Oui, c’est vrai

Oui, c’est vrai, je ne dort plus beaucoup la nuit et même que quand j’arrive à aligner 3 heures de sommeil d’une traite, je remercie Dieu, Boudha et Mère Nature (La Truie),

Oui, c’est vrai, deux mois après la naissance d’Ernest, je sens que tout n’est pas revenu à la normale, là en bas, et ma cicatrice d’épisiotomie est toujours sensible,

Oui, c’est vrai que mes seins commencent à regarder par terre,

Oui, c’est vrai que j’ai une ligne brune sur le ventre, que mon ventre est tout mou et que mes hanches déjà larges ne rentrent plus dans mes jeans,

Oui, c’est vrai que je garde un souvenir mitigé du moment où l’obstétricien à sorti Ernest de mon dedans de moi à la ventouse même si je reconnais que dans la mesure où je poussais (comme une merde) depuis une heure, c’était sans doute nécessaire,

Oui, c’est vrai que ça m’a fait un choc d’apprendre que je poussais par la gorge alors qu’il faut pousser par en bas ("comme quand vous allez à la selle, Madame La Fille" et que vu comme j’ai eu le cul en chou-fleur après, j’aurai juré que c’est ce que j’avais fait,

Oui, c’est vrai que j’ai manqué de discernement quand la sage-femme m’a demandé si je voulais la péridurale maintenant ou si je préférais attendre encore un peu en prenant un bain et que j’ai répondu baignoire parce que quand je l’ai demandé la péridurale, il était trop tard,

Oui, c’est vrai que j’en ai un peu voulu à l’auxiliaire de puériculture qui m’a dit que de toute façon, la péridurale, ça sert à rien pendant l’explusion, on sent quand même le bébé passer (on sent aussi très bien les contractions !!!),

Oui, c’est vrai que moi qui avait toujours rêvé de nourrir mon enfant au sein, j’ai jeté l’éponge au bout de trois jours vaincues par les crevasses (sa race), les engorgements de la montée de lait (sa race bis) et la chute des hormones (sa race ter),

Oui, c’est vrai que je n’ai plus le temps de ma faire à manger le midi et qu’avec l’homme, on dine souvent froid,

Oui, c’est vrai qu’on a jeté des boites de lait à peine entamée parce que la puéricultrice a dit de passer à un lait épaissie (pour cause de coliques, régurgitements, enfer et damnation) puis que la pédiatre a dit de laisser tomber la lait épaissie AR digest (pour cause de coliques, régurgitements, dhiarrhées et sang dans les selles, enfer et damnation) (et bon appétit, bien sûr !),

Oui, c’est vrai que Ernest pleure pendant des heures le soir sans qu’on sache pourquoi, on a parfois envie de la remettre dans le congélateur du CECOS (celle-là, elle est pour toi Audrey),

Oui, c’est vrai que j’ai mis deux mois pour lire les 300 pages que comptent Tortilla Flat de Steinbeck et que du coup j’ai hésité à emprunter Fifty Shades of Grey à la bibliothèque (mais heureusement le peu de dignité qu’il me reste après des années d’AMP et un accouchement à suffit à m’en dissuader) (à la place j’ai pris Martine à la ferme),

Oui, c’est vrai que quand je me suis surprise à dire "bibi" à la place de "biberon", je me suis dit que c’était le début de la déchéance et qu’il fallait réagir sinon bientôt j’irai chez le gygy, je me ferai des pic-pics de pupu dans le bidou pour faire un deuxième bibou avec le dernier bry-bry qu’il nous reste au cougélou et je lolerai avec mon zhom,

Oui, c’est vrai qu’Ernest a repeint le mur de la salle de bain pendant un changement de couche pas assez rapide et que non, ce n’était pas de l’urine,

Oui, c’est vrai que je suis convaincue qu’Ernest est un génie rapport au fait qu’elle dit déjà "aaaaaaah" et même parfois "aaaaaaaaaheuuuuuh" à seulement 8 semaines (elle résoudra des équations à 3 inconnues et lira Kierkegaard dans le texte avant son entrée en maternelle),

Oui, c’est vrai que quand je vais aux toilettes, je laisse la porte ouverte pour garder un oeil sur Ernest qui du coup garde un oeil sur moi,

Oui, c’est vrai qu’avec l’homme, on a des conversations passionnantes sur la fréquence, la consistance et la couleur des selles d’Ernest,

Oui, c’est vrai que je déteste à peu près autant les parents qui me disent " Moi, ma fille, elle a fait ses nuits à un mois" (ta gueule) que ce qui me disent "moi, mon fils il a deux ans et il se réveille toujours la nuit" (une corde, s’il vous plait),

Oui, c’est vrai qu’on a investi 30 € dans une fucking couverture miracle sensée faire dormir les bébés et qu’alors que tout l’internet mondial se prosterne aux pieds de Red Castle, Ernest a continué à ne pas dormir la nuit (et pas beaucoup le jour),

Oui, c’est vrai que je n’arrive toujours pas à faire le nouage kangourou avec l’écharpe de portage et que ça me casse les ovaires,

Oui, c’est vrai qu’alors qu’Ernest s’endormait en 2 minutes chrono jusqu’à il y deux jours dans la-dite écharpe, désormais elle hurle chaque fois que je la mets dedans (ce qui fait que ce billet est écrit avec une seule main, l’autre étant occupée à porter Ernest),

Pour autant, j’oublie tout quand elle me sourit (la stratégie de survie des bébés, c’est la mignonitude, je vous le dis);

Et sinon, lecteur, si tu veux admirer ma plastique de rêve (oublies tout de suite ce que j’ai dit sur mes seins plus haut), si tu adorerais m’entendre raconter ma vie qui te passionnes ou si tu souhaites me donner ton avis sur ma coiffure coiffée-décoiffée (dixit le coiffeur de l’émission) que personnellement je trouve très coiffée (mais jolie), tu peux poser ta matinée pour mater les Maternelles mardi 18 mars à 8h55 (ou sinon, tu la regardes sur Pluzz.fr). Le thème de l’émission portera sur le don de sperme.

Edit du 17/03/2014 : Finalement, il y a eu une modification dans la programmation des Maternelles ; l’émission sur le don de sperme a été diffusée ce matin. Vous pouvez la mater en replay ici  pendant une semaine.

La fille qui avait une fille

Ernest est arrivée le 21 Janvier à 13h14. Avec un peu d’avance. Elle est parfaite – comme sa mère.

Bon, le temps de reconnecter deux de ses neurones entre eux et la fille vient te raconter tout ça (ce fut… épique).

Une pensée à vous toutes (tous).

 

Edit du 14/02/14 : Un grand merci à tous. Vraiment, merci, merci, merci. Je ne vous répond pas individuellement mais le coeur y est. Ernest vous remercie aussi (n’en faites pas trop quand-même, elle va prendre la grosse tête).

Pendant ce temps-là à Vera-Cruz # 4

  • Environs 30 billets commencés et pas finis, on peut dire que l’inspiration de la fille est sacrément en panne. Faut dire que de savoir qu’une partie d’entre toi a fini l’année 2013 dans les choux (et pas les fraises) ne l’incite pas à se répandre sur sa grossesse.
  • Ernest est toujours dans la place et sa vie utérine semble bien lui profiter puisqu’à priori elle est bien partie pour être grand gigue ascendant jambonneau.
  • La fille est en mode panique : 1) elle est en train de réaliser que la Ernest,il va falloir la sortir et elle n’est pas certaine d’avoir envie d’être là quand ça arrivera, 2) matériellement, ils ne sont pas du tout prêts, 3) psychologiquement, ils le sont encore moins (après plus de 7  ans de galères reproductives, 9 mois de gestation, c’est trop court), 4) elle se sent toute petite par rapport à la tâche immense qu’est celle d’élever un enfant.
  • Le jour de ses 36 ans, la fille a trouvé un courrier du CECOS dans sa boite au lettres (qui est aussi celle de l’homme et ça tombe bien puisque le courrier leur était adressé à tous les deux) demandant ce qu’ils veulent faire de leur embryon congelé aka le blastocyte. Et, bien qu’ils ne puissent envisager pour lui d’autre destin que de transiter par le dedans de  la fille et de (peut-être)  devenir le petit frère ou la petite soeur d’Ernest (et son jumeau en différé puisqu’ils ont été conçus le même jour d’Octobre 2012), elle a réalisé qu’elle ne voulait plus jamais revoir un test négatif de sa vie. Ni connaitre les 15 jours qui le précède, ceux où  tu  as beau essayer de t’y préparer, tu sais que tu vas te prendre une mandale monumentale quand (si) il sera là. Ni rien qui ressemble de prés ou de loin à de la PMA.
  • Pourtant, son inconscient, lui, il ne cesse de lui en parler de la PMA. C’est fou ce qu’elle en rêve. Et tous les matins, quand elle ouvre les yeux, son premier geste est de vérifier que son gros ventre est toujours là. Parce que même enceinte de 33 semaines (7 mois et demi), elle n’est toujours pas certaine de vivre tout ça pour de vrai.
  • En cours de préparation à l’accouchement a été abordé la question de la contraception. Autant te dire qu’elle a pas beaucoup écouté.
  • La fille a été blasée par le dernier épisode de Castle (oui, elle regarde Caslte). Un des flics et sa femme essaient d’avoir un enfant et comme ça marche pas bien, ils passent des examens. Et bien sûr, à la fin de l’épisode, alors que Monsieur s’inquiète des résultats de son spermogramme, Madame lui annonce que non seulement ils sont normaux (connard !) mais qu’en plus, on s’en fout parce qu’elle est déjà enceinte (morue !). Happy end et gnagnagna… L’homme et la fille sont indignés. Quand va t-on enfin traiter l’infertilité de façon réaliste dans une série?
  • La fille n’a toujours pas l’esprit de Naouèl. C’est un fait avéré, cette joie forcée à date fixe, ça la soûle. de toute façon, cette année, son cadeau vit en elle depuis le  Mai dernier et elle ne le  doit ni au Père-Noël, ni à Dame Nature mais à une équipe d’hommes et de femmes en blouses blanches et à un Monsieur X.
  • Quand la fille a dit à l’homme qu’elle avait grossi des mollets, il s’est foutu de sa gueule. Quand elle lui a fait remarqué que son nombril était légèrement décalé sur la droite, il s’est foutu de sa gueule. Et pourtant, c’est vrai.
  • La fille te souhaite une bonne année.

Pendant ce temps à Véra Cruz # 3

  • 5 mois de cohabitation avec Ernest, soit 22 semaines de grossesse (ou 24 SA si tu es amenorrhéeophile) et tout se passe bien. La fille découvre avec bonheur les maux de grossesse mais peu lui chaut puisque ce sont des maux normaux. Son col, bien que court (normal après une conisation), remplie vaillamment ses fonctions de col. Bravo à lui.
  • Sinon, la fille a l’énergie d’un bulot avarié mais c’est sans doute du à sa petite tension. Ou à ses insomnies. Ou c’est de naissance. Ou c’est les hormones. Elle ne sait pas, elle ne sait plus, elle est perdue.
  • En matière de matériel de puériculture, l’homme et la fille sont au taquet. Ils n’ont RIEN acheté. Mais ils en parlent. Là, ils en sont au stade où ils sont d’accord sur le fait qu’il faudrait un lit et des fringues pour Ernest. Voilà. Le mois prochain, ils débattront de l’utilité de la table à langer et de la poussette.
  • L’homme veut un chat. La fille veut une paire des bottines. La plante verte veut de l’eau. Un seul sera satisfait mais lequel?
  • L’imprimante a rendu l’âme. Comme ça, sans préavis alors qu’on la croyait en pleine forme. C’est triste. Pendant ce temps, le pc n’en fini pas d’agoniser, lui. La fille hésite à abréger ses souffrances.
  • Ca sent l’automne à Labrousse (comprendre, ça sent l’humus, les champignons, la terre humide) et la fille aime bien.
  • L’homme et la fille ont été à une brocante où ils ont croisé Eric Woerth. Eh ouais ! Il y a grave du beau monde à Labrousse ! Enfin, la fille aurait préféré Jonny Deep mais on fait avec ce qu’on a.
  • Du coup, elle a eu besoin d’une crêpe au Nutella pour se remettre de ses émotions (qui n’était même pas bonne, vie de merde).
  • L’homme et la fille ont regardé le dernier épisode de la dernière saison de Dexter et comment te dire? Il était vraiment temps que cette série se termine.
  • La fille a revendu pour 75 euros de livres. Elle est joie, elle est bonheur, elle est félicité. Du coup, avec tout cet argent elle va pouvoir s’acheter des livres.
  • En ce moment, elle réfléchi à l’avenir de ce blog. Elle t’en causera en temps voulu.
  • La fille sent que sa vue a encore baissé. A presque 36 ans. Bientôt, l’ophtalmo va remplacer le gynéco dans son coeur. Heureusement, elle a de bonnes dents.
  • Elle s’est acheté une coloration végétale pour couvrir ses cheveux blancs sans intoxiquer Ernest. Elle était super pressée d’essayer jusqu’à ce qu’elle lise sur la notice qu’il faut mélanger la poudre  avec de l’eau à 50°C. Ouais, et elle fait comment pour savoir quand l’eau est à 50°, la fille? Elle trempe le doigt dedans? Sans dec, va falloir qu’elle s’achète un thermomètre pour une simple coloration, ça la gonfle. Du coup, elle garde ses cheveux blancs (et non, elle n’intoxiquera pas Ernest).
  • Quand la fille sera grande, elle sera organisée et elle arrêtera de procrastiner. Mais bon là, elle est encore petite (1m 62).
  • L’homme est devenu un geek de la clope électronique. S’il existait une I-clope Apple à 500 € (prix low cost), il en aurait une. Etrangement, les nouvelles technologies version lave-linge ou aspirateur le laissent totalement indifférent. Comprend pas.
  • Il est 21h30, la fille sent qu’il est l’heure d’aller s’échouer dans son lit (elle te l’a dit qu’elle avait l’énergie d’un bulot avarié?).
  • La fille te fait des poutous.

Le bonheur des uns et le malheur des autres

Le bonheur, c’est celui  de l’homme et la fille. La fille a vu sa sage-femme la  semaine dernière qui a réussi à obtenir les résultats du tri-test d’Ernest pour elle. Tout va bien. Les risques de trisomies 21 sont faibles (1/1400). Et puis, ce matin, l’échographie morphologique a confirmé sa bonne santé. Il a tout ce qu’il fait là où  il faut (de ce qu’on peut voir sur une échographie). Et cerise sur le gâteau, Ernest a un sexe. C’est une fille ! L’homme et la fille sont ravis – tout comme ils l’auraient été si Ernest avait été un garçon.

Mais  pendant qu’ils sont tout à leur joie de futurs parents, d’autres vivent de terribles épreuves. Ou comment la vie te rappelle que si elle peut être incroyablement généreuse, elle peut aussi être la pire des salopes. Alors la fille n’a pas envie d’épiloguer pendant des heures, il n’y a pas de leçons a tirer de tout ça. A part que c’est injuste. Et qu’on se sent bien impuissants quand ça arrive à des gens qu’on aime parce qu’on voudrait en prendre un peu de leur douleur pour les soulager mais qu’on ne peut pas.

 

 

 

La fille qui se demandait si elle allait avoir les résultats de son tri-test un jour

Lecteur, la fille t’avais pondu un super billet pour t’expliquer pourquoi 1 mois et 3 semaines après avoir fait sa prise de sang, la fille n’avait toujours aucune idée du risque théorique qu’Ernest soit atteint de trisomie 21. Sauf que WordPress lui a bouffé son billet trop drôle et trop tout bien expliqué.

Comme la fille est une feignasse, elle va juste se contenter de te faire un résumé. En gros, la fille a réussi à dégoter la gynéco la plus malade de France. j’ai nommé le Dr S. En 3 mois de suivi de grossesse, cette dernière a quand même annulé 5 rendez-vous dont 4 à la suite. Et comme il est dit quelque part que les résultats du tri-test ne peuvent être donné que par le  médecin (ou la sage-femme) qui les a prescrit, ben l’homme et la fille n’ont pas d’autres choix que d’attendre le bon vouloir du Dr S.

Et le téléphone, c’est pour les chiens? te demandes-tu à juste titre lecteur. c’est exactement la question que la fille se pose. Parce que non contente d’être malade à chaque fois qu’elle a rendez-vous avec la fille, le Dr S est aussi injoignable directement à son cabinet. Il faut passer par une plate-forme qui sert de secrétariat. Et si la fille a expressément demandé à la secrétaire du Dr S à être rappelé, celle-ci reste muette.

Alors bon, la fille n’est pas vraiment inquiète quant à ces résultats. A l’écho des 12 SG, la clarté nucale était fine ce qui est un bon indicateur. Elle n’est pas non plus inquiète par rapport à la vitalité d’Ernest puisqu’elle le sent bouger.Mais quand même… Ça commence à lui courir sur le haricot. Bon, le Dr S a sans doute de sérieux problèmes de santé mais ça doit être sacrément grave pour qu’elle ne soit même  pas en mesure de passer un coup de fil à ses patientes pour leur filer des résultats d’examen.

Et avec tout, ça fait aussi 3 mois que la fille  attend qu’on lui fasse son frottis bi-annuel  rapport au fait qu’elle a eu dans un passé proche des cellules cancéreuses dans son dedans de elle. A chaque fois, le Dr S repoussait à la prochaine consultation. Elle attend toujours.  Là encore, elle est pas tellement inquiète parce qu’elle sait que les risques  de récidives ne sont pas énormissimes (10%) et que ce serait vraiment pas de bol que la rechute ait lieu pile au moment où on ne peut pas intervenir sans compromettre  la grossesse. N’empêche qu’elle aimerait bien être certaine que tout va bien de ce côté là.

Bon, elle sait, elle en demande beaucoup.

heureusement, elle a rendez-vous après-demain avec sa sage-femme (qui n’a pas les résultats du frottis) et elle va pouvoir lui demande si c’est normale d’avoir autant de perte à 19 semaines de grossesse (elle t’épargne les détails mais ça lui rappelle l’utro… en pire niveau humidité). Et le 2 octobre, direction la maternité pour l’écho morpho (ils vont peut-être savoir si Ernest est une fille ou un garçon) (et accessoirement s’il ou elle n’a pas de malformations).

Et pour finir, la fille t’informe que le 3 octobre (de cette année, te plantes pas)  a lieu le lancement du Guide de survie à l’usage des couples infertile. Ça se passe Chez Margot, au 25 bis boulevard Henri IV, dans le 4ème arrondissement de Paris à partir de 18 heure. C’est pas loin de Bastille et tu y es le ou la bienvenue. Ça te donnera l’occasion de voir les deux Audrey en vrai, de te faire dédicacer ton exemplaire du livre si tu en as envie, d’en acheter un sur place si t’en as pas et même, si t’es sage, de boire un verre de pinard gratos (le mot de passe : "han mais les filles, vos cheveux sont magnifiques !").

La fille qui allait passer à la télé

Andy Warhol l’avait dit : "A l’avenir tout le monde sera célèbre pendant un quart d’heure." Pour la fille et son amie Audrey Malfione, ce sera Vendredi grâce au Magazine de la Santé sur France 5 (l’émission commence à 13h40). Elles y seront les invitées du jour (c’est pas la classe internationale ça?) et y parleront comme tu t’en doutes d’hémorroïdes. Un sujet qui nous concerne tous mais qui reste pourtant trop tabou.

Si tu bosses et que ton patron ne veut pas te filer ton après-midi pour que tu puisses mater leurs trombines, démissionne parce que c’est un scandale. Sinon, si tu tiens vraiment à ton post (mais on se demande bien pourquoi) tu pourras regarder l’émission en replay grâce au site de France 5 ou de ta box TV.

La fille te promets de ne pas trop te soûler avec promo du Guide de survie à l’usage des couples infertiles (n° 3 des meilleures ventes, rubrique sexo, sur Amazon ; elles ne sont pas peu fières) mais bon, là tu admettras que c’est une info capitale. La prochaine fois, elle te fera un vrai billet où  elle te racontera pourquoi elle attend les résultats du tri-test d’Ernest depuis un mois. Heureusement, elle sait qu’Ernest va bien grâce aux petits coups qu’il (ou elle) donne dans son dedans de elle.

Pour finir, la fille et Audrey M voudrait te remercier, toi, toi, et puis toi aussi, pour avoir parlé du livre sur ton blog ou à ta boulangère et/ou pour l’accueil chaleureux que tu lui a fait. Elles sont vraiment très touchées.

 

EDIT : Le replay de l’émission est ICI. Nos apparaissons vers 11,45 min. Bon visionnage.

OYE OYE BRAVES GENS !

Lecteur, tu ne le sais pas encore mais mercredi 4 septembre 2013 aura lieu un événement de la plus haute importance. Mercredi, moi la fille (Audrey Lelbanc de mon vrai nom) et mon amie Penny (qui commente ici et ailleurs et qui s’appelle Audrey Malfione de son vrai nom), nous aurons l’honneur de te présenter le fruit de notre dur labeur. Ouais, parce qu’entre deux protocoles (IAC, IAD, FIV ICSI, FIV D, TEC… ne rayez aucune mention), entre deux noyades de chagrin dans l’alcool, entre deux séances de médisance sur Machine (cette pétasse qui tombe enceinte en C2) nous eu avons l’idée lumineuse (on était bourrée) de pondre un bouquin sur l’AMP.  Et le plus fou, c’est qu’un éditeur a bien voulu le publier (et pour ce qu’on en sait, il n’était pas bourré, lui).

Voilà, la bête.

Guide de survie à l'usage des couples infertiles, Audrey Leblanc et Audrey Malfione

Guide de survie à l’usage des couples infertiles, Audrey Leblanc et Audrey Malfione

Il est beau, hein? Pour te donner une idée du contenu, voici la 4ème de couverture :

10 à 15%  des couples souhaitant avoir un enfant consultent pour des problèmes d’infertilité.

Et pourtant, qu’est-ce qu’on se sent seul quand on apprend qu’on va devoir recours à la Procréation médicalement assistée (PMA) pour le faire notre môme. Entre les examens intrusifs, le diagnostic qui tombe comme un couperet, la découverte d’un monde ultra-médicalisé où l’humain est parfois oublié, l’incompréhension de l’entourage (qui lui, pond à tour de bras), les traitements qu’il faut mener de front avec sa vie professionnelle, la PMA ressemble à une jungle et nous à des naufragés.

Ce guide illustré se propose donc de défricher pour vous le parcours d’un couple infertile dans ce monde un peu flippant qu’est la PMA. Audrey Malfione (les dessins, c’est elle) et Audrey Leblanc (le texte, c’est elle) abordent avec humour et sans tabous les aspects médicaux, sociaux et psychologiques de l’infertilité. Car, oui, on peut rire même en PMA.

Alors là je sens lecteur que tu te poses tout plein de questions. Je vais donc tacher d’y répondre (non, ne me remercie pas).

Mais où peut-on se procurer cette merveille? 

Dans toutes les bonnes librairies, les grandes surfaces culturelles (Fnac, Cutura…) et bien sûr sur internet (Amazon, Fnac, Decitre et consort).

Combien de sous vais-je devoir débourser pour en faire l’acquisition? 

Mais même pas cher. 12,95 €, c’est limite donné pour un livre illustré (et il n’y a pas que 2 ou 3 dessins pour faire joli).

Ça se lit vite? Parce que moi, la lecture, bof… Et puis, il y a Castle qui reprend bientôt sur la 2…

Oui, ça se lit vite et si tu veux, tu même te contenter de regarder les illustrations, il y en a plein. Et plus, grâce à son petit format (poche), tu peux l’emporter partout y compris dans tes toilettes. Parfait pour occuper ces longs moments en solitaire.

Je ne suis pas infertile, puis-je l’acheter quand même? 

Bien sûr. Tu y es même fortement invité. Tu as forcément quelqu’un de ton entourage qui est concerné par l’infertilité et nous espérons qu’avec ce livre, tu comprendras un peu mieux ce qu’il ou elle vit.

Et si je m’en tape des infertiles? (Je suis la pétasse qui se reproduit en C2) 

Nous, tout ce qui nous intéresse, c’est de toucher le fric à la fin, tu peux toujours l’offrir.

Même à ma belle-mère? 

Heu… oui. Pourquoi tu ne pourrais pas?

Je peux pas l’encadrer, c’est bientôt son anniversaire et je veux lui faire un cadeau bien pourri.

Ha. Alors non, va donc plutôt lui dégoter un vase bien moche dans une brocante. Ou un canevas qui représente des biches.

Je n’ai pas aimé. Puis-je me servir du livre pour caler la table de la cuisine qui est branlante? 

Notre conscience écologique nous pousse à te répondre par l’affirmative (mais ça nous déchire le coeur).  Nous te  suggérons aussi de l’envoyer à la tronche de ta moitié lors de votre prochaine engueulade. Le Guide de survie à l’usage des couples infertiles a la taille idéale pour bien marquer ta profonde exaspération tout en préservant son intégrité faciale. Ainsi la réconciliation n’en sera que meilleure (testé et approuvé par nous-même).

J’ai adoré. Puis-je en parler sur mon blog, sur Facebook, sur Tweeter et à ma  boulangère? 

Bien sûr. Tu peux aussi le caser dans ta bibliothèque, bien en vu entre ton édition originale de l’Education sentimentale de Flaubert et les oeuvres complètes de Nabokov dans La Pléiade.

Je suis pauvre. Puis-je le voler? 

Non, le vol est  sévèrement puni par la loi. Et puis, c’est mal. D’ailleurs, nous aussi, nous sommes pauvres. Pas plus tard qu’hier, nous avons fait les poubelles de Labrousse pour y récupérer des épluchures de légumes moisis. On en a fait la soupe de la semaine (on y ajoute du gravier pour un peu plus de consistance). On a besoin de manger. Acheter le Guide de survie à l’usage de couples infertiles, c’est un peu comme participer à un Audreython. Tu fais une bonne action qui te mènera tout droit au Paradis.

Bon, mais avoue, vous avez couché pour vous faire éditer? Non, parce qu’on le sait, les manuscrits envoyés par La Poste ne sont même pas lus. Faut coucher ou être le fils de, hein, hein, hein? 

Dans la mesure ou nos Papas et nos Mamans sont susceptibles de lire cet article (nos mecs aussi mais eux, ils ne se font plus beaucoup d’illusions sur nous), nous ne souhaitons pas répondre à cette question (sachez qu’effectivement, nous n’avons pas utilisé l’envoi postale). Merci de respecter notre vie privée.

Je suis un liker compulsif, vous avez un compte Facebook?

Mais grave. C’est . Tu peux liker dès aujourd’hui autant que tu veux. En plus tu peux découvrir en avant-première des illustrations et des extraits du livre jusqu’à sa sortie officielle. Le 4 septembre, on t’a dit?

Et vous allez passer chez Ruquier ou chez Ardisson? 

Nous avons envoyé des photos de nous nues à Ardisson et des photos de nos mecs nus à Ruquier, nous attendons les réponses.

Ah ouais, d’accord. Vous allez vous la péter. 

Un peu, mon neveux qu’on va se la péter. Bientôt on boira du Dom Pérignon, on tapera de la coke a et on fera des partouzes avec tout le gratin germanopratin, autant te dire qu’on ne jouera plus dans la même cours que toi, manant. En attendant, on s’est trouvé un petit job sympa et plutôt pas mal payé (le smic), nettoyer les toilettes de la salle municipale de Labrousse mais c’est juste pour passer le temps avant de devenir riches et célèbres.

Si tu as d’autres questions, tu n’hésites pas à les poser en commentaire sur ce blog ou sur la page Facebook du Guide de survie à l’usage des couples infertiles. Pour  les insultes, merci de les adresser directement à notre maison d’édition, JACOB-DUVERNET (Luc, ne nous remerciez pas, c’est de bonne grâce).

Et pour te faire une idée du travail d’illustratrice d’Audrey Malfione, c’est là : www.odrey.fr

P.S. Il est à noter que sur les sites de ventes en lignes du type Amazon, Fnac et consort, le livre est annoncé à 15, 90 € mais c’est une erreur ( en plus, ils ont zappé de mettre mon nom où ils m’ont rebaptiser Alexandra, cette bande de nases) mais le livre sera bien vendu à 12,95 €.

Edit du 31/08 : Le GSUCI est dors-et-déjà disponible sur internet, au bon prix (12,95€ ou 12,30€ avec les 5% de réduction) mais en rupture de stock chez Amazon (ouais, on va être riches !). Sa sortie en librairie reste prévue pour le 4 Septembre. Un grand merci de notre part à Audrey Malfione et moi pour votre accueil ici ou sur Facebook. Et souvenez-vous, si vous aimez le livre, tout le mérite nous en revient, dans le cas contraire tout est de la faute de notre éditeur.

La fille qui avait vu tourner la roue

On ne va pas s’emballer, cette salope de roue peut encore se bloquer, voire repartir en sens inverse. Mais pour l’instant, elle tourne, ELLE TOURNE, BORDEL !

Après des années à essayer de trouve du sens à ce qui n’en a pas, que ce soit en matière d’infertilité ou autre, voilà que pour une fois, quelque chose se passe normalement dans la vie de l’homme et la fille. Voilà, la fille est enceinte et tout va bien. Elle en pleurerait tellement elle avait renoncé à  pourvoir écrire ça un jour.

Aujourd’hui, elle en est à 14 semaines de grossesse. Il y a deux semaines, à l’écho des 12 SA qui a eu lieu à 14 SA, ils ont pu voir un beau fœtus, Ernest,  de 7,7 cm tête-cul avec tout ce qu’il faut là où il faut. Ernest bouge bien mais pas trop non plus, faudrait voir à pas trop se fatiguer (c’est bien, c’est une feignasse comme ses parents), il leur a fait coucou de sa minuscule main et il a même ouvert grand la bouche pour avaler une grande goulée de liquide amniotique (c’est bien, c’est un morfale comme ses parents). Ernest est peut-être bien une fille (encore un peu tôt pour le dire) mais si c’est le cas, on l’appellera quand même Ernest parce que c’est un hommage à Hemingway rapport au fait qu’il était alcoolique et dépressif et qu’il a fini par  se suicider (accessoirement il a écrit des livres). Un message d’espoir en  somme. Quoiqu’il en soit, Ernest a une clarté nucale fine ce qui  ne garantie pas à 100% qu’il n’est pas porteur de la trisomie 21 mais est plutôt très bon signe. On attend sagement les résultats du tri-test pour la fin du mois (on aurait pu les avoir avant mais la gynéco est en vacances) (t’as remarque toi aussi comme  sa gynéco a une conscience professionnelle douteuse? Genre elle tombe malade et elle prend des vacances ! Genre comme tout le monde !) . La fille elle aussi, est en pleine forme. Elle a de bonnes réserves de fer (c’est bien), elle n’est toujours pas immunisée contre la toxo (c’est très bien) et elle n’a pas pris 230 kilos (c’est très, très bien).

Un truc quand même la chagrine (il en fallait bien un) : ses cheveux (oui, tu le sais, le fille vit un vrai drame capillaire). On avait vendu à la fille que pendant la grossesse, elle allait pouvoir faire la grève du shampoing tellement ils seraient beaux et brillants (mais pas gras) et doux mais surtout qu’ils allaient arrêté de tomber (pour mieux se venger après accouchement). On lui a menti. Bon, certes, c’est vrai, elle se lave sa tignasse moins souvent, elle est passée d’un shampouinage un jour sur deux à un jour sur trois (youhou !). Pour la brillance, elle ne voit pas de différence. Par contre, niveau chute de cheveux, c’est pire. Elle les perd par poignées. Une catastrophe. Si ça continue à ce rythme, elle devra vendre Ernest sur E-bay à sa naissance pour pouvoir s’offrir une perruque (c’est l’instinct maternel qui parle là, c’est beau quand même).  Et là, la fille se demande, c’est quoi cette arnaque (pas l’instinct maternel, la chute de cheveux)? C’est quoi ce foutage de gueule? Remboursez ! 7 ans et demi, d’illusions capillaires qui s’effondre, c’est dur. Parce que oui, la fille a voulu se faire engrosser juste pour avoir de beaux cheveux comme les pouffes des magazines (bah, si elle avait su, elle se serait pas fait chiée à aller en PMA).

Sans transition, l’homme et la fille ont commencé les annonces (t’as, vu? la fille cause comme à  la télé). Bizarrement, ce qui semble passionner les gens, c’est les nausées et les vomissements. Quand la fille répond qu’elle n’a pas vomi une seule  fois et que oui, bon, les nausées, elle en a eu mais pas très longtemps et jamais très fortes, certains ont l’air déçu. "Mais t’as bien eu des dégoûts? ou des envies?". Nan, rien de tout ça. A moins que l’heure qu’elle a passé sur internet à essayer de savoir si il existe de la bière sans alcool vraiment sans alcool ait à voir avec les envies de femmes  enceintes. D’ailleurs, lecteur, sache que non, la bière sans alcool vraiment sans alcool, ça n’existe pas. La législation française autorise à appeler bière sans alcool des bières contenant moins de 2 degrés d’alcool sans que le fabriquant soit tenu d’en préciser la teneur exacte. Oui, la fille aussi trouve ça moche. Au final, elle a halluciné sur le nombre de femmes enceintes qui pensent qu’un petit verre de pinard ou de cidre de temps en temps, ça peut pas faire de mal à leur bébé (alors la bière sans alcool avec de l’alcool, tu penses). Et la fille de se demander si elles mettraient du rhum  dans le biberon de leur mioche  de 3 kilos et plus (bah, de temps en temps, ça peut pas faire de mal)? Et si non, alors pourquoi elles trouvent normal d’alcooliser un fœtus de quelques centaines de grammes au moment où il est en train de fabriquer tout ses organes dont son cerveau? Remarque, en lisant certains forums, tu te ran conte kon peu vivr tré bien sen cervo. LOL. PTDR. Hihhihi.

Pour en revenir aux annonces (oui, parce que l’air de rien, il y a de la suite dans les idées de ce billet), outre les questions sur les nausées, c’est quand même étrange comme moment. D’un côté, les gens ont l’air vraiment contents pour l’homme et la fille (une fois passée  la déception que celle-ci ne vomisse pas) et ça touche beaucoup la fille. De l’autre, tout ça a l’air tellement normal, banal pour eux. Tellement normal que certains qui avaient dépensé énormément d’énergie à ne surtout pas aborder la question de l’AMP (la quoi?) ou de la fausse-couche (hein?) avec eux, n’hésitent à leur donner des  conseils sur les trucs à ne surtout pas faire sous peine de voir leur gosse devenir délinquant voire serial killer voire Zaz (en guise d’exemple, dormir dans la même chambre que leur gosse, ne pas dormir dans le même chambre que leur gosse, lui donner le sein, ne pas lui donner le sein, lui filer la tétine, ne pas lui filer la tétine, utiliser une écharpe de portage, ne pas utiliser une écharpe de portage, le laisser pleurer, ne pas le laisser pleurer , lui faire écouter du Zaz (là, les avis sont unanimes), commencer la diversification alimentaire par les fruits, la commencer par les légumes, le louer à des pédophiles). La fille doit être un peu rancunières, parce que ceux-là, elle se serait bien contentée de leur envoyer une carte postale pour leur annoncer la mention très bien d’Ernest au bac (peut-être même qu’elle aurait attendu son prix Nobel de Médecine). Mais l’homme, lui, n’est pas rancunier.

Donc voilà, elle se retrouve propulsée dans un monde dont elle s’est sentie exclue pendant longtemps, celui des gens qui font des gosses. Elle a du mal à s’y faire. Pas qu’elle soit pas heureuse (vu comment ils se sont fait chier avec l’homme, se serait quand même un comble), mais on ne tire pas un trait comme  ça sur des années à regarder le ventre  des autres pousser en noyant son chagrin dans la bière (avec alcool).  Elle a encore le réflexe d’envier les femmes enceintes qu’elle croise dans la rue. Elle a encore ce pincement au cœur quand elle apprend une grossesse dans son entourage (même si c’est vrai qu’il est beaucoup moins fort qu’avant). Elle a plus souvent l’impression de jouer à la femme  enceinte que de l’être vraiment. Quelque part, les gens vont plus vite qu’elle. Ils veulent savoir si avec l’homme, ils veulent connaitre le sexe, s’ils ont choisi le prénom du bébé, s’ils ont commencé les achats, tout ça, tout ça (les réponses sont oui, non, non et tout ça, tout ça) … La fille en est encore a se pincer pour être certaine qu’elle rêve pas et à considérer comme une victoire le fait de s’être autorisée à enfin s’acheter des soutien-gorges à sa taille (il était temps, elle est passée d’un bonnet B à un bonnet D) et encore en se signant pour pas que ça lui porte la poisse (pur l’instant non et ses seins lui disent merci).

Avant de clore cet excellentissime billet (merci, les cheville  vont bien), la fille voudrait quand même te dire, lectrice qui attend ton tour sans savoir s’il arrivera, qu’elle pense à toi et que tout ce qu’elle te souhaite, c’est que ta roue tourne aussi. Encore plus vite et plus facilement que celle de la fille, si possible. Elle pense que tu te diras peut-être que ça te fait une belle jambe (c’est ce qu’elle se disait quand elle était à ta place) mais peut-être que c’est important de te l’écrire quand même (parce qu’elle se souvient que ça lui a fait plaisir de le lire chez les autres). Et puis surtout, parce que c’est sincère. Elle n’oublie que pas que ce qui la différencie de toi, c’est juste de la chance. Elle espère que tu auras la même qu’elle.

Des news de la fille mais vite fait

Samedi dernier aurait du avoir lieu l’écho des 11 semaines de grossesse (13 SA) qui normalement a lieu à 10 semaines de grossesse (12 SA). Bon mais pas de bol, sa gynéco étant malade, le rendez-vous est reporté à samedi prochain.

Physiquement, RAS. Pas de nausées (elles ont cessé pile au moment où elles étaient censées être à leur max), pas de ventre tendu (elle a dégonflé en arrêtant l’utro la semaine dernière), pas de prise de poids (là, tu me diras tant mieux), des seins toujours gonflés avec des veines très apparentes (heureusement qu’ils sont là, elles les aime).

Psychologiquement, c’est compliqué. La fille fait pas mal de cauchemars en rapport avec sa grossesse et surtout la fin prématurée de sa grossesse. Par rapport au don de sperme, ses sentiments sont assez ambivalents : une immense gratitude envers le donneur (et tous les donneurs d’une façon générale ) et, parfois beaucoup de tristesse en pensant que ce bébé-là (ni aucun autre d’ailleurs) ne ressemblera à son père (ça mériterait sans doute un billet). Globalement, la fille n’arrive toujours pas à s’autoriser à se réjouir complètement. Elle se trimbale toujours avec des serviettes hygiéniques dans son sac au cas où la fausse-couche commencerait quand elle est à l’extérieur et à chaque fois que son utérus tiraille ou se contracte, elle se dit que "ça y est, c’est pour maintenant". Pour te dire à quel point, elle est gravement atteinte, quand la fille va à la selle et qu’elle doit pousser un peu (bon appétit), après, elle vérifie toujours qu’elle n’a pas perdu son embryon (qui normalement est devenu un foetus) dans la foulée (oui, c’est débile, elle le sait, ça en l’empêche pas de le faire quand même).

Bon, à part ça, la fille va très bien (si, si). Elle mesure sa chance et elle espère que ça va continuer comme ça. L’homme, lui, est à fond. Il a  baptisé  leur futur progéniture (non, elle ne te dira rien) et lui parle tous les soirs.  Pour l’instant, ils n’ont fait aucune annonce, ils attendent l’écho des 12 SA (qui aura donc lieu à  14 SA) pour commencer à le dire. La fille attendrait bien l’accouchement mais il parait que ça pourrait être mal pris et puis soyons réaliste, à un moment ça devrait finir par se voir. Donc a moins qu’elle vive recluse pendant les 6 mois à venir, ça va être compliqué de garder le secret. et puis, bon, la fille se dit que le fait que l’entourage proche et moins proche le sache, ça va peut-être l’aider à réaliser un peu mieux.

Voilà, en gros les dernières nouvelles. Bon, la fille te laisse, elle retourne faire de l’apnée.