentement à signer et à renvoyer (elle est à peu près certaine de l’avoir déjà fait, qu’ils sont pénibles). Des consentements, elle a du en signer trois douzaines depuis le début de la PMA, maintenant, elle aimerait bien du concret. Donc oui, elle est d’accord pour la congélations de ses embryons et oui, elle accepte qu’ils refilent des infos la concernant  à l’Agence de biomédecine.

Elle espère juste qu’ils ont prévu de la caser avant le mois de décembre, date à la fille va avoir 35 ans et où ses ovaires, si on en croit Top Santé magazine, vont se transformer en pruneaux d’Agen (à 38 ans, ils s’auto-détruisent, parait-il).

Là, elle est partie à la pêche au infos auprès du secrétariat. Encore faudrait-il qu’ils répondent au téléphone (c’est juste une suggestion). Souhaitez-lui bonne chance. Et rendez-vous en 2026.

La fille qui aimerait que son subconscient lui foute la paix (mais vraiment)

Parfois, le subconscient de la fille trouve que cette dernière ne communique pas assez avec lui. Alors il lui envoie des messages via les rêves. Quand la fille rêve qu’elle a une relation sexuelle épanouissante avec son gynécologue, c’est pas qu’elle a vraiment envie de coucher avec lui (quoique s’il est aussi bon que dans ses rêves), c’est qu’elle en plein transfert (le Dr Colpo est un super-héro, un sauveur d’utérus, un maitre es colposcopie) (en même temps, vu les tarifs qu’il pratique, c’est la moindre des choses). La fille est oniriquement amoureuse du Dr Colpo parce qu’elle lui est reconnaissante d’avoir bien fait son boulot. D’ailleurs si son prochain frottis est bon et qu’il donne (enfin) son accord pour la FIV, la fille envisage de se faire tatouer son prénom (Serge, for ever) sur le bras. Une façon sobre de lui témoigner son amour inconditionnel et unilatéral.

La fille se demande ce que ça va donner si le Professeur réussit à la mettre enceinte (pas tout seul, hein, avec l’aide de tout son service hospitalier). De l’amour inconditionnel et unilatéral, elle va en avoir à revendre. Elle pourrait appeler son fils comme lui. Jean-Marie. Mouais, elle va encore y réfléchir. De toute façon pour l’instant, elle transfert pas.

Quoiqu’il en soit, le subconscient de la fille a décidé d’encore une fois lui dire des trucs. Et autant la fille aime bien quand il s’exprime via des rêves du cul (message perso : la prochaine fois, elle veut bien se taper son dentiste qui est la sexytude incarnée), autant ce coup-ci, elle aurait préféré qu’il s’abstienne. Parce que, hein bon, des rêves comme celui-là, ça lui fiche le moral à zéro.

Ouais, lecteur, je te vois trépigner derrière ton ordinateur : mais de quoi donc a rêvé la fille? Tu vas le savoir tout de suite. Mais d’abord, une petite mise en contexte (ne t’en vas pas, y’en a pour une minute) : ce cycle-ci, la fille a eu deux jours de retard. De minuscules petits jours. Pas de quoi se ruer sur un test de l’autre pouffe (mais si tu sais, Claire!). D’ailleurs,  quand on a l’homme dans sa vie (azoopsermie), un retard de règle, c’est juste un retard de règle. Mais visiblement, son subconscient ne le sais pas.

Dans la nuit de Samedi à Dimanche, la fille a rêvé qu’elle était enceinte.  Mais attention, pas après avoir fait une IAD ou une FIV. Non, elle était enceinte suite à un rapport avec l’homme. Comme les gens normaux, quoi. C’était très simple. Elle avait un retard de règles (comme dans la vraie vie), elle faisait un test de grossesse (pas comme dans la vraie vie) et il était positif (no comment). La fille filait donc au laboratoire faire confirmer ce résultat surprenant (tu m’étonnes !) par un dosage BétaHCG qui était de 400 et des brouettes. Sous le choc (on le serait à moins), la fille appelait le Dr B (elle a son numéro de portable, c’est très pratique) et se mettait à brailler :  » C’EST POSITIF! J’AI UN TEST POSITIF ! COMMENT C’EST POSSIBLE (oui comment, on est en droit de se le demander) ! IL FAUT QUE L’HOMME FASSE UN SPERMOGRAMME ! IL VA CROIRE QUE JE L’AI TROMPE (même pas) ! COMMENT C’EST POSSIBLE!!! ». Le Dr B a-t-elle perdu l’usage d’un tympan, a-t-elle compris un traître mot de ce que lui beuglait la fille? Nous ne le saurons jamais car c’est à ce moment-là qu’elle s’est réveillée.

Un peu tourneboulée, la fille se rend aux toilettes pour sa vidange matinale. Et là, paf, je te le donne en le mille, Emile, elle a ses règles. Alors, seule (enfin non, il y avait le chat qui se frottais à ses jambes pour faire style « je t’aime » mais en fait, c’est juste qu’il a faim), cul nu sur ses toilettes, la fille a fait un truc qu’elle n’a jamais fait en 6 ans1/2 d’essais bébé (à part après l’échec de IAD 1 mais ça compte pas), elle a pleuré en voyant le sang sur son papier hygiénique. La honte.

Après, toute la journée, la fille s’est traînée du canapé au lit et du lit au canapé en poussant d’ostensibles soupirs désespérés. De temps en temps, l’homme venait lui demander « ça va pas? » ce à quoi la fille répondait « si, si » d’une voix caverneuse. Comme l’homme a un peu l’habitude des états d’âme de la fille, il se contentait de hausser les épaules avant de retourner tuer des extra-terrestres grâce à sa X-box. Bon, mais ça mettais le fille en colère qu’il en ait rien à foutre de la voir mourir de dépression alors elle lui faisait la gueule. Finalement ils ont finis par se prendre la tête et l’homme est parti en claquant la porte pendant que la fille l’insultait copieusement.

Quand il est revenu en boudant 20 minute plus tard, la fille a vu qu’il était passé chez Mouloud (l’épicier du coin) pour acheter du Coca et des Magnums aux amandes. Quelque part, l’homme a bien compris que la fille a besoin de calories pour soigner sa déprime. Ils se sont donc réconcilier en mangeant leur glace. Encore heureux que Mouloud est pas été en rupture de stock sinon, la fille ne donnait pas cher de son couple. Tout ça à cause de son subconscient.

Il parait que quand t’es en PMA, il faut faire le deuil du bébé couette. La fille sait pas trop ce que ça veut dire (comment faire le deuil d’un truc qui n’existe pas?) mais une chose est sûre, c’est que si cette expression a un sens (ce dont elle doute), elle n’y est pas. C’est fou quand même qu’après 2 ans et demi d’essais natures et 4 ans d’infertilité, elle fasse encore des rêves de cet acabit.

La fille a pas tellement envie d’interpréter ce rêve. Juste elle trouve qu’il pue. D’ailleurs dimanche, elle trouvait que sa vie en entière puait. Elle a arrété de bosser pour se consacrer à sa (ses ?) FIV. Résultat, elle attend que le Dr Colpo lui fasse un frottis le 12 juin. Ensuite, il faudra attendre les résultats (environ 15 jours). S’ils sont bons, elle devra les communiquer au Professeur qui passera son dossier en staff et lui retournera la réponse par courrier. Au mieux, ils en sont à mi-Juillet. Le CECOS étant fermé en Août (et son centre de FIV peut-être aussi), elle commencera sa FIV au mieux sur le cycle de septembre. Soit un an après le début de IAD 3. Et encore, ça, c’est le scénario optimiste. Sinon, c’est frottis le 12 juin, attente des résultats qui n’arriveront pas dans sa boite au lettre, appel du Dr Colpo (ou plus probablement de sa secrétaire) 3 semaines plus tard, biopsie, attente des résultats de la biopsie (15 jours), conisation si nécessaire (3 semaines après les résultats de la biopsie au mieux), rendez-vous de contrôle pour vérifier la cicatrisation de son col un mois après puis re-attente du premier frottis 3 mois plus tard pour vérification. Et ensuite, si tout va bien, FIV. Ce qui nous mène à l’en 2013. Sans compter que plus on lui enlève de morceaux de col, plus les risques d’accouchement prématuré (si elle a la joie d’être enceinte un jour) augmentent(ben ouais, si on a un col de l’utérus c’est pas juste pour faire beau, il est très utile pour mener une grossesse à son terme. Et entier, c’est mieux). Merci le cancer in situ.

Bon la fille n’a que 10% de risque de faire une rechute. C’est pas énorme (quoiqu’elle a fait des IAD avec de chances de réussite moindre). On va dire qu’il n’y a pas de raison (ma fille déteste cette phrase à la con). Mais quand même, elle stresse un peu. Et qu’elle en a marre de ne pas pouvoir se reproduire. Elle a un peu peur du jour où on va lui dire « désolé Madame (plus personne n’appelle la fille mademoiselle), vous avez trop attendu, vos ovaires ont moisi, on ne peut plus rien pour vous ». En PMA, le temps c’est de la fertilité. Et du temps, la fille en a déjà perdu beaucoup. Si l’enfer existe, il ressemble à une salle d’attente de centre de PMA (commune avec la maternité) avec des magazines féminins comme seule lecture (la torture).

La fille n’aurait pas penser écrire ça un jour mais, putain, elle veut y aller en FIV. Elle le veut vraiment. Et aussi que son subconscient ferme sa gueule.

Pourquoi donner son sperme

Raison n° 1 : Parce que c’est gentil. Et toi là,  derrière ton ordinateur, t’es gentil. Si si.

Raison n°2 : Parce que tu en a marre que tes beaux spermatozoïdes si vigoureux finissent zigouillés par le stérilet de ta femme.

Raison n° 3 : Parce que t’aimais bien te branler dans la salle de bain quand t’étais ado. Ben là, c’est pareil, sauf que c’est pas une salle de bain.

Raison n° 4 : Parce que ça fait moins mal que de donner un rein.

Rasion n° 5 : Parce que c’est généreux. Et toi là, derrière ton ordinateur, t’es généreux. Si si.

Raison n° 6 : Parce que les infirmières des CECOS sont supers bonnes. Il parait même qu’elles ne portent pas de culotte. Mais si tu vas pas au CECOS, tu ne pourras jamais vérifier si c’est vrai.

Raison n°7 : Parce que tu aimerais savoir comment bien te désinfecter les parties génitales. L’hygiène c’est important.

Raison n° 8 : Parce que tu es collectionneur de vieux magazines pornos. Au CECOS, ils en ont sans doute des que tu as pas.

Raison n°9 : Parce que c’est une très bonne excuse pour ne pas aller bosser.

Raison n°10 : Parce que c’est cool. Et toi là, derrière ton ordinateur, tu est cool. Si si.

Raison n°11 : Parce que tu emmerdes les Catholiques Intégristes.

Raison n°12 : Parce que c’est ton Destin.

Raison n°13 : Parce que les enfants issus de ton don ne te réveilleront jamais la nuit. Ni le jour. En fait, ils vont te foutre une paix royale. Pas comme les tiens.

Raison n°14 : Parce que ta Sexy Belle-Soeur est gynécologue dans un CECOS et que ça te donnera l’occasion d’aller lui dire bonjour (en tout bien, tout honneur, bien sûr).

Raison n°15 : Parce qu’il a été scientifiquement prouvé que les donneurs étaient de super bons coups. Et toi là, derrière ton ordinateur tu es un super bon coup. Si si.

Raison n°16 : Parce que ça fait grossir le pénis.

Raison n°17 : Parce que tu es un peu pervers, que tu aimes les lieux publics (jardins publics, train, écoles…) et que tu n’as pas encore fait l’hôpital. En plus là, on va même pas t’envoyer en garde à vue.

Raison n° 18 : Parce que ça va impressionner tes amis.

Raison n°19 : Parce que ça  a aidé DSK a maîtriser ses pulsions. Après il a arrêté et tu vois où ça l’a mené.

Raison n° 20 : Parce qu’il a été scientifiquement prouvé que les donneurs ont un QI supérieur à la moyenne. Et que toi là, derrière ton ordinateur, tu as un QI supérieur à la moyenne. Si si.

D’autres bonnes raisons de donner son sperme ici.

La fille qui mangeait des M&M’s

Ce matin le fille calculait qu’il s’est passé six mois depuis les résultats des sa dernière IAD. Et qu’elle n’a aucune idée de quand aura lieu sa prochaine opportunité de « tomber » enceinte (la FIV). Une demi-année sans que ses ovocytes aient croisé un seul spermatozoïde, même de loin. La vache, comme le temps file. Ce qui lui donne un peu plus le vertige c’est de se rappeler qu’il s’est aussi passé six ans et demi depuis l’arrêt de la pilule. Et que tout ce qu’ils ont récolté c’est deux cancers (4 en comptent les chats) et 3 IAD négatives. C’est ridicule, tout ce temps pour si peu de tentatives. Six an et demi et n’en être quasi qu’à ses débuts PMA…

D’un côté, c’est une bonne nouvelle. Ca leur laisse de l’espoir. Rien n’est perdu. De l’autre, ça les laisse dans l’incertitude quand à l’issu de tout ça. Et la fille voudrait pouvoir passer à autre chose. Que ce soit avec un enfant ou pas. Juste écrire le mot fin à ce moment de leur vie qui commence à durer depuis trop longtemps. Juste ne plus vivre avec ce point d’interrogation au-dessus de leurs têtes.

Certains jours, la fille voudrait juste dire « stop, on arrête là. On ira pas en FIV, on adoptera pas. » Et puis le lendemain, elle parle de mariage à l’homme. Pas dans un but romantique « on s’aime, on veut le crier à la face du monde, chabadabada », dans un un but purement pragmatique. Le mariage, l’homme et la fille s’en foutent. Ils s’aiment, ils le savent, ça leur suffit. Ils ont pas besoin que la société (ou la famille) les approuve ou que Dieu les bénisse. Mais pour adopter, il faut être mariés et au cas où…

S’ils avaient été un couple fertile, ils auraient deux ou trois mioches nés hors mariage et personne n’aurait rien eu à leur dire. Ils ne le sont pas. Du coup, ils attendent comme le messie la réponse (positive de préférence) du staff de leur centre PMA et le protocole qui ira (normalement) avec. Ce qui met en joie la fille en ce moment, ce qui fait frémire ses ovaires, c’est la perspective de se trouer le bide à coup de Gonal-F ou de tout autre produit que le professeur aura bien voulu lui prescrire.

C’est déprimant quand on y pense.

Bah, c’est malin, la fille n’y pensait pas jusqu’à ce matin. Putain, elle devrait le savoir depuis le temps : NE JAMAIS FAIRE LE DÉCOMPTE DU TEMPS QUI PASSE.

Voilà, la fille va être obligée de se consoler avec un paquet (XXL) de MM’s et c’est pas bon pour sa fertilité ligne.

Lettre à Dominique A

Mon Dom,

Je t’aime depuis longtemps, je te suis depuis tes débuts. A l’époque tu avais des cheveux et tu étais un peu moins dépressif. Tu me dois beaucoup. J’ai acheté tous tes albums, je couine à tous tes concerts. Si tu as les moyens de t’acheter tes guitares et de faire ton beau sur scène, c’est grâce à moi.

Aujourd’hui, je te donne l’occasion de t’acquitter de ta dette et de faire un geste qui donnera un sens à ta vie (tu pourras en faire tout plein de belles chansons). Aujourd’hui, je te propose de me donner ton sperme. Tu es une âme sensible, Dominique. Cette proposition, tu ne peux pas y rester indifférent. Le don, c’est la vie.

C’est super sympa de ma part parce que bon, soyons honnêtes, t’es pas Brad Pitt non plus. Mais j’ai compris que tu avais besoin d’aide et je suis comme ça, j’ai le coeur sur la main. Tu  ne peux que dire oui (et te sentir flatter). Reste à nous mettre d’accord sur les modalités. Rien ne vaut le sperme frais alors je propose la méthode artisanale. C’est pas que j’en ai envie, hein, mais bon, il faut ce qu’il faut (personnellement j’aurais préféré une FIV, c’est tellement plus pratique). J’ovulerai aux alentours du 24 Avril donc si tu es sur Paris à ce moment-là, je propose que nous procédions à notre échange de fluides dans l’hôtel de ton choix. Envois-moi tes trois derniers spermogrammes et s’ils sont bons, mon dedans de moi seras à toi.

Dominique, il faut tout de même que je te prévienne. Je suis méga bonne, spirituelle et drôle. En plus, j’ai le plus bel utérus de la planète Terre (sauf le col mais ça a été réparé) avec une glaire cervicale superbe (ça te fais pas rêver ça?). Après cette rencontre, tu vas mourir d’amour pour moi (c’est normal, ça fait ça à tout ceux qui me voit de l’intérieur). Sauf que mon coeur est déjà pris. Alors tu vas souffrir. Mais dis-toi que si tu fais bien ton boulot (me féconder), tu continueras de vivre en moi et que c’est un cadeau inestimable que je te fais. Tes gènes seront à jamais unis aux miens. Et puis, si tu veux, je te laisserai une copie de mon hystérosalpingographie comme ça tu pourras contempler ma magnificence utérine et te souvenir de ce moment heureux que nous aurons partagé (enfin, surtout toi, parce que moi c’est surtout pour te rendre service).

j’espère que tes larmes de joies ne t’empêche pas de lire cette lettre en entier. Non, tu ne rêve pas Dominique. Ma proposition est tout ce qu’il y a de plus honnête.

A bientôt, mon Dominou.

Big Bisous

La fille